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Découverte d’un "champ de gaz géant" : une aubaine pour le pouvoir égyptien

Image d'illustration (archives)
Image d'illustration (archives) Daniel Sannum Lauten, AFP

La découverte du plus grand gisement offshore de gaz naturel en Méditerranée dans les eaux égyptiennes est "une très bonne nouvelle" pour le régime du président Sissi, qui peine à redresser une économie en berne.

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Le géant italien de l'énergie ENI a annoncé, dimanche 30 août, la découverte d’un "champ de gaz super-géant" dans les eaux de la Méditerranée, au large de l'Égypte. D'un potentiel de 850 milliards de mètres cubes, le gisement pourrait "devenir l'une des plus grandes réserves de gaz naturel au monde". Le communiqué d'ENI précise que cette découverte, "après son développement total", va aider à couvrir "les besoins en gaz naturel de l'Égypte durant des décennies", et "sera en mesure de transformer le scenario énergétique" du pays.

Le ministère égyptien du Pétrole a confirmé la découverte, faite à 1 450 mètres de profondeur dans la zone d'exploration "Zohr". L'ENI en détient la licence d'exploitation à 100 % à la suite d'un appel d'offre que la compagnie avait remporté en janvier 2014.

Cette annonce ne peut être perçue que comme une bénédiction par les autorités égyptiennes, qui doivent faire face à une situation économique difficile.

"Couvrir ses besoins domestiques"

"Il s’agit d’une très bonne nouvelle" pour l’Égypte, estime Francis Perrin, président de Stratégies et politiques énergétiques (SPE) et directeur de la rédaction du magazine "Pétrole et Gaz arabes", contacté par France 24.

"Ce pays est passé, au cours de ces dernières années, du statut d’exportateur de gaz à celui d’importateur". Selon l’expert, "la découverte de ce champ extrêmement important lui permet d’entrevoir le renversement de cette situation, mais surtout dans un premier temps la couverture de ses besoins domestiques. L’Égypte souffre d’une pénurie de gaz naturel depuis la fin des années 2000, qui vient accroître les nombreux problèmes économiques et politiques du pays". Une pénurie que le pays avait même, un certain temps, envisagé de pallier en misant sur le charbon.

Pour le président Abdel Fattah al-Sissi, cette nouvelle tombe à pic, "au moment où l’Égypte multiplie les appels du pied aux investisseurs pour tenter de redresser une économie en berne", précise Karina Chabour, journaliste spécialisée en économie à France 24. "L’investissement et le tourisme sont les deux secteurs qui ont le plus souffert depuis la révolution du Nil, début 2011".

Encore en proie à des troubles sécuritaires, le pays a connu ces dernières années d’importantes coupures d’électricité, les centrales électriques étant sous-alimentées en gaz naturel.

La Méditerranée orientale, un réservoir prometteur

Généralement, après la découverte d’un gisement, il faut attendre entre 4 et 5 ans avant que le gaz puisse être exploité et commercialisé. L'ENI dit vouloir délimiter le gisement pour assurer son développement rapide grâce aux infrastructures déjà existantes, en mer et sur terre.

Si cette découverte majeure ne permet pas encore à l’Égypte de rivaliser, en termes de réserves, avec les trois géants mondiaux du gaz naturel que sont respectivement l’Iran, la Russie et le Qatar, elle a toutefois, sur le plan géopolitique, une certaine importance en Méditerranée orientale, qui est devenue un bassin d'exploration gazière très prometteur. "La Méditerranée orientale est sur les radars des grandes compagnies de l’énergie et cette découverte va augmenter un peu plus la visibilité de la zone".

Jusqu’ici, plusieurs gisements avaient été découverts au large d'Israël – les gisements Tamar et Léviathan renfermeraient plus de 900 milliards de m3 de gaz -, du Liban et de Chypre. Selon une étude de l’US Geological Survey publiée en 2010, le bassin levantin renfermerait 1,7 milliard de barils de pétrole et 3 452 milliards de m3 de gaz naturel. Il était d’ailleurs question pour Le Caire de nouer des accords avec les Israéliens et les Chypriotes pour leur acheter du gaz naturel. "Cette découverte complique la donne pour Israël et Chypre, qui pourraient à terme rejoindre les rangs des exportateurs de gaz et qui espéraient compter l’Égypte parmi leurs principaux clients".

Si le dossier gazier est convenablement géré par le régime, l’Égypte pourrait se remettre à exporter du gaz. "Cette nouvelle est importante pour l’Europe, qui cherche à réduire sa dépendance à l’égard du gaz russe, explique Francis Perrin. La multiplication des sources en Méditerranée orientale, donc du nombre de fournisseurs potentiels, en plus de celle qui existent déjà, ne peut que lui être favorable".

 

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