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Ukraine : des homosexuels cibles de grenades fumigènes à Odessa

Un couple de femmes dans un refuge à Kiev, le 9 juin dernier.
Un couple de femmes dans un refuge à Kiev, le 9 juin dernier. Genya Savilov, AFP

Des hommes ont jeté des grenades fumigènes dans la salle où une conférence des communautés homosexuelle, bi et transsexuelle (LGBT) était prévue samedi à Odessa, ville portuaire du sud de l'Ukraine où la Gay Pride vient d'être interdite.

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Les gays ne sont décidément pas les bienvenus à Odessa, en Ukraine. Alors que la Gay Pride vient d’y être interdite, des hommes encagoulés ont jeté des grenades fumigènes dans la salle où une conférence des communautés homosexuelle, bi et transsexuelle (LGBT) était prévue, samedi 15 août, dans cette ville portuaire du sud du pays.

"Plusieurs jeunes hommes ont fait irruption" dans ce local peu avant la début de la réception organisée pour des militants LGBT qui devait être suivie d'une discussion sur l'histoire de l'homosexualité, a raconté à l'AFP le porte-parole d'Odessa Pride Kyrylo Bodelan.

"Encagoulés" mais n'affichant aucun emblème politique, "ils ont jeté plusieurs grenades sur les participants avant de s'enfuir. Personne n'a été blessé", a-t-il ajouté.

Les homosexuels ukrainiens prévoyaient d'organiser samedi à Odessa une Gay Pride, mais celle-ci a été interdite par un tribunal local, saisi par le conseil municipal qui a dit craindre des violences.

Après cette interdiction, les organisateurs du défilé ont d'abord déclaré qu'ils allaient tout de même défiler dans des rues d'Odessa, puis, dans un second temps, qu'ils renonçaient à cette manifestation.

Homosexualité stigmatisée

Finalement, une poignée de militants ont manifesté samedi en ordre dispersé à proximité de la mairie, sur un boulevard rempli de passants qui leur ont lancé des regards réprobateurs, voire les ont parfois agressés, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Le projet de la Gay Pride à Odessa avait été mal accueilli, notamment par le mouvement ultranationaliste Pravy Sektor, qui avait déjà attaqué le précédent défilé en juin à Kiev, au cours duquel une dizaine de personnes avaient été blessées.

Pravy Sektor avait été très actif pendant la contestation proeuropéenne en 2011 et participe actuellement aux combats contre la rébellion séparatiste dans l'est de l'Ukraine.

"Nous n'allons pas battre les gays, mais la marche n'aura pas lieu", a déclaré cette semaine le chef de file de Pravy Sektor à Odessa, Sergui Sternenko, cité par l'agence de presse Interfax.

L'administration régionale d'Odessa, dirigée par l'ex-président géorgien Mikheïl Saakachvili, a pris ses distances par rapport à l'interdiction du défilé. Interrogé par l'AFP, son service de presse a répété qu'une telle décision relevait des compétences de la municipalité et non des autorités régionales.

L'homosexualité, qui était punie par la loi en URSS, reste très stigmatisée en Ukraine, ex-république soviétique où l'Église orthodoxe a une forte influence. Plusieurs tentatives de voter une loi homophobe interdisant "la propagande homosexuelle", similaire à celle qui existe en Russie voisine, avaient cependant échoué au Parlement ukrainien en 2012.

La première Gay Pride dans l'histoire de l'Ukraine indépendante avait eu lieu en 2013, réunissant près de cent personnes à Kiev. En 2014, la "marche de l'égalité" avait été annulée, la police ayant refusé d'en assurer la sécurité.

Avec AFP
 

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