AFGHANISTAN

Les Taliban s'emparent de Kunduz, ville stratégique du nord afghan

Forces afghanes qui patrouillent dans Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan, le 30 avril 2015.
Forces afghanes qui patrouillent dans Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan, le 30 avril 2015. Shah Marai, AFP
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Les Taliban se sont emparés lundi de Kunduz, ville stratégique du nord de l'Afghanistan. Un succès retentissant pour les Taliban, 14 ans après avoir été renversés par les Occidentaux.

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C'est une victoire autant stratégique que symbolique pour les Taliban. Chassés du pouvoir en 2001 par les Occidentaux, ils viennent de reprendre Kunduz, grande ville stratégique du nord de l'Afghanistan. Dans la matinée, la police locale assurait pourtant être en mesure de défendre la ville, située à moins de 100 km de la frontière avec le Tadjikistan et capitale d'une province où la rébellion a progressé ces dernières années.

Un journaliste local, contacté par France 24, assure que l'armée afghane a fui et laissé les Taliban occuper les bâtiments officiels de la ville sans résister.

Zabihullah Mujahid, porte-parole taliban, s'est félicité de la prise de la ville et a invité les habitants de Kunduz à rester chez eux. "Les moudjahidine s’efforcent d’épargner les civils. Les habitants doivent être sûrs que nous ne leur causerons aucun problème", dit-il.

D'après le journaliste local contacté par France 24, "les Taliban semblent ne traquer que les policiers, les soldats, ou les gens ayant des liens avec des organisation internationales". Il indique aussi que la ville est déserte et que les magasins sont fermés.

Ashraf Ghani en difficulté

Chassés du pouvoir en 2001, les Taliban avaient déjà tenté de prendre Kunduz en avril dernier. La perte de la ville constitue un grave revers pour le président afghan Ashraf Ghani qui avait promis, lors de son élection en 2014, de ramener la paix dans son pays, déchiré par plus de 30 ans de conflits, dont près de 14 avec les Taliban, chassés du pouvoir par les Occidentaux à la fin 2001.

Malgré un grave conflit interne sur la succession de leur figure tutélaire, le mollah Omar, les Taliban continuent de commettre régulièrement des attentats et d'affronter l'armée et la police dans une bonne partie du pays. Kaboul avait pourtant entamé des pourparlers de paix avec les rebelles mais ils ont été reportés sine die après l'annonce de la mort du mollah Omar, qui serait décédé début 2013.

L'armée afghane, surmenée, ne peut guère plus compter sur l'appui des troupes étrangères de l'Otan, qui a retiré ses troupes de combats du pays en décembre dernier et n'y maintient plus que 13 000 soldats cantonnés à des missions de conseil et de formation.

L’EI en embuscade

L'Afghanistan connaît une insécurité croissante depuis le retrait des forces étrangères, à la fin de l'année dernière. Parallèlement à l’attaque de Kunduz, d’autres insurgés, liés à l'organisation de l'État islamique, commencent à défier eux aussi les troupes gouvernementales dans le pays.

>> À lire sur France : L’Afghanistan, une terre de jihad qui résiste à l’EI

Jusqu'ici, l'EI s'attachait à combattre les Taliban, mais cette offensive d'un nouveau genre marque une étape de plus dans les efforts des insurgés pour s'implanter dans la "province du Khorasan", une zone qui engloberait l'Afghanistan et des pays limitrophes dans le cadre du "califat mondial" que l'EI compte créer.

L'émergence de l'EI inquiète l'ONU qui, dans un rapport écrit en juin et publié vendredi, a noté une "expansion virale de la marque État islamique" en Afghanistan.

Avec AFP et Reuters

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