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Démantèlement du Samaritain à La Courneuve, le plus vieux bidonville de France

Des enfants dans le bidonville "Le Samaritain" à La Courneuve, le 14 août 2015.
Des enfants dans le bidonville "Le Samaritain" à La Courneuve, le 14 août 2015. Kenzo Tribouillard, AFP

Les forces de l'ordre ont démantelé jeudi le Samaritain, le plus vieux bidonville de France, où vivaient près de 300 personnes, en majorité des Roumains et des Roms.

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L'intervention de l'évêque, la présence d'enfants scolarisés et la mobilisation citoyenne n'y ont rien changé : le Samaritain, l'un des plus anciens bidonvilles roms de France, a été évacué, jeudi 27 août, sous une pluie fine, à quelques jours de la rentrée scolaire.

L'évacuation de ce campement qui abritait quelque 300 personnes, pour certaines depuis 2008, a débuté peu après 13 heures à La Courneuve, une commune populaire au nord de Paris.

>> À (re)lire sur France 24 : "Reportage dans le plus vieux bidonville de France, bientôt rasé, à La Courneuve"

Quelques minutes plus tôt, Pierre Chopinaud, le directeur de l'association La Voix des Roms, qui s'est mobilisée tout l'été pour empêcher l'évacuation, avait prévenu par texto l’AFP : "expulsion en cours à La Courneuve".

De fait, les fourgons de CRS, pelleteuses et camions-bennes sont bien entrés en action. Poussant des caddies, tirant des cabas, chargés de sacs, les habitants sortaient un à un du campement, dont un cordon de CRS fermait l'accès. Après avoir attendu un moment sur le trottoir, agglutinés sous des parapluies ou réfugiés sous l'auvent d'une buvette, ils avaient tous quitté le campement vers 15 h 30, les plus chanceux pour des hôtels.

"Ils nous ont dit de partir et ont commencé à casser les cahutes. Mais où est-ce qu'on va aller avec les enfants ? Il pleut, on va dormir où ?", se lamentait Emiliani, 25 ans.

Une pétition contre le démantèlement avait réuni 38 800 signatures

Beaucoup semblaient surpris que la décision d'expulsion ait finalement été exécutée au vu de la forte mobilisation qu'avait suscitée le sort du Samaritain. La communauté de 80 familles roumaines, de confession évangélique, soudée autour de son pasteur, avait même reçu mardi le soutien de l'évêque du diocèse de Saint-Denis, Mgr Pascal Delannoy.

Ce dernier avait invoqué la figure du "Bon Samaritain" qui, dans l'évangile, "est celui qui vient au secours de la personne blessée, gisant au bord du chemin, alors que d'autres poursuivent leur route dans une totale indifférence".

"La mise à la rue de familles, et notamment d'enfants en bas âge, peut caractériser un traitement inhumain et dégradant engageant la responsabilité de l'État, ainsi que l'a récemment rappelé la Cour européenne des droits de l'Homme", avait prévenu de son côté le Défenseur des droits, Jacques Toubon.

Et une pétition lancée à l'initiative de Jozef Farkas, un jeune du Samaritain candidat à The Voice, avait réuni 38 800 signatures sur le site change.org.

"L'évacuation est simplement la mise en œuvre d'une décision de justice"

Dans un communiqué, Médecins du monde (MDM) et la Fondation Abbé Pierre, qui avaient porté un projet de résorption progressive du bidonville, ont fustigé une décision "incohérente", "qui ne fait que déplacer le problème sans chercher de solutions de fond".

"On espérait un vrai dialogue. On est déçus et choqués", a réagi sur place Livia Otal, coordinatrice de la mission bidonville pour MDM.

Alors que la militante offrait de fournir des tentes et des duvets, le secrétaire général de la préfecture de la Seine-Saint-Denis, Hugues Besancenot, a assuré que la dizaine de familles identifiées comme étant "les plus vulnérables" par le diagnostic social effectué en préalable à l'évacuation seraient prises en charge. Des chambres leur ont ainsi été réservées dans plusieurs hôtels de l'Île-de-France.

"Pour les autres, je rappelle que le droit commun, pour n'importe quelle personne qui n'a pas de logement, c'est de faire appel au 115", a ajouté Hugues Besancenot. "Les personnes qui occupent ce terrain savent que depuis le 15 août, elles devaient le quitter. L'évacuation est simplement la mise en œuvre d'une décision de justice", a-t-il rappelé.

De fait, un tiers des familles avait pris les devants et quitté dès mercredi le bidonville, dont la mairie communiste de La Courneuve redoutait la "pérennisation".

Avec AFP

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