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Un membre de l'opposition burundaise assassiné à Bujumbura

Patrouille de police dans les rues de Bujumbura, capitale du Burundi, en mai 2015.
Patrouille de police dans les rues de Bujumbura, capitale du Burundi, en mai 2015. Carl de Souza, AFP

Le porte-parole d'un parti de l'opposition burundaise a été tué lundi soir à Bujumbura, au Burundi. Plusieurs personnalités ont connu le même sort depuis la réélection très contestée du président Pierre Nkurunziza, en juillet dernier.

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Le porte-parole d'un petit parti de l'opposition burundaise, dont le président avait été tué en mai au plus fort des manifestations contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, a été abattu lundi 7 septembre à Bujumbura, au Burundi. Patrice Gahungu a été découvert mort dans sa voiture par des passants qui disent avoir été alertés par des coups de feu. Selon la police, il a été tué près de son domicile.

Patrice Gahungu, porte-parole de l'Union pour la paix et la démocratie (UPD), "a été assassiné par balles par des personnes non identifiées alors qu'il arrivait devant sa maison dans le quartier de Gihosha à 23h30", a expliqué à l'AFP le général Godefroid Bizimana, joint par téléphone à Bujumbura. "Une enquête a été ouverte pour retrouver les assassins du porte-parole de l'UPD", a-t-il poursuivi, expliquant que ce crime avait été commis en l'absence de témoins.

Assassinat politique ?

Proches et collaborateurs de Patrice Gahungu invoquent déjà un assassinat politique alors que le Burundi est plongé depuis plusieurs mois dans une grave crise politique et sociale, émaillée de violences meurtrières. L'annonce, fin avril, de la candidature du chef de l'État à un troisième mandat a donné lieu à de vastes manifestations qui ont fait plusieurs dizaines de morts.

"Il s'agit d'un assassinat politique parce qu'il n'avait de problèmes avec personne", a assuré à Reuters son épouse Clémence Nsaniyimbona. "Dans ce pays, quand vous vous opposez ouvertement au parti au pouvoir et au gouvernement, vous devenez automatiquement un ennemi à abattre", a-t-elle ajouté.

"C'est clair qu'il y a la main du pouvoir de Pierre Nkurunziza car ce crime odieux s'inscrit dans une suite d'assassinats visant tous ceux qui ont osé dire que son troisième mandat est illégal", a abondé Chauvineau Mugwengezo, président d'honneur de l'UPD, qui s'est exilé "après avoir échappé à plusieurs tentatives d'assassinat".

Mais une source policière assure que le porte-parole de l'UPD pourrait avoir été assassiné par l'opposition car "il avait félicité publiquement dernièrement le président Nkurunziza pour sa réélection, ce qui lui avait attiré les foudres de son camp".

Une série d’assassinats

Malgré les manifestations contre la volonté du président Nkurunziza de briguer un troisième mandat, la Cour constitutionnelle lui a donné gain de cause et, réélu le 21 juillet, il a été investi le 20 août. Depuis, les violences se sont poursuivies.

Le général Adolphe Nshimirimana, responsable de la sécurité du président, ainsi que trois de ses gardes du corps ont été assassinés à Bujumbura, en août. Par ailleurs, la population a découvert, mardi matin, quatre cadavres de personnes assassinées par balles dans le quartier de Cibitoke, haut lieu de la contestation dans le nord-ouest de la capitale burundaise. Deux parmi eux ont été identifiés comme des manifestants arrêtés dernièrement par la police dans un autre quartier contestataire du sud de Bujumbura, Musaga, ce que dément le porte-parole de la police.

Avec AFP et Reuters
 

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