FRANCE

La croissance française stagne au 2e trimestre, Michel Sapin se dit optimiste

Le ministre de l'Économie, Michel Sapin, quitte l'Elysée après le conseil des ministres, le 13 mai 2015.
Le ministre de l'Économie, Michel Sapin, quitte l'Elysée après le conseil des ministres, le 13 mai 2015. Éric Feferberg, AFP
3 mn

Le PIB français est resté le même au deuxième trimestre 2015, a annoncé l'Insee vendredi. Le ministre de l'Économie Michel Sapin reste optimiste pour la croissance annuelle, mais l'opposition critique le gouvernement.

Publicité

C'est un zéro pointé. L'activité économique française a stagné lors du deuxième trimestre 2015, selon une première estimation de l’Insee publiée vendredi 14 août. Alors que la croissance du produit intérieur brut (PIB) était attendue à 0,3 %, elle s'est avérée nulle au cours de la période. En revanche, la croissance enregistrée au premier trimestre a été revue, et corrigée, à la hausse passant de 0,6 % à 0, 7 %.

Loin de s'alarmer de ces piètres performances au deuxième trimestre, le ministre des Finances, Michel Sapin, a choisi de retenir les bons chiffres du début d'année : "Après un premier trimestre très dynamique, le niveau de l'activité se maintient. À la fin du premier trimestre, l'acquis de croissance est de 0,8%, ce qui conforte notre objectif de 1% pour l'année 2015." Un point de vue quasi identique à celui du Premier ministre Manuel Valls, qui a estimé dans la foulée que "l'hypothèse du gouvernement d'une croissance de 1% pour l'année 2015 [était] confortée".

Une opposition très critique

Au sein de l’opposition, cependant, les critiques vont bon train. Le député des Hauts-de-Seine Thierry Solère (Les Républicains) a dénoncé sur iTélé "la déconnexion complète du gouvernement". "Tous les indicateurs sont mauvais et malheureusement ça restera comme ça tant que le gouvernement ne prendra pas les bonnes mesures, c'est-à-dire baisser le coût du travail et rendre le pays plus compétitif", a-t-il insisté.

La présidente du Front national Marine Le Pen a aussi commenté les chiffres de l’Insee. "La France est engluée dans la crise", a-t-elle estimé avant d’expliquer : "Les mêmes politiques de l'UMPS depuis des années entraînent les mêmes échecs économiques et sociaux."

Mais sur les deux premiers trimestres, la France a "vu croître sa richesse de l'ordre de 0,7 %, comme l'Allemagne, exactement comme l'Allemagne", rétorque Michel Sapin. De fait, la première économie européenne a enregistré une croissance de 0,4% de son PIB au deuxième trimestre après +0,3 % au premier trimestre, selon les chiffres avancés vendredi par l'Office fédéral des statistiques Destatis.

Néanmoins, la France reste en dessous de la moyenne la croissance de la zone euro pour le second trimestre, puisque celle-là, quoiqu'en baisse, a atteint 0,3 % selon les premières estimations d’Eurostat.

Les perspectives semblent plus réjouissantes de l’autre côté des Pyrénées : le FMI a souligné vendredi l’accélération de la reprise économique en Espagne, où le gouvernement de Mariano Rajoy attend une croissance annuelle de 3,3 %. Mais l’institution de Christine Lagarde, qui table plutôt sur 3,1 % de croissance, prévient que l’Espagne doit poursuivre ses réformes économiques pour améliorer durablement l’état de son économie. Le taux de chômage y est toujours le deuxième plus élevé de la zone euro, à 22,4%. Juste derrière la Grèce.

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine