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RD Congo : le seigneur de guerre Bosco Ntaganda devant les juges de la CPI

Bosco Ntaganda, le 11 janvier 2009.
Bosco Ntaganda, le 11 janvier 2009. Lionel Healing, AFP

Accusé de crimes contre l'humanité en RD Congo, dont des meurtres et le viol d'enfants soldats de sa propre milice, l'ex-rebelle Bosco Ntganda, surnommé Terminator, comparaît devant la Cour pénale internationale à partir de mercredi.

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Le procès de l'ex-chef de guerre Bosco Ntaganda, accusé de crimes contre l'humanité en République démocratique du Congo (RDC), dont le viol d'enfants soldats, s'ouvre mercredi 2 septembre devant la Cour pénale internationale (CPI).

L'ancien rebelle de 41 ans est accusé de 13 crimes de guerre et cinq crimes contre l'humanité, dont des meurtres, pillages, attaques contre des civils, viols et esclavage sexuel. "Il a recruté des centaines d'enfants soldats qu'il a utilisés comme de la chair à canon et il a ordonné le viol systématique des jeunes filles", avait affirmé, la veille, la procureure Fatou Bensouda, lors d'une conférence de presse.

Bosco Ntaganda aurait joué, avec ses troupes des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), un rôle central dans les violences ethniques et attaques menées contre les civils en Ituri, dans le nord-est du Congo, en 2002 et 2003. Selon l'accusation, les FPLC, milice à prédominance Hema, visaient ceux perçus comme appartenant aux ethnies Lendu, Bira et Nande. Selon les ONG, ce conflit a coûté la vie à plus de 60 000 personnes.

>>À voir dans le Journal de l'Afrique : "L'ex-rebelle Ntaganda maintient son innocence à la veille de son procès à la CPI"

C'est la première fois en droit pénal international qu'un accusé doit répondre de viols et esclavage sexuel commis sur des enfants de sa propre milice. "Il ne s'agit pas du procès d'un groupe ethnique, c'est le procès d'un individu qui a profité des tensions ethniques en Ituri à des fins personnelles, pour atteindre le pouvoir et la richesse", a précisé Fatou Bensouda.

"C'est un procès important, même pour servir d'exemple, indique à France 24 Paul Madidi, porte-parole de la CPI en RD Congo. On a accordé la participation à ce procès à 2 148 personnes. Donc, vous voyez l'importance même du nombre de personnes qui participent mais aussi ce que ça signifie pour toutes ses victimes."

Au cours du procès, l'accusation devrait présenter plus de 8 000 documents, dont des rapports d'experts, extraits vidéo et déclarations. Plus de 70 "témoins de faits" et une dizaine d'experts témoins seront cités, a assuré la procureure.

"Terminator", "Maréchal ", "Tango Roméo"

Bosco Ntaganda, qui apprend l'anglais et le piano dans sa prison de La Haye, plaide non coupable. Il prendra la parole lorsque son avocat, le Canadien Stéphane Bourgon, aura terminé sa déclaration liminaire. L’accusé "maintient son innocence face à chacune des accusations portées contre lui et il entend présenter une défense exhaustive, a indiqué son avocat mardi. Il est impatient d'avoir une chance de se défendre."

Général dans l'armée congolaise de 2007 à 2012, Bosco Ntaganda était le fugitif le plus recherché dans la région des Grands Lacs jusqu'à ce qu'il se rende, de manière inopinée, à l'ambassade américaine de Kigali, au Rwanda, en mars 2013, pour demander son transfert à la CPI.

Du génocide des Tutsi au Rwanda (1994) à la dernière rébellion du Mouvement du 23-Mars (M23) dans l'est de la RDC, cet aventurier opportuniste aura été de toutes les guerres qui ont déchiré la région, entraînant des violences inouïes sur les civils.

Grand, de corpulence moyenne, teint clair, Bosco Ntaganda est réputé, partout où il est passé, pour avoir la "gâchette facile". Il a été surnommé "Terminator", "Maréchal" ou encore "Tango Roméo".

Les avocats des 2 149 victimes reconnues dans le cadre des procédures auront également la parole : "Nos clients avaient entre 7 ans et demi et 15 ans quand ils ont été enrôlés, a affirmé l'une des avocates, Sarah Pellet. Leur reconstruction passe par la reconnaissance des crimes qu'ils ont subis."

Les déclarations liminaires seront diffusées dans les communautés affectées, et des résumés seront retransmis sur les radios communautaires, a par ailleurs indiqué le greffier de la Cour.

Le procès de Bosco Ntaganda est le quatrième procès "congolais" de la CPI, qui avait fait des violences en RDC sa première enquête en 2004. "Nous continuons à enquêter", a prévenu Fatou Bensouda.

Avec AFP

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