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L'EI soupçonné d'utiliser des armes chimiques au Kurdistan irakien

Des combattants kurdes irakiens, les Peshmergas, sur le front de Makhmur face à l'EI, le 9 août 2014.
Des combattants kurdes irakiens, les Peshmergas, sur le front de Makhmur face à l'EI, le 9 août 2014. Safin Hamed, AFP

Des combattants kurdes accusent l'organisation de l’État islamique d'attaques au chlore, les États-Unis jugent plausible l'emploi de gaz moutarde... Que sait-on sur l'usage d'armes chimiques en Irak et en Syrie ?

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Le groupe terroriste État islamique (EI) a-t-il franchi une nouvelle ligne rouge ? Des combattants kurdes qui l’affrontent actuellement en Irak ont en tout cas assuré avoir été la cible d'armes chimiques, allégations relayées jeudi 13 août par l'armée allemande présente dans le nord du pays. Après de précédentes accusations, les soupçons d'un recours par les jihadistes à ces munitions bannies se renforcent.

Le ministère allemand de la Défense – dont les instructeurs sont postés dans le nord de l'Irak pour former des peshmergas – a déclaré jeudi "avoir des indications selon lesquelles il y a eu une attaque à l'arme chimique" contre des peshmergas, les combattants kurdes irakiens. Plusieurs d'entre eux ont été "blessés avec des irritations des voies respiratoires", a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministère allemand de la Défense à Berlin.

Chlore ou gaz moutarde ?

Les États-Unis jugent, de leur côté, "plausible" que l’EI ait utilisé cette semaine du gaz moutarde contre des combattants kurdes irakiens, a indiqué jeudi un responsable américain à l'AFP, confirmant une information du 'Wall Street Journal' sans donner plus de détails sur les circonstances et la date de l'attaque.

Selon le quotidien américain, les jihadistes se seraient procuré le gaz moutarde en Syrie, lorsque le régime de Bachar al-Assad s'est débarrassé, sous la pression de la communauté internationale, de ses stocks d'armes chimiques, ou bien en Irak.

Un haut responsable peshmerga en Irak a évoqué de son côté une attaque au chlore. "Mardi dernier dans l'après-midi, les forces des peshmergas dans la zone de Makhmur à 50 kilomètres à l'ouest d'Erbil ont été attaquées par des roquettes Katioucha remplies de chlore, blessant une douzaine de combattants."

Le chlore, qui fut utilisé pendant la Première Guerre mondiale, est un gaz suffocant, interdit dans les conflits armés par la Convention sur les armes chimiques de 1997. Le gaz moutarde, lui, est un gaz asphyxiant utilisé pour la première fois par les Allemands à Ypres en Belgique en 1917.

Selon le ministère allemand, "des spécialistes américains et irakiens sont en route pour déterminer ce qui s'est réellement passé". L'armée allemande n'étant déployée dans le nord de l’Irak que pour former les combattants kurdes, toute mission dans une zone de combat implique l'approbation du Parlement allemand. C’est pourquoi la Bundeswehr ne dispose pas d'informations en propre.

Plusieurs accusations

L'armée allemande s'est gardée d'accuser les jihadistes d'avoir été à l'origine de l'attaque, mais les accusations de recours aux armes chimiques par l'EI se sont multipliées ces derniers mois en Irak comme en Syrie, même si, jusqu'à présent, elles semblent sporadiques et aucun décès n'a été signalé.

Ainsi, les unités de protection du peuple kurde (YPG, principale force kurde syrienne), l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et des experts ont signalé en juillet des attaques à l'arme chimique dans la province d'Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, contre des combattants kurdes. Ces combattants ont aussi dit avoir saisi des masques à gaz appartenant à EI, estimant dès lors que les jihadistes préparent d'autres attaques chimiques.

A l'époque, les forces kurdes avaient fait état de "brûlures à la gorge, aux yeux et au nez, accompagnées de maux de tête, de douleurs musculaires, d'une perte de concentration, de problèmes de mobilité et de vomissements".

Précédemment, en mars, le gouvernement de la région autonome du Kurdistan irakien avait affirmé avoir les preuves d'une utilisation de gaz chloré par l'EI contre ses forces.

Mais le groupe État islamique n'est pas seul à être soupçonné de recourir de temps à autre à ce type de produits. L'ONG Human Rights Watch a accusé en mars le régime syrien de Bachar al-Assad d'avoir largué des barils remplis de gaz de chlore sur des civils dans des secteurs rebelles, une accusation rejetée par Damas.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé à l'unanimité le 7 août de former un groupe d'experts pour identifier "les individus, entités, groupes et gouvernements" responsables de récentes attaques.

Avec AFP

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