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BURUNDI

Burundi : Nkurunziza a prêté serment devant le Parlement

Le président burundais Pierre Nkurunziza lors de l'inspection des troupes, le 1er juillet 2015 à Bujumbura.
Le président burundais Pierre Nkurunziza lors de l'inspection des troupes, le 1er juillet 2015 à Bujumbura. Marco Longari, AFP
4 mn

Alors que les tensions persistent au Burundi, le président Pierre Nkurunziza a prêté serment, jeudi, devant le Parlement. L'opposition estime que cette réélection est anticonstitutionnelle.

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Le président burundais réélu Pierre Nkurunziza a prêté serment devant le Parlement, jeudi 20 août, à Bujumbura, pour un troisième mandat dont la conquête a plongé le Burundi dans une crise politique émaillée de violences meurtrières, a annoncé la présidence burundaise sur Twitter.Cette cérémonie de prestation de serment surprise, organisée au Palais des Congrès de Bujumbura, n'avait été annoncée officiellement que quelques heures à l'avance pour des raisons de sécurité, selon un membre du CNDD-FDD, le parti de M. Nkurunziza. Les journalistes de la Radio-télévision nationale burundaise (RTNB) n'ont été prévenus que dans la matinée, selon l'un d'eux.

Burundi : Nkurunziza a prêté serment devant le Parlement

Les élections ayant été jugées non crédibles par la quasi-totalité de la communauté internationale, aucun chef d'État étranger n'était présent. Seule l'Afrique du Sud était apparemment représentée au niveau ministériel. Plusieurs pays africains, ainsi que la Chine et la Russie, avaient envoyé leurs ambassadeurs. Les ambassadeurs des pays de l'Union européenne et des États-Unis étaient absents et représentés par des diplomates de rang inférieur.

>> À voir sur France 24 : ""Les Burundais savent que cette élection n'est pas crédible"

Conformément à la Constitution, le président a prêté serment auprès de la Cour constitutionnelle, devant les deux Chambres du Parlement réunies. Cette prestation marque le début du troisième mandat, très controversé, de M. Nkurunziza, élu en 2005 par le Parlement, puis en 2010 et le 21 juillet dernier au suffrage universel direct.

Deux interprétations de la Constitution

L'opposition, la société civile et l'Église catholique et une faction du parti de M. Nkurunziza, le CNDD-FDD, estiment que ce nouveau mandat est contraire à la Constitution et à l'Accord d'Arusha ayant ouvert la voie à la fin de la guerre civile (300 000 morts entre 1993 et 2006), qui limitent à deux le nombre de mandats présidentiels.

>> À lire sur France 24 : "La communauté internationale exhorte le président Nkurunziza au dialogue"

Les partisans du chef de l'État assurent eux que celui-ci ayant été élu la première fois au suffrage indirect, en vertu d'une disposition spéciale de la Constitution applicable au premier chef de l'État élu à l'issue de la transition post-guerre civile, son premier mandat n'entre pas en compte dans la limitation constitutionnelle.

Les autorités ont maté en mai une tentative de coup d'État militaire et étouffé par une brutale répression six semaines de manifestations, essentiellement concentrées à Bujumbura, contre ce troisième mandat.

Des violences qui persistent

Malgré la réélection dès le 1er tour de M. Nkurunziza le 21 juillet lors d'une présidentielle jugée non crédible par la quasi-totalité de la communauté internationale, la situation sécuritaire continue de se dégrader avec des attaques nocturnes contre la police et des assassinats ciblés à Bujumbura et en province.

>> À lire sur France 24 : "La présidence burundaise condamne l'agression du correspondant de RFI et de l'AFP"

Les observateurs craignent un retour des violences à grande échelle, dans un pays à l'histoire post-coloniale jalonnée de massacres entre Hutu (85 % de la population) et Tutsi (15 %) et qui reste traumatisé par la guerre civile.

L'opposition a prévenu que M. Nkurunziza ne serait plus légitime une fois qu'il aurait prêté serment, sa réélection étant "illégale".

Avec AFP

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