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L’ex-président tchadien Hissène Habré amené de force à la reprise de son procès

Hissène Habré, le 20 juillet 2015, lors de sa première comparution devant les Chambres africaines extraordinaires à Dakar.
Hissène Habré, le 20 juillet 2015, lors de sa première comparution devant les Chambres africaines extraordinaires à Dakar. Seyllou, AFP

Jugé pour crime contre l'humanité devant un tribunal spécial africain à Dakar, l'ancien dictateur tchadien a pour la seconde fois refusé de se rendre à la barre de son procès, qui a repris ce lundi après 45 jours d'interruption.

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Bis repetita à Dakar. Pour la seconde fois, l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré a refusé, lundi 7 septembre, de se présenter à la barre lors de la reprise de son procès pour crimes contre l'humanité devant un tribunal spécial africain sis dans la capitale sénégalaise.

L'audience a rapidement été suspendue par le président de la Cour, le Burkinabè Gberdao Gustave Kam, pour faire comparaître de force l'accusé qui se trouvait au dépôt du tribunal. "L'accusé ne veut pas venir à la salle d'audience", avait annoncé le procureur Mbacké Fall à l'ouverture de l'audience, demandant au tribunal d'"user des prérogatives du Code de procédure pénale pour faire comparaître l'accusé".

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Comme au premier jour du procès le 20 juillet, un huissier a donc été envoyé au dépôt du tribunal pour sommer l’accusé "à comparaître immédiatement". "Hissène Habré a été conduit de force dans la salle d’audience, rapporte Sarah Sakho, correspondante de France 24 à Dakar. Il est apparu enturbanné, tout vêtu de blanc, porté par des membres des forces de sécurité qui l’ont amené jusqu’à son fauteuil et l’y ont maintenu assis. Lorsqu’il est apparu dans la salle, des soutiens - une dizaine d’hommes - se sont levés en signe de protestation et crié des slogans. Ces derniers ont été expulsés de manière musclée par des gendarmes."

"Organisme hors-la-loi"

Ce procès devant les Chambres africaines extraordinaires (CAE), tribunal spécial créé en vertu d'un accord entre le Sénégal et l'Union africaine (UA), a été ajourné de 45 jours dès le lendemain de son ouverture afin de permettre aux avocats commis d'office pour la défense de prendre connaissance du dossier.

De la prise de pouvoir à N'Djamena à la détention au Dakar

L'ex-chef de l'État refuse de se défendre devant ce tribunal qu'il récuse et rejette tout contact avec ses trois avocats commis d'office. "Après que l’audience a commencé, le juge lui a expliqué que, consentant ou non, il devait être jugé par cette Cour, affirme Sarah Sakho. Hissène Habré l’a interrompu en qualifiant la Cour d’’organisme illégale’, d’’organisme hors la loi’. Il a même scandé : ‘à bas le colonialisme !’, comme il l’avait fait à l’ouverture du procès il y a 45 jours. L’audience s’est ensuite poursuivie normalement."

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En détention depuis deux ans au Sénégal, où il a trouvé refuge en décembre 1990 après avoir été renversé par l'actuel président tchadien Idriss Déby Itno, Hissène Habré est poursuivi pour "crimes contre l'humanité, crimes de guerre et crimes de torture". Il encourt entre 30 ans de prison ferme et les travaux forcés à perpétuité.

La répression sous son régime (1982-1990), exercée en particulier par la très redoutée Direction de la documentation et de la sécurité (DDS), sa police politique, a fait 40 000 morts, selon les estimations d'une commission d'enquête tchadienne.

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