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Élections locales : percée du parti islamiste marocain PJD

Dépouillement des urnes dans un bureau de vote de Rabat, le 4 septembre.
Dépouillement des urnes dans un bureau de vote de Rabat, le 4 septembre. Fadel Senna, AFP

Lors des élections locales marocaines, le PJD, parti islamiste du Premier ministre, a réalisé une percée, remportant les régionales et talonnant aux communales les libéraux du parti Authenticité et modernité (PAM) et les conservateurs de l'Istiqlal.

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Le parti Justice et développement (PJD) a su tirer son épingle du jeu lors des élections locales au Maroc, vendredi. Selon des résultats fournis samedi 5 septembre par le ministère de l'Intérieur, la formation islamiste dirigée par le Premier ministre Abdelilah Benkirane a remporté les régionales et réalisé le troisième score aux communales, derrière ses rivaux libéraux du parti Authenticité et modernité (PAM) et le parti conservateur Istiqlal.

Après le dépouillement de la totalité des bulletins de ce double scrutin, le PJD a remporté 174 sièges sur 678 dans les conseils régionaux (25,6 %), suivi du PAM avec 132 sièges (19,4 %) et de l'Istiqlal avec 119 sièges (17,5 %). Pour cette première élection au suffrage universel direct des conseillers régionaux, le PJD est arrivé en tête dans cinq des douze régions du pays, dont celles de Casablanca, de Rabat et de Fès, parmi les plus peuplées.

Au niveau des communes, où 31 503 sièges étaient à pourvoir, le PAM est en revanche arrivé en tête avec 21,1 % (6 655 sièges), suivi de l'Istiqlal avec 16,2 % (5 106 sièges). Le PJD est lui arrivé en troisième position (15,9 %, 5 021 élus).

Le PJD triple son score de 2009

Le ministère de l'Intérieur a ajouté que le taux de participation pour ce scrutin s'élevait à 53,6 %, soit un score en très légère progression par rapport aux précédentes élections communales et régionales, en 2009 (52,4 %).

Le PJD ressort comme le grand gagnant de ce scrutin local, puisqu'il fait plus que tripler son score de 2009 (5,4 %, 6e place), et endosse de fait le rôle de favori des prochaines législatives, dans un an. Ces scrutins donnent un aperçu du climat politique dans le royaume, quatre ans après le mouvement de contestation populaire né dans le contexte du Printemps arabe, qui avait amené le roi Mohammed VI à faire adopter une nouvelle Constitution.

"Ces résultats confirment la confiance du peuple marocain dans le travail gouvernemental", a déclaré à l'AFP Abdelali Hamieddine, un haut dirigeant du parti islamiste, après la publication de résultats partiels qui montraient déjà une percée du PJD. "Nous avons réalisé les résultats que nous attendions", a-t-il ajouté. "Notre but était d'obtenir un résultat politiquement significatif et c'est ce que nous avons fait."

Au siège du PJD à Rabat, des dizaines de cadres et employés du parti célébraient les premiers résultats comme une victoire, dans une ambiance enthousiaste, a constaté un journaliste de l'AFP. Le Premier ministre Abdelilah Benkirane y a fait une courte apparition publique.

La qualité de la campagne du PJD explique ce succès électoral, rapporte Sara Doublier, correspondante de France 24 au Maroc. Au pouvoir depuis les législatives de 2011, le parti "a fait de l'exercice du pouvoir un gage de crédibilité", analyse-t-elle. Il a aussi su opposer des valeurs de morale et de transparence à la vieille garde politique, taxée de clientélisme et de corruption.

Maroc : le PJD fait une percée aux élections locales

"Dysfonctionnements" et "incidents isolés"

Des leaders politiques, notamment dans l'opposition, ont cependant pointé dès vendredi soir certains "dysfonctionnements" durant le vote. Le PAM a affirmé dans un communiqué avoir déposé plusieurs plaintes pour un "nombre important de graves irrégularités", alors que le PI a appelé les autorités à ouvrir une enquête sur de "nombreuses violations", selon l'agence officielle MAP.

D'après le site de l'hebdomadaire "Tel Quel", le PAM a notamment porté plainte contre trois ministres candidats du PJD.

Environ 4 000 observateurs, dont 125 internationaux selon le ministère de l'Intérieur, avaient été déployés pour vérifier le déroulement de ces élections, présentées comme une étape majeure du processus de "régionalisation avancée", contenue dans la nouvelle Constitution.

Le ministre de l'Intérieur Mohamed Hassad a concédé que quelques "incidents isolés" avaient eu lieu mais a estimé que le scrutin s'était déroulé globalement dans des conditions "normales".

Avec AFP

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