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L'ex-otage française au Yémen, Isabelle Prime, attendue dans la soirée à Paris

Des manifestantes réclamant la libération d'Isabelle Prime (à dr. sur la pancarte) et son interprète yéménite Chérine Makkaoui, en mars 2015.
Des manifestantes réclamant la libération d'Isabelle Prime (à dr. sur la pancarte) et son interprète yéménite Chérine Makkaoui, en mars 2015. Mohammed Huwais, AFP

Retenue au Yémen depuis février, la dernière otage française dans le monde, Isabelle Prime, a été libérée dans la nuit de jeudi à vendredi. L'ancienne captive devrait arriver en France dans la soirée, et être accueillie par François Hollande.

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L'ex-otage française Isabelle Prime, qui était retenue au Yémen depuis le 24 février 2015, a été libérée dans la nuit du jeudi 6 au vendredi 7 août. La jeune femme de 30 ans, originaire d'Angers, était la dernière otage française dans le monde. Elle est arrivée à Oman, pays voisin du Yémen, et rejoindra l'Hexagone en fin de journée.

"Notre compatriote Isabelle Prime a été libérée cette nuit. La France a déployé tous ses efforts pour parvenir à ce dénouement heureux", a déclaré l'Élysée dans un communiqué qui ne donne aucune information sur l'identité des ravisseurs.

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a précisé qu'elle arrivera vendredi soir à Paris. "Je l'ai jointe au téléphone ce matin. Elle va aussi bien que possible et nous serons ravis de l'accueillir avec le président de la République et sa famille ce soir à Villacoublay", sur la base militaire dans l'ouest parisien.

Le sultanat d'Oman comme intermédiaire

Le président français François Hollande "partage la joie de la famille d'Isabelle qui a su faire preuve de beaucoup de courage et d'une grande responsabilité au cours de cette longue attente", a précisé l'Élysée dans son communiqué. Le chef de l’État exprime ensuite "toute sa gratitude à tous ceux qui ont œuvré à cette solution, et notamment au sultan Qaboos Ibn Saïd, sultan d'Oman".

"Oman s'est imposé comme un médiateur incontournable au Moyen-Orient"

Ce n’est pas la première fois que la France remercie le sultanat pour ce genre d’affaires. "En 2011, trois humanitaires qui avaient enlevé au Yémen par un groupe se revendiquant d’Al-Qaïda avaient remercié Oman au moment de leur libération", rappelle Antoine Mariotti, journaliste de France 24 spécialiste de la région. "Ces dernières années, le sultanat s’est imposé comme un médiateur incontournable du Moyen-Orient. C’est la seule monarchie du Golfe qui ne participe pas aux frappes de la coalition arabe au Yémen. Cette neutralité apparente lui vaut d’être qualifié de 'Suisse du Moyen-Orient'. En 2013, lors des négociations secrètes entre les États-Unis et l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad, c’est Oman qui a joué les intermédiaires et c’est à Mascate, sa capitale, que se sont déroulées les discussions."

"Dans le plus grand secret"

La dernière libération d'un otage français remonte à celle de Serge Lazarevic en décembre 2014, alors que le quinquagénaire franco-serbe était détenu depuis trois ans par le groupe Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dans le nord du Mali. Il était alors présenté comme le dernier otage français.

Isabelle Prime, arrivée en 2013 au Yémen, travaillait pour la société Ayala Consulting, dont le siège social se trouve en Floride, aux États-Unis, spécialisée dans la conception de programmes de protection sociale.

Francisco Ayala, président de la société, a précisé jeudi soir à l'AFP qu'il avait appris la libération de son employée via un coup de téléphone du ministère français des Affaires étrangères. "Toute l'affaire a été menée dans le plus grand secret, a-t-il affirmé. Le gouvernement français ne nous a rien dit ni à moi ou ni même à son père" concernant les efforts visant à obtenir la libération de la jeune femme. "Elle devrait arriver à Paris dès demain [vendredi]", sans doute à bord d'un vol spécial et son père se rendra dans la capitale pour l'accueillir, a-t-il ajouté en anglais depuis l'Équateur via Skype.

Son interprète libérée en mars

Isabelle Prime et son interprète yéménite, Chérine Makkaoui, avaient été enlevées le 24 février à Sanaa par des hommes déguisés en policiers alors qu'elles se rendaient en voiture à leur travail. Chérine Makkaoui avait déclaré avoir été libérée le 10 mars à Aden, dans le sud du Yémen.

Une vidéo de la Française avait été mise en ligne sur YouTube début juin. Dans ce document de 21 secondes, la jeune femme, vêtue de noir et assise à même le sol, s'adressait aux présidents français François Hollande et yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi pour leur demander d'agir en vue de sa libération. Aucune information n'a filtré depuis sur l'identité des ravisseurs.

Les prises d'otages sont très fréquentes au Yémen, où des centaines de personnes en ont fait l'expérience ces 15 dernières années. Presque toutes ont été libérées saines et sauves, la plupart du temps en échange de rançons. Mais cette fois, la détention de la Française s'est déroulée avec en toile de fond un conflit meurtrier qui a plongé le Yémen dans le chaos.

Avec AFP

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