FRANCE

Le terroriste "était prêt à se battre jusqu’au bout, et nous aussi", raconte Spencer Stone

Spencer Stone, Alek Skarlatos et Anthony Sadler posent avec l'ambassadrice américaine à Paris, Jane Hartley, à la suite de la conférence de presse donnée le 23 août 2015.
Spencer Stone, Alek Skarlatos et Anthony Sadler posent avec l'ambassadrice américaine à Paris, Jane Hartley, à la suite de la conférence de presse donnée le 23 août 2015. Thomas Samson, AFP

Les trois héros du Thalys se sont exprimés dimanche face à la presse. Ils racontent avoir agi pour leur survie et celle des passagers mais ne réalisent toujours pas vraiment ce qu'il s'est passé.

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Deux jours après l'attaque dans le Thalys Amsterdam-Paris qui aurait pu leur coûter la vie, Spencer Stone, Alek Skarlatos et Anthony Sadler se sont exprimés dimanche 23 août face à la presse à l'ambassade américaine de Paris.

Les trois jeunes Américains sont revenus sur le déroulé des événements et ont précisé qu'ils avaient encore du mal à réaliser ce qui leur était arrivé. "J’attends toujours de me réveiller, j’ai l’impression d’être dans un film", a précisé Anthony Sadler.

Interrogé sur l'idée qui l'habitait quelques jours après le drame évité, l'étudiant de 23 ans a simplement déclaré qu'il souhaitait "qu’on retienne la leçon qu’en situation de crise comme celle-ci [...] il faut faire quelque chose". "Se cacher ou rester sur son siège ne va pas donner le moindre résultat et le tueur aurait certainement réussi si mon ami Spencer ne l’avait pas maîtrisé", a-t-il ajouté.

"Prêt à se battre jusqu'au bout"

Pour Alek Skarlatos, les intentions du tireur "étaient très claires" étant donné le nombre de chargeurs qu'il transportait dans son sac. Le jeune homme de 22 ans a précisé qu'en fouillant dans le sac où se trouvaient ces chargeurs, il n'avait trouvé aucun liquide inflammable, contre-disant ainsi une information donnée par la presse espagnole selon laquelle l'attaquant aurait eu l'intention de mettre le feu au train.

>> À lire sur France 24 : "Attaque du Thalys : les enquêteurs veulent comprendre ce que prévoyait Ayoub El Khazzani"

"De toute évidence il n’avait pas reçu une formation sur les armes à feu, a-t-il expliqué, puisqu'il avait remarqué que l'arme s'était enrayée, ajoutant qu'"il ne savait peut-être pas ce qu’il faisait. Mais s’il avait pu agir, il nous aurait tous tués".

"Il était prêt à se battre jusqu’au bout… et nous aussi", a confirmé Spencer Stone en souriant.

Interrogé sur les affirmations du suspect lors de ses premières heures de garde à vue niant toute velléité jihadiste et affirmant avoir uniquement voulu rançonner les passagers, Anthony Sadler a répondu : "On n'a pas besoin de neuf chargeurs pour dévaliser un train".

Reçus lundi à l'Élysée

Au sujet de leur retour aux États-Unis, Spencer Stone a expliqué qu'Anthony Sadler allait prochainement rentrer en Californie, mais que lui devait se rendre avec sa famille et Alek en Allemagne "pour des soins médicaux".

Les trois Américains ont conclu la conférence de presse en adressant de chaleureux remerciements. Spencer s'est plus particulièrement adressé aux équipes médicales françaises qui l'ont soigné à Lille alors qu'Anthony a déclaré avoir "vraiment apprécié" l'aide de la police d'Arras.

Selon le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, un passager français, âgé de 28 ans, a été le premier à tenter d'intercepter le suspect, lorsqu'il s'est retrouvé nez à nez près des toilettes avec Ayoub El Khazzani, Kalachnikov en bandoulière.

Un autre passager, le Britannique Chris Norman, âgé de 62 ans, a aussi aidé le groupe d'Américains à maîtriser le Marocain.

Ils seront tous les quatre reçus lundi matin à l'Élysée par François Hollande, qui leur décernera la Légion d'honneur.

Avec AFP

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