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AFGHANISTAN

Malgré la contre-offensive de l'armée, les Taliban gardent le contrôle de Kunduz

Des forces de sécurité afghanes en poste aux environs de l'aéroport de Kunduz, le 29 septembre 2015.
Des forces de sécurité afghanes en poste aux environs de l'aéroport de Kunduz, le 29 septembre 2015. Nasir Waqif, AFP
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Malgré la contre-offensive de l'armée afghane menée mardi avec le soutien américain pour reprendre le contrôle de Kunduz, la ville du nord afghan demeure aux mains des Taliban, qui appellent la population à reprendre une "vie normale".

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Malgré un soutien aérien américain, l'armée afghane patinait mercredi matin à Kunduz face aux Taliban. Les rebelles ont réussi à s'approcher de l'aéroport de cette grande ville du nord de l'Afghanistan dont les insurgés se sont emparés lundi à la faveur d'un assaut éclair. En quelques heures, ils ont débordé facilement les 5 000 à 7 000 soldats afghans.

Après deux jours de combats qui ont fait 16 morts selon le ministère afghan de la Santé – qui ne précise pas s’il s’agit de militaires ou de civils, Kunduz restait en très grande partie sous le contrôle des Taliban. Les insurgés circulaient mercredi dans la ville à bord de véhicules de police volés et de camionnettes de la Croix-Rouge, incitant les habitants de la ville à reprendre une "vie normale".

Dans une vidéo diffusée sur Facebook, ils hissent le drapeau blanc de leur mouvement dans le centre-ville et disent vouloir appliquer leur version ultra-rigoriste la charia - la loi islamique -, signe qu'ils comptent s'installer durablement.

Une contre-offensive en demi-teinte

L’armée afghane a lancé une contre-offensive, mardi, depuis l’aéroport situé à moins de 10 km du centre-ville. Elle a repris le quartier général de la police et la prison, vidée lundi de ses détenus par les insurgés, a assuré le ministère afghan de la Défense. Sur les 600 prisonniers libérés, "110 étaient des Taliban", a indiqué Rahmatullah Nabil, le chef du renseignement afghan.

Les États-Unis ont fourni un soutien aérien aux forces gouvernementales en menant un raid mardi destiné à "éliminer une menace", selon la mission de l'Otan. Selon les services de renseignement afghans, les frappes aériennes près de l'aéroport ont tué Mawlawi Salam, le responsable des Taliban pour la province de Kunduz, son adjoint et quinze autres combattants.

Mais dans la nuit, les Taliban ont réussi à progresser et les environs de l'aéroport ont été le théâtre d'âpres combats. "Les Taliban ont posé des mines et des engins piégés tout autour de Kunduz. Cela ralentit les convois de l'armée afghane qui se dirigent vers la ville", a déclaré un haut responsable gouvernemental à l'AFP.

Une victoire personnelle pour le mollah Mansour

La prise de Kunduz, nœud commercial stratégique, est une victoire personnelle pour le mollah Mansour, chef des Taliban nommé cet été après l'annonce tardive de la mort du mollah Omar, qui avait abouti au report sine die des premiers pourparlers de paix directs entamés avec Kaboul en juillet.  Akhtar Mansour, qui a salué lundi "une grande victoire", assoit ainsi son autorité qui avait été mise à mal dès le départ par des divisions internes.

>> À lire sur France 24 : "Avec la prise de Kunduz, les Taliban signent un retour fracassant "

"La succession du mollah Omar a été très contestée. Cette victoire représente un capital politique pour le mollah Mansour car c’est la première fois depuis 2001 que les Taliban remportent une grande ville. Et même s’ils en sont chassés dans les jours prochains, le fait qu’ils y soient rentrés aussi facilement restera une victoire pour eux", explique Claire Debuyser, correspondante de France 24 en Afghanistan.

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FR NW GRAB Q2 CLAIRE DEBUYSER KUNDUZ 7H

Pour le président Ashraf Ghani, le coup est rude. Après avoir d’abord assuré mardi à ses compatriotes que "nos forces avancent dans la ville", il a expliqué que la tâche de l'armée dans la ville de Kunduz est très ardue, car "l'ennemi utilise des habitants comme boucliers humains". Un an tout juste après son élection, cette défaite est un désaveu pour le président qui avait été élu sur la promesse de ramener la paix dans son pays déchiré par plus de 30 ans de conflit.

La chute de Kunduz est "bien sûr un revers pour les forces de sécurité afghanes", a souligné mardi le porte-parole du Pentagone, Peter Cook. Mais celles-ci "ont su répondre ces dernières semaines et mois aux défis" des Taliban, et "nous avons confiance dans leur capacité à reprendre Kunduz aux Taliban", a-t-il assuré.

Avec AFP
 

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