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Coalition anti-EI : une ONG dénonce la mort de centaines de civils en Irak et Syrie

Un bâtiment détruit par une frappe présumée de la coalition anti-EI en Syrie, le 23 septembre 2014.
Un bâtiment détruit par une frappe présumée de la coalition anti-EI en Syrie, le 23 septembre 2014. Sami Ali, AFP

Une ONG basée à Londres affirme dans un rapport, publié lundi, que "des centaines de civils sont déjà morts" dans les raids de la coalition anti-EI. Cette version remet en cause le bilan officiel, qui ne dénombre que deux pertes civiles.

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L’ONG Airwars affirme dans un rapport publié lundi 3 août, que plusieurs centaines de civils ont été tués par des frappes de la coalition internationale contre l’organisation de l’État islamique (EI). Ces victimes, entre 489 et 591, ont été tuées au cours de 57 "incidents" en Syrie et en Irak relevés par ce collectif de journalistes et de chercheurs.

Ce rapport vient lourdement contredire le bilan humain officiel présenté par la coalition menée par Washington. Les forces alliées avaient décrit leur campagne de raids aériens comme "la plus précise et la plus rigoureuse de l’histoire de la guerre aérienne". Celle-ci ne reconnaît officiellement que deux morts civils, alors que les frappes ont commencé en août 2014 en Irak et en septembre 2014 en Syrie.

En un an, les États-Unis, le Canada, l’Australie, la France, l’Arabie saoudite, la Jordanie et les pays du Golfe notamment, ont mené près de 5 800 frappes aériennes contre les jihadistes de l’EI, et largué près de 17 000 bombes et missiles pour un bilan officiel compris entre 10 000 et 15 000 jihadistes tués.

Plus de 1 000 pertes civiles présumées

Le rapport d’Airwars se base sur des informations recueillies par des chercheurs spécialisés, ou obtenues par recoupage et vérifications de données remontées depuis le terrain, en Syrie et en Irak, par des ONG et des agences de presse locales. Au total, l’ONG s’est penchée sur plus de 1 000 pertes civiles présumées, sachant que plusieurs cas n’ont pu être vérifiés faute d’éléments crédibles ou de sources fiables, tandis que d’autres sont le fait de l’aviation syrienne ou irakienne.

Joint au téléphone par France 24, Chris Woods, directeur d’Airwars et ancien journaliste d’investigation à la BBC, précise que l’une des deux "frappes amies" les plus meurtrières a eu lieu en avril 2015, à Ber Mahli en Syrie, où 60 civils ont été tués. L’autre, menée le 3 juin, a coûté la vie à 70 non-belligérants. "Le nombre de pertes civiles étant intrinsèquement lié à l’intensité des bombardements, le mois de juillet qui vient de s’écouler a été particulièrement meurtrier", précise-t-il.

Selon Chris Woods, la coalition et le commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centecom), aves lesquels son ONG est en contact, sont dépassés par les évènements, "bien que la question des pertes civiles soit prise très au sérieux". Et d’argumenter : "Ils semblent très peu au courant des chiffres exacts de pertes civiles publiés par des médias ou ONG locaux, les rapports étant à 95 % rédigés en arabe. En réalité, ils ne sont au courant que d’un tiers des incidents rapportés, ce qui est très inquiétant à nos yeux".

Airwars, basée à Londres, exige davantage de transparence de la part de la coalition, qu’elle appelle à enquêter sur les frappes effectuées et les nombreux incidents relevés jusqu’ici.

 

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