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SANTÉ

L’Afrique, principale victime du trafic de faux médicaments

La fondation Chirac lance, en partenariat avec RFI et France 24, la campagne de sensibilisation contre le trafic de faux médicaments.
La fondation Chirac lance, en partenariat avec RFI et France 24, la campagne de sensibilisation contre le trafic de faux médicaments. Fondation Chirac
5 mn

Selon l’OMS, environ 10 % des médicaments en circulation dans le monde sont des faux, tuant directement ou indirectement 800 000 personnes par an. RFI et France 24 s’associent à la campagne de sensibilisation "#LeMedicamentDeLaRueTue".

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Les faux médicaments sont un fléau qui tue plus de 800 000 personnes par an à travers le continent africain. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 1 % des médicaments qui circulent dans les pays développés sont des contrefaçons, mais ce ratio peut atteindre 10 à 15 % dans les pays émergents et 30 % dans les pays en développement. 

Pour sensibiliser le public, une vaste campagne internationale a été lancée sur les médias et les réseaux sociaux sous le hastag "#LeMedicamentDeLaRueTue", à l’initiative de la Fondation Chirac, et en partenariat avec RFI et France 24. La campagne s’adresse "au grand public, tout particulièrement africain", note la fondation. Car si tous les pays sont touchés par le phénomène, les pays africains sont en première ligne : selon l’OMS, 30 % à 70 % des médicaments qui se vendent en Afrique sont contrefaits.

Clip du chanteur congolais Fally Ipupa pour la campagne "#LeMedicamentDeLaRueTue"

Les médicaments vitaux, premières cibles du trafic

Le trafic est d’autant plus dangereux qu’il cible en Afrique plus particulièrement des médicaments vitaux. "Des médicaments essentiels sont concernés : les antibiotiques, mais aussi les médicaments pour traiter le paludisme, la tuberculose ou le sida", explique Bernard Leroy, directeur de l’Institut de recherche anti-contrefaçon de médicaments (Iracm) à France 24. "En France, il s’agit plus de médicaments contre le trouble érectile, les amaigrissants ou les anabolisants", compare-t-il.

Des malades se retrouvent ainsi à consommer des produits falsifiés – à savoir, des médicaments sans principe actif ou sous-dosés, ou qui contiennent des substances toxiques. Des poussières de peinture, de l’antigel, de la mort au rat ou du mercure ont ainsi été retrouvés dans des médicaments de contrefaçon. "On a déjà donné du glycol – du produit pour les batteries de voiture – pour traiter les dents qui percent chez les bébés", témoigne Bernard Leroy.

Les risques pour la santé sont nombreux. L’ingestion de ces produits peut provoquer des pathologies, des handicaps, voire la mort mais également "de fortes résistances puisque il y a un faible dosage en principe actif. Et pendant ce temps, les malades ne prennent pas le traitement dont ils ont besoin et la maladie poursuit son cours", ajoute M. Leroy. En 2013, plus de 122 000 enfants sont morts du paludisme en Afrique de l’Ouest faute d’avoir pris un traitement adéquat.

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L'INVITE DU JOUR : Bernard Leroy

Un business plus lucratif que la drogue

Si onze chefs d’État d’Afrique de l’Ouest ont lancé en 2009 "l’appel de Cotonou" pour lutter contre ce trafic, les médicaments contrefaits continuent de circuler sur le continent, ravitaillé par des conteneurs en provenance de Chine principalement. Les prix souvent trop élevés des médicaments et les ruptures de stocks récurrentes dans les points de vente officiels contraignent les patients à se tourner vers les marchés parallèles qui fleurissent sur Internet ou dans la rue.

Ce marché lucratif rapporterait, selon la Fondation Chirac, quelque 200 milliards d’euros par an, pour un rendement 20 à 45 fois supérieur à celui du trafic de drogue. Difficile alors d’endiguer ce fléau qui pullule notamment dans les rues de Lomé, capitale du Togo. Si la dernière opération d’envergure a permis de saisir cette année 9 tonnes de marchandise illégale, les revendeurs de rue ne souffrent ni de rupture d’approvisionnement, ni du manque de clients. Sur le marché d’Akodessewa, surnommé la "deuxième pharmacie de Lomé", les produits coûtent jusqu’à trois fois moins chers que dans les pharmacies officielles.

"On nous interdit de vendre des médicaments dans la rue, mais les pharmaciens eux mêmes viennent les acheter chez nous", raconte une vendeuse à France 24. Les faux médicaments se retrouvent ainsi jusque dans les cabinets médicaux privés, qui se multiplient dans les quartiers pauvres et échappent à tout contrôle.

 

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