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Climat : "Nous n'allons pas assez vite", prévient Obama

Barack Obama effectue une visite de trois jours en Alaska.
Barack Obama effectue une visite de trois jours en Alaska. Mandel Ngan, AFP

Depuis l'Alaska où il effectue une visite de trois jours, le président américain a appelé la communauté internationale à redoubler d'efforts pour éviter un emballement climatique. Des déclarations qui interviennent à trois mois de la COP21, à Paris.

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Barack Obama a dressé, lundi 31 août, depuis Anchorage, en Alaska, un constat sombre des efforts engagés pour lutter contre le changement climatique. "Nous n'avançons pas assez vite. Le climat change plus rapidement que nos efforts pour y répondre", a déclaré le président américain dans un discours au ton grave dans lequel il s'est longuement attardé sur les impacts dévastateurs des bouleversements à venir.

"Obama veut faire des États-Unis, le leader de la lutte contre le réchauffement climatique"

Évoquant "un défi qui définira les contours de ce siècle de manière plus spectaculaire que tout autre", le chef de l’État américain, dont le pays est le deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre derrière la Chine, a appelé la communauté internationale à un sursaut. Des déclarations qui interviennent à trois mois de la grande conférence de l'ONU sur le climat à Paris (COP21) qui vise à conclure un accord mondial pour tenter de limiter à 2°C la hausse des températures pour éviter un emballement du réchauffement climatique.

"Salut tout le monde, c’est Barack"

Ce voyage de trois jours, soigneusement chorégraphié par la Maison Blanche, vise d'abord à mobiliser, rendre le réchauffement palpable, concret. Durant toute la durée de son séjour, c'est le président lui-même qui alimentera le compte Instagram de la Maison blanche (@whitehouse). "Salut tout le monde, c'est Barack. Vue incroyable à l'approche d'Anchorage", a-t-il écrit en postant sa première photo prise depuis le hublot de l'avion présidentiel Air Force One.

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Mais après avoir atterri, il a d'abord insisté sur les menaces qui pèsent sur l'Arctique, qui a connu une hausse des températures deux fois plus rapide que celle enregistrée dans le reste du monde. "La saison des feux en Alaska est aujourd'hui un mois plus long qu'en 1950", a-t-il souligné.

La fonte de permafrost (sous-sol gelé) "déstabilise une terre sur laquelle vivent 100 000 habitants, menaçant leurs maisons, endommageant les infrastructures de transport et d'énergie", a-t-il ajouté. Le changement climatique "change déjà la façon dont les habitants de l'Alaska vivent", a-t-il résumé.

Mais dans ce vaste territoire - vendu en 1867 aux États-Unis par l'Empire russe - tout le monde n'attend pas Barack Obama à bras ouverts. Le pétrole y occupe une place centrale, et la "transition énergétique" que le président américain appelle de ses vœux inquiète. Nombre d'habitants du "49e État" redoutent que le président, les yeux rivés vers la conférence de Paris, en oublie les difficultés économiques auxquelles ils sont confrontés.

L’Alaska n’est pas "seulement une carte postale"

La visite intervient dans un contexte d'autant plus difficile que la chute des prix du brut en a sensiblement amputé les ressources budgétaires de l'État. L'Association des producteurs de gaz et de pétrole d'Alaska (Aoga) a rappelé à l'occupant de la Maison blanche que ce secteur représentait 110 000 emplois (directs et indirects). Et l'a appelé à trouver un "équilibre raisonnable" dans ses choix énergétiques.

Représentant de l'Alaska au Congrès depuis plus de 40 ans, le républicain Don Young, favorable à l'expansion des zones de forage, a clairement exprimé ses craintes : "Nous ne sommes pas seulement une carte postale", a-t-il prévenu.

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Le président américain a pour sa part profité de son allocution devant les représentants des pays de l'Arctique pour dénoncer l'attitude de nombres d'élus de son pays qui contestent la responsabilité humaine dans les changements en cours. "Ce n'est plus l'heure de plaider l'ignorance", a-t-il lancé à l'attention des républicains - nombreux - qui répondent qu'ils ne sont "pas scientifiques" lorsqu'ils sont interrogés sur le sujet. "Ceux qui veulent ignorer la science sont de plus en plus seuls, ils sont sur une île qui est en train de disparaître", a affirmé Barack Obama.

Le président américain doit effectuer mardi une marche sur le glacier Exit, situé dans le Parc national de Kenai Fjords, à 200 km au sud d'Anchorage.

Avec AFP

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