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Migrants : réunion de crise à Prague, les Européens mettent à plat leurs divergences

Un enfant attend de pouvoir monter dans un bus, en Autriche, près de la frontière hongroise, le 10 septembre 2015
Un enfant attend de pouvoir monter dans un bus, en Autriche, près de la frontière hongroise, le 10 septembre 2015 Joe Klamar, AFP

Alors que le flux de migrants ne cesse de grossir aux portes de l'Europe, plusieurs pays de l'Est marquent leur hostilité face à la politique d'accueil réclamée par l'UE. Une nouvelle réunion de crise s'est tenue ce vendredi, à Prague.

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"De l’audace et de l’humanité". Cet appel lancé mercredi 9 septembre par Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, ne semble pas avoir été entendu par bon nombre pays de l’Europe de l’est submergés par l’arrivée des migrants. Depuis plusieurs mois, l’UE et l’Allemagne se heurtent au refus de la Hongrie, ou encore de la Pologne, de participer à l’effort collectif consistant à accueillir des réfugiés sur leur sol. Cette mésentente européenne a été au cœur d'une réunion vendredi à Prague.

La rencontre s'est tenue entre les chefs de la diplomatie des pays du groupe de Visegrad (Pologne, République Tchèque, Slovaquie et Hongrie) et leurs homologues allemand et luxembourgeois, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE. Une fois encore, le Visegrad a réitéré sa position ferme. Il refuse les quotas de migrants que veut lui imposer l'UE. Les pays qui doivent accueillir les réfugiés "doivent avoir le contrôle sur le nombre de réfugiés qu'ils sont prêts à accepter et ensuite leur offrir (leur) soutien", a déclaré Lubomir Zaoralek, le chef de la diplomatie tchèque.

>> À lire sur France 24 : "Réfugiés en France : la difficile question de l’hébergement"

De son côté, le président roumain Klaus Iohannis s'était déjà publiquement opposé au système de quotas proposé par Jean-Claude Juncker pour répartir dès la semaine prochaine 160 000 réfugiés déjà présents sur le sol européen. "Nous ne considérons pas que c'est une solution ou que c'est opportun de parler de quotas obligatoires, calculés de manière très bureaucratique", a-t-il prévenu.

Après la Hongrie, un mur de barbelés en Macédoine ?

L’Autriche, de son côté, a dû suspendre sine die ses liaisons ferroviaires avec la Hongrie en raison de la "congestion massive" de son réseau face à l'afflux de migrants désireux de se rendre en Allemagne. Le Danemark a également manifesté son désaccord, en bloquant des trains dans lesquels se trouvaient des migrants en transit vers la Suède... où les réfugiés sont en revanche les bienvenus.

>> À lire sur France 24 : Réponse aux Français qui ne veulent pas des réfugiés syriens

La Hongrie, souvent le premier pays de l’espace Schengen sur la route des migrants, déploie quant à elle une politique très hostile à l’égard de ces derniers. Budapest, qui s'apprête à déployer l'armée pour fermer hermétiquement sa frontière avec la Serbie, pousse les candidats à l'exil à accélérer leur marche à travers les Balkans de peur qu'il ne soit bientôt trop tard. Des prisonniers hongrois ont été réquisitionnés pour achever au plus vite la construction d'une clôture de barbelés entre la Serbie et la Hongrie destinée à endiguer le flux que le gouvernement veut stopper net le 15 septembre, jour de l'entrée en vigueur d'une nouvelle législation anti-migrants.

À compter de cette date, la Serbie frontalière va être confrontée à "de nombreux problèmes", a affirmé jeudi le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic. "Après le 15 septembre, les réfugiés qui séjournaient en Serbie entre deux et trois jours y resteront plus longtemps, entre cinq et dix jours et nous devons être prêts pour cette nouvelle réalité", a-t-il dit en invitant ses concitoyens à faire preuve de "solidarité et de tolérance" envers les réfugiés.

Quant à la Macédoine, elle envisage de suivre l'exemple de la Hongrie et pense ériger une clôture à sa frontière. "Nous aussi allons avoir besoin d'une barrière physique pour limiter les franchissements illégaux de la frontière [...] Soit des soldats, soit une clôture, soit une combinaison des deux", a déclaré le chef de la diplomatie macédonienne, Nikola Poposki.

À tout moment, dans tous ces pays, la situation risque de dégénérer entre forces de l’ordre et migrants épuisés et irascibles.

"Une goutte d'eau dans la mer"

L'Irlande a, elle, exprimé sa solidarité en acceptant de recevoir 2 900 réfugiés, alors qu'elle dispose d'une clause d'exemption sur ce dossier.

Les députés européens ont approuvé, quant à eux, à une large majorité les mesures d'urgence proposées la veille par Jean-Claude Juncker et dénoncé dans une résolution un "manque de solidarité regrettable des gouvernements envers les demandeurs d'asile".

L'Allemagne a annoncé avoir enregistré 450 000 nouveaux réfugiés depuis le début de l'année, dont 37 000 pour la seule première semaine de septembre. La France s'engage, elle, à accueillir 24 000 migrants sur deux ans.

>> À lire sur France 24 : "Angela Merkel, l'héroïne des réfugiés syriens sur le chemin de l'Europe"

"Cela montre franchement que la répartition de 160 000 réfugiés en Europe n'est qu'un premier pas si l'on veut rester cordial. On peut aussi dire une goutte d'eau dans la mer", a insisté le vice-chancelier Sigmar Gabriel.

Hors du continent européen, Barack Obama souhaite que les États-Unis, montrés du doigt pour leur manque de réactivité face à la crise migratoire déclenchée par le conflit en Syrie, se préparent à accueillir 10 000 réfugiés syriens pendant l'année à venir.

Avec AFP
 

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