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Incidents violents lors du premier tour des législatives haïtiennes

Haïti est actuellement privé de parlement depuis une  dissolution prononcée en janvier.
Haïti est actuellement privé de parlement depuis une dissolution prononcée en janvier. Hector Retamal, AFP

Avec près de quatre ans de retard, les électeurs haïtiens étaient appelés à élire l'ensemble de leurs députés et deux tiers du Sénat dimanche. Plus de 1 800 candidats étaient en lice pour un scrutin où des violences ont troublé de nombreux bureaux.

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Les Haïtiens se sont rendus aux urnes dimanche, à l'occasion du premier tour d'élections législatives destinées à renouveler les 119 membres de la Chambre des députés et deux tiers des sièges du Sénat. Le scrutin, qui a eu lieu dans un climat de tension, a été émaillé d’incidents violents.

Des hommes armés de pierres et de bouteilles ont attaqué des bureaux de vote à Port-au-Prince, la capitale. Dans tout le pays, une cinquantaine de bureaux sur les plus de 1 500 ouverts pour ce scrutin ont été "affectés" par des violences ou des problèmes bureaucratiques, a déclaré le Conseil électoral provisoire (CEP). Ce dernier s'est toutefois dit "globalement satisfait" du déroulement du scrutin.

Après avoir voté dans un bureau de Pétionville, en banlieue de la capitale, le président Michel Martelly a minimisé ces incidents. "Nous avons eu des petits accrocs, et nous espérons les corriger pour l'élection présidentielle. Nous ne savons pas qui sont les fauteurs de trouble. Peu importe qui ils sont, c'est un problème pour tous les candidats", a-t-il déclaré.

Alors que Haïti peine à installer une démocratie stable : après la chute de la famille Duvalier, au pouvoir de 1957 à 1986, le pays était privé de parlement depuis une dissolution prononcée en janvier, le jour anniversaire du tremblement de terre de 2010 qui a fait plus de 200 000 morts. Ces élections, qui auraient dû se tenir en 2011 puis en 2014 avaient à chaque fois été annulées.

Depuis, Michel Martelly gouverne par décret : la chambre basse est déserte et les dix sénateurs encore en poste, sur les trente que compte normalement l'institution, ne permettent pas d'atteindre le quorum.

Un scrutin test

Les résultats sont attendus dans un délai de six à dix jours et le deuxième tour est prévu le 25 octobre, le même jour que le premier tour de la présidentielle.

Plus de 1 800 candidats soutenus par des dizaines de partis sont en lice. Aucun sondage crédible n'est disponible.

"Des élections crédibles, ouvertes, transparentes et justes sont la clef pour une stabilisation à long terme à Haïti", a déclaré samedi à Reuters Sandra Honoré, représentante spéciale du secrétaire général de l'ONU sur l'île.

Les pro-Martelly sont regroupés sous la bannière du PHTK (Parti Haïtien Tèt Kale). L'ancien président René Préval, via la plateforme Vérité, et le parti Fanmi Lavalas, lié à l'ex-président Jean-Bertrand Aristide, présentent également des candidats.

Les élections de dimanche constituaient aussi un test de la capacité de la police nationale haïtienne. C'est désormais à elle qu'incombe la responsabilité d'assurer la sécurité en période électorale, la mission de l'ONU ayant fortement réduit la voilure. De 13 300 membres, la force onusienne ne compte plus que 2 370 casques bleus et 2 600 policiers.

Selon le Réseau national pour la protection des droits de l'homme, cinq assassinats liés à la préparation du scrutin ont été commis entre le 9 juillet et le 2 août. Un candidat du parti Fusion a notamment été tué fin juillet dans la ville de Marigot (sud).

Avec Reuters

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