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EUROPE

La Russie mène ses premières frappes en Syrie

© EADS' Astrium Press, AFP | Vue satellite d'une base militaire russe, en Syrie.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 30/09/2015

Quelques heures après le feu vert du Sénat russe, les forces militaires de Vladimir Poutine, stationnées en Syrie, ont procédé mercredi à leurs premiers bombardements aériens.

L’engagement russe en Syrie s’accélère. Quelques heures après le feu vert du Sénat russe, Moscou a procédé mercredi 30 septembre à des frappes aériennes en Syrie pour soutenir l'armée du président Bachar al-Assad dans sa lutte contre le jihadisme.

"Les avions russes et syriens ont mené aujourd'hui plusieurs raids contre des positions terroristes à Hama, Homs et Lattaquié", dans le nord-ouest et le centre du pays, a affirmé une source de sécurité syrienne. La même source a confirmé des raids russes sur Rastane et Talbissé. Plus tôt dans la journée, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avait annoncé la mort de 27 civils et de dizaines de blessés dans des raids contre les localités de Rastane, Talbissé et Zafarani dans la province de Homs.

Reste à savoir si les régions visées sont effectivement contrôlées par l'organisation de l'État islamique (EI), comme le prétend l'armée russe, qui affirme par la voix du ministère de la Défense avoir touché huit cibles de l'EI. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a fait part de ses doutes : "Il y a des indications selon lesquelles les frappes russes n'ont pas visé Daech" (autre nom de l'EI), a-t-il déclaré à la presse à New York, ajoutant qu'il "faudrait vérifier quels étaient les objectifs" des avions russes. Le Pentagone, de son côté, a déclaré que les frappes russes ne visaient "probablement" pas l'EI.

 

GUERRE en SYRIE - La Russie a mené ses 1ers bombardements contre l’Etat islamique

Le Kremlin avait annoncé quelques heures plus tôt avoir demandé l'autorisation du Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement, à recourir à un "contingent des forces armées russes" en dehors du territoire national. Cette demande du chef de l'État à la chambre haute est formellement nécessaire pour que Vladimir Poutine, en tant que chef des armées, se lance dans une intervention militaire.

"Il ne s'agit pas de réaliser un quelconque objectif géopolitique"

Selon Sergueï Ivanov, cette initiative est temporaire et s'inscrit dans le cadre du droit international puisque le président syrien a officiellement demandé l'aide de la Russie dans le combat contre les jihadistes de l'EI. "Le président syrien s'est adressé au gouvernement de notre pays pour lui demander de lui fournir une aide militaire", a-t-il déclaré aux journalistes, refusant de préciser quel type d'équipements militaires sera utilisé par la Russie en Syrie.

>> À lire sur France 24 : "L'implication russe en Syrie peut changer la donne, selon Damas"

"Nous parlons bien de la Syrie, mais il ne s'agit pas de réaliser un quelconque objectif géopolitique ou d'assouvir une quelconque ambition, comme nous en accusent régulièrement nos partenaires occidentaux. Il s'agit des intérêts nationaux de la Russie", a-t-il ajouté.

La Russie planche sur la "menace terroriste" à l’ONU

Cette décision intervient alors que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov doit présider plus tard dans la journée une session du Conseil de sécurité de l'ONU sur la lutte "contre la menace terroriste", en premier lieu celle de l'EI en Irak et en Syrie.

Vladimir Poutine avait appelé lundi lors de son premier discours depuis dix ans à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies à la formation d'une "large coalition antiterroriste" contre le groupe État islamique, incluant Damas et Téhéran.

Washington a accusé au cours des dernières semaines Moscou d'avoir solidement renforcé sa présence militaire dans l'ouest de la Syrie, bastion du régime, et d'avoir augmenté ses livraisons d'armes aux forces gouvernementales syriennes.

Avec AFP
 

Première publication : 30/09/2015

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