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Iran : le journaliste du "Washington Post" accusé d’espionnage bientôt fixé sur son sort

Accusé d'espionnage, Jason Rezaian encourt jusqu'à 20 ans de prison.
Accusé d'espionnage, Jason Rezaian encourt jusqu'à 20 ans de prison. Archives AFP

Le verdict du procès de Jason Rezaian, correspondant du "Washington Post" accusé d'espionnage par les autorités de Téhéran, sera rendu "d'ici une semaine", selon son avocate. Le journaliste irano-américain est détenu depuis plus d'un an en Iran.

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Après plusieurs mois d’audiences à Téhéran, le procès de Jason Rezaian, correspondant du "Washington Post" accusé d'espionnage, pourrait bientôt connaître son épilogue. Son avocate Leila Ahsan a indiqué, lundi 10 août, à l’AFP, que le verdict sera rendu "d'ici une semaine".

L’avocate a déclaré avoir défendu, lundi, le journaliste irano-américain, enfermé depuis plus d’un an en Iran, lors d’une quatrième et dernière comparution à huis clos devant le tribunal révolutionnaire de Téhéran, une cour spéciale qui juge les dossiers politiques ou touchant à la sécurité nationale. Cette audience a été la première à se tenir après l'accord nucléaire du 14 juillet entre l'Iran et les grandes puissances, dont les États-Unis.

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Selon sa mère, Mary Rezaian, présente devant le tribunal lundi, le cas de son fils "ne concerne pas ce que Jason a fait, c'est un dossier politique" qui touche "aux problèmes politiques entre les États-Unis et l'Iran". "Jason a la double nationalité et il paie le prix de la suspicion, de l'animosité et de la paranoïa entre les deux pays", a-t-elle affirmé.

Jusqu'à 20 ans de réclusion

Le verdict sera transmis à l'accusé et sa défense sans nouvelle comparution et pourra être contesté par l'accusation en appel, a précisé l'avocate. "J'attends l'acquittement pour mon client parce qu'il est innocent [...], complètement innocent", a affirmé Me Leila Ahsan.

Âgé de 39 ans, Jason Rezaian encourt jusqu'à 20 ans de prison notamment pour '"espionnage", "collecte d'informations confidentielles", "collaboration avec des gouvernements hostiles" et "propagande contre le régime". Incarcéré à la prison d'Evine dans le nord de Téhéran, il dément catégoriquement ces accusations, tout comme sa famille et ses proches qui affirment que son état de santé s'est dégradé en prison. "La procédure secrète qui a débuté le 29 mai est une farce", a affirmé, samedi, Martin Baron, rédacteur en chef du "Washington Post", ajoutant qu'un "journaliste innocent" était en prison depuis plus d'un an.

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Jason Rezaian avait été arrêté en juillet 2014 à son domicile de Téhéran. Il était alors correspondant en Iran du "Washington Post" depuis deux ans. Son arrestation avait ravivé les tensions entre les États-Unis et la République islamique. Washington a plusieurs fois appelé les autorités iraniennes à libérer le journaliste.

"Il faut savoir une chose importante, les autorités de Téhéran ne reconnaissent pas la double nationalité, donc Jason Rezaian est actuellement jugé en tant que citoyen iranien et non pas en tant qu’américain. Et c’est pour le moment la plus longue incarcération en Iran pour un journaliste travaillant pour des médias étrangers", rappelle Mariam Pirzadeh, correspondante de France 24 à Téhéran. "Même ses droits en tant qu’iranien ne sont pas respectés, affirme sa mère. Il aurait dû pouvoir sortir au bout de 360 jours et cela en fait déjà 381."

Selon Leila Ahsan, l'annonce du verdict dans le procès du journaliste devrait être suivie - à une date non déterminée - du procès de son épouse, la journaliste Yeganeh Salehi, et d'une photographe de presse arrêtées en même temps que lui. Yeganeh Salehi a passé deux mois et demi en prison avant d'être remise en liberté conditionnelle.

Avec AFP

 

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