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SYRIE

L'EI a exécuté l'ancien directeur du site de Palmyre

Khaled Assaad était l'ancien directeur général du département des Antiquités et des musées de Syrie
Khaled Assaad était l'ancien directeur général du département des Antiquités et des musées de Syrie HO, SANA, AFP
4 mn

Khaled Assaad avait dirigé pendant 50 ans le site de la cité antique de Palmyre, tombée depuis quelques mois dans les mains de l'Organisation de l'État islamique. Il a été exécuté par des jihadistes.

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"Daech [l'organisation de l'État islamique] a exécuté un des plus éminents experts du monde antique", a déploré, mercredi 19 août, Maamoun Abdelkarim, directeur général du département des Antiquités et des musées de Syrie. Il faisait référence à Khaled Assaad, un homme qui a dirigé de 1963 à 2003 le site de la cité antique de Palmyre, située dans le centre de la Syrie.

Selon Maamoun Abdelkarim, cet homme âgé de 82 ans était détenu depuis un mois par le groupe jihadiste qui s'est emparé de Palmyre en mai dernier. Il aurait été tué mardi. Sur les réseaux sociaux circule l'image d'un corps décapité, pendu à un poteau, sur lequel une pancarte portant des inscriptions en arabe a été posée. Elle identifie la victime comme "Khaled Mohammed Assaad" et donne les cinq raisons de son exécution. Il est notamment accusé d'avoir été un partisan du régime syrien et de l'avoir représenté dans des conférences internationales.

 

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a confirmé l'exécution de M. Assaad, indiquant qu'il avait été décapité sur "une place de Palmyre devant des dizaines de personnes".

Selon M. Abdelkarim, le supplicié a été interrogé pendant un mois avec son fils Walid, l'actuel directeur des Antiquités de la ville, car les jihadistes voulaient connaître la cachette où se trouvait prétendument l'or. "Mais il n'y a pas d'or à Palmyre", a-t-il dit. Walid Assaad a été libéré car il souffre d'une maladie chronique du dos.

"Cette famille est remarquable car l'autre fils Mohammad et le gendre Khalil ont participé activement au sauvetage de 400 pièces antiques au moment de la conquête de la ville par les jihadistes", a déclaré M. Abdelkarim. Il a également expliqué que l'expertise de Khaled Assaad restait précieuse. "Il parlait et lisait le palymrien et nous nous adressions à lui, quand nous recevions de la police des statues volées pour qu'il détermine si elles étaient vraies ou fausses", a déploré M. Abdelkarim.

"Nous avions supplié Khaled de quitter la ville mais il a toujours refusé. 'Je suis de Palmyre et j'y resterai même si ils doivent me tuer', nous disait-il", a ajouté le directeur des Antiquités de Syrie.

Le site de Palmyre menacé

Au fil de sa carrière, cet universitaire avait collaboré avec de nombreux archéologues étrangers venus travailler sur le site de Palmyre. "Imaginez que ce professeur, qui a rendu de tels services à ce site et à l'Histoire, a été décapité [...]", a déclaré Maamoun Abdoulkarim.

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FR NW GRAB A RHABILLER PALMYRE 16H


>> À lire sur France 24 : "Une partie du patrimoine de l'Humanité disparaît en Syrie"

Ce dernier lutte depuis des mois pour tenter d'éviter la destruction de ce joyau architectural antique. En juin, il avait annoncé que les jihadistes de l'EI avaient dynamité deux mausolées musulmans anciens qu'ils jugeaient sacrilèges.

La communauté internationale craint que de nouvelles destructions se produisent dans cette cité antique baptisée la "perle du désert syrien", à l'instar de ce que le groupe ultra radical sunnite a fait en Irak. La version rigoriste de l'islam sunnite qu'il prône proscrit formellement la visite de sites archéologiques ou historiques et considère les statues humaines ou animales comme de l'idolâtrie.

Avec AFP et Reuters

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