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ÉTATS-UNIS

Les dessous de la photo qui réunit Xi Jinping et l’élite de la planète tech

Le président chinois Xi Jinping avec la crème des entrepreneurs chinois et américains du Net... ou presque
Le président chinois Xi Jinping avec la crème des entrepreneurs chinois et américains du Net... ou presque AFP

Les entrepreneurs emblématiques du Net ont posé, mercredi à Seattle, avec le président chinois Xi Jinping. La tenue des uns et l’absence de quelques autres en disent long sur les relations entre Pékin et les géants de l’Internet.

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C’est une photo sur laquelle, paradoxalement, brillent les absents. Ou les absentes, pour commencer. Le cliché de la “famille” tech chinoise et américaine rassemblée autour du président chinois Xi Jinping lors de son déplacement à Seattle, le mercredi 23 septembre, ne compte que deux femmes : la PDG d’IBM, Gina Rometti, et celle du constructeur de semi-conducteur AMD, Lisa Su.

Cette quasi-absence en dit long sur la sous-représentation féminine à la Silicon Valley, tout comme dans le monde tech chinois. Mais ce n’est que l’un des aspects de ce cliché pris au siège de Microsoft, intéressant à plus d’un titre.

Zuckerberg sur son 31

Ils ont tous voulu être de la fête. Tim Cook, le PDG d’Apple, a fait le déplacement jusque dans l’antre de son ennemi historique pour être sur la photo. Jeff Bezos (Amazon), Satya Nadella (Microsoft), Reid Hoffman (LinkedIn), Brian Chesky (Airbnb) ou encore Jerry Yang (co-fondateur de Yahoo) sont également venus écouter le leader chinois assurer que son pays en ferait davantage pour protéger les droits d’auteur et attirer les investissements étrangers .

Mark Zuckerberg arbore aussi son plus beau sourire… ainsi qu’un costume. C’est suffisamment rare pour être noté : le fondateur de Facebook, habitué aux jeans et pulls légers en toute occasion, ne s’est laissé photographier en costume-cravate que deux ou trois fois (à Deauville pour le G8 de 2011 ou lors de sa visite à la Maison Blanche en 2012). Il ne s’était même pas mis sur son 31 pour accueillir Barack Obama au siège de Facebook en avril 2011. Mark Zuckerberg s’était alors contenté de porter une cravate avec son jean et ses baskets. Mais discuter avec Xi Jinping des énergies renouvelables (version officielle) et probablement un peu de la censure de Facebook par les autorités chinoises mérite bien une entorse à son style vestimentaire décontracté.

Google, Uber et Twitter boudés ?

Mais parmi l’élite de la technosphère américaine, certains manquent singulièrement à l’appel. Le PDG de Google Larry Page, celui d’Uber Travis Kalanick et Jack Dorsey, le patron (par intérim) de Twitter, ne figurent pas sur le cliché. Le premier est à la tête d’une entreprise qui s’était retirée avec perte et fracas de Chine après l’affaire du piratage de Gmail en 2010. Google essaie de remettre un pied numérique dans cet immense marché, mais l’absence de Larry Page sur la photo démontre que “le retour ne sera pas facile”, souligne le site américain Quartz.

La présence de Jack Dorsey aurait été plus étonnante, en fait, que son absence. Twitter est censuré en Chine depuis 2009 et n’a jamais déployé les mêmes efforts que Mark Zuckerberg (qui s’est mis au mandarin pour montrer sa sinophilie). La faute à Weibo essentiellement. Ce service est l’équivalent de Twitter en Chine et s’est largement imposé auprès de la population même si le contenu qui y est publié est étroitement surveillé par les autorités. Le site de microblogging américain n’a donc pas d’immenses perspectives de croissance en Chine.

Quant à Travis Kalanick, il ne manquait pas à l’appel, malgré les apparences. Le patron d’Uber était présent à Seattle, mais a opportunément choisi d'aller répondre à des questions de médias chinois au moment où la photo a été prise. Le PDG d'Uber s’est lancé à la conquête de la Chine depuis deux ans et son service de VTC a même levé 1,2 milliard de dollars auprès d’investisseurs uniquement à cette fin, début septembre.

Mais ce faisant, Uber fait de l’ombre à Didi Kuaidi, le champion chinois des VTC… dont le PDG, Cheng Wei,  figure sur la photo de Seattle. La concurrence acharnée entre les deux services est telle que les faire apparaître sur un même cliché officiel aurait relevé du miracle. Le fait que le gouvernement chinois ait un intérêt financier direct dans Didi Kuaidi a sûrement dû peser dans la balance lorsqu’il a fallu de décider qui de Cheng Wei ou Travis Kalanick aurait le privilège d'être immortalisé aux côtés du président Xi Jinping.

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