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Congo-Brazzaville : le président annonce un référendum pour une nouvelle Constitution

Le président Denis Sassou Nguesso lors d'un déplacement au Nigeria, le 29 mai à Abuja.
Le président Denis Sassou Nguesso lors d'un déplacement au Nigeria, le 29 mai à Abuja. Pius Utomi Ekpei, AFP

Le président congolais Denis Sassou-Nguesso a annoncé mardi la tenue d'un référendum sur une révision de la Constitution en vue de briguer un troisième mandat lors des élections présidentielles de 2016. L'opposition appelle la population à résister.

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Le président Denis Sassou Nguesso, à la tête du pays depuis plus de 30 ans, ne compte pas quitter le pouvoir de sitôt. Le chef d’État âgé de 72 ans, et frappé par la limite d'âge et l'interdiction - inscrite dans la Constitution de 2002 - d'exercer plus de deux mandats présidentiels, a annoncé mardi 22 septembre vouloir soumettre à référendum une nouvelle Constitution susceptible de lui permettre de briguer un nouveau mandat présidentiel en 2016.

Sans donner de dates précises, il a annoncé la mise en place d'une commission chargée d'adopter un "projet de Constitution" et la convocation d'un "scrutin référendaire" dans un avenir "proche".

"J'ai décidé de donner la parole directement au peuple afin qu'il se prononce sur le projet de loi énonçant les principes fondamentaux de la République [...] et fixant les nouvelles formes d'organisation et les nouvelles règles de fonctionnement de l'État", a déclaré le président dans un message diffusé sur la radio et la télévision publiques.

"Un chaos et une grave crise"

Des déclarations qui n’ont pas tardé à faire réagir l'opposition. Cette "démarche [...] plonge le pays dans un chaos et dans une grave crise", a affirmé à l'AFP Clément Miérassa, dirigeant d'un parti d'opposition membre du Front républicain pour le respect de l'ordre constitutionnel et l'alternance démocratique (FROCAD). "Nous avons toujours crié haut et fort : non au référendum, non au changement de la Constitution et non au troisième mandat du président Sassou Nguesso", a poursuivi l’opposant.

"Nous restons dans cette logique. Nous allons demander à la population de résister, pacifiquement et par les moyens que nous offre la Constitution en vigueur, contre ce coup d'État constitutionnel", a-t-il encore assuré.

Denis Sassou Nguesso cumule plus de 30 ans de pouvoir à la tête du pays. Il a dirigé le Congo à l'époque du parti unique, de 1979 jusqu'aux élections pluralistes de 1992, qu'il a perdues. Revenu au pouvoir en 1997 à l'issue d'une violente guerre civile, il a été élu président en 2002 et réélu en 2009.

Burundi et Burkina

La question de la révision des lois fondamentales est au cœur du débat politique dans plusieurs pays d'Afrique centrale dont les dirigeants font face à plus ou moins brève échéance à l'obligation de céder la place.

Dans ces pays, certains opposants veulent voir dans la chute du président burkinabè Blaise Compaoré - chassé du pouvoir par le peuple à Ouagadougou en octobre pour avoir tenté une modification constitutionnelle qui lui aurait permis de briguer un nouveau mandat - l'annonce de difficultés pour les chefs d'États qui chercheraient à s'accrocher au pouvoir.

Le récent putsch au Burkina Faso et la violence qui s'intensifie au Burundi après le passage en force du président Pierre Nkurunziza, reconduit dans ses fonctions en juillet à l'issue d'une élection jugée invalide par la majorité de la communauté internationale, leur rappellent cependant qu'il y a loin de la coupe aux lèvres.

Avec AFP

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