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En amont de la COP21, l'Inde s'engage à développer les énergies renouvelables

L'usine thermique de Badarpur, à New Delhi.
L'usine thermique de Badarpur, à New Delhi. Money Sharma, AFP

Dans ses engagements en vue de la conférence de Paris sur le climat (COP21), l'Inde, quatrième émetteur mondial de gaz à effet de serre, a promis de développer les énergies renouvelables afin de réduire son "intensité carbone" de 35 % d'ici 2030.

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En vue de la conférence de Paris sur le climat (COP21), qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre, l'Inde s’est engagée, vendredi 2 octobre, à réduire son "intensité carbone", qui mesure les émissions de dioxyde de carbone par point de PIB, de 35 % d'ici 2030 par rapport au niveau de 2005. Quatrième émetteur mondial de gaz à effet de serre, le pays mise sur le développement de ses énergies renouvelables pour atteindre son objectif malgré sa dépendance au charbon.

Le géant asiatique, qui compte une population de 1,25 milliard d'habitants, n'a en revanche pas dévoilé d'objectif chiffré contraignant de réduction d'émissions de gaz à effet de serre. Son voisin chinois s'est par exemple engagé à réduire ces émissions d'ici 2030.

L'Inde compte surtout sur les énergies renouvelables pour faire preuve de sa bonne volonté dans la lutte contre le réchauffement. Ces énergies devront représenter 40 % de son électricité d'ici 2030, selon sa contribution remise à l'ONU dans la nuit de jeudi à vendredi. Pour cela, l'Inde compte sur "des transferts de technologies et à un financement international à bas coût". Cet objectif implique que les capacités de production d'énergie renouvelable de l'Inde vont plus que doubler d'ici 2030 par rapport aux 175 000 mégawatts visés.

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L'Inde compte encore plus de 300 millions d'habitants privés d'électricité et connaît de fréquentes coupures de courant. Elle rappelle aussi que sa consommation d'électricité par personne représente seulement un tiers de la consommation moyenne mondiale par personne. Pour cette raison, New Delhi estime que les efforts doivent surtout venir des pays industrialisés, dont les émissions de gaz à effet de serre par habitant sont bien supérieures à celles de l'Inde.

Cependant, le pays est également très sensible aux effets du réchauffement climatique et le gouvernement souligne dans sa contribution à la COP21 que 85 % de la surface du pays est à risque de catastrophe naturelle, en particulier d'inondations.

Dans ses engagements, l'Inde promet également de renforcer sa couverture forestière d'ici 2030, ce qui permettra de capturer l'équivalent de 2,5 à 3 milliards de tonnes de dioxyde de carbone supplémentaires.

Dépendance durable au charbon

Greenpeace a salué les engagements indiens en matière d'énergies renouvelables qui vont "changer la matrice énergétique en Inde", ces énergies représentant actuellement moins de 12 % de la production totale. Mais l'ONG reste préoccupée par la forte dépendance du pays au charbon.

"L'engagement persistant de l'Inde à vouloir développer sa production d'électricité par le charbon est déroutante. Le développement des centrales au charbon va freiner les perspectives de développement de l'Inde", estime Pujarini Sen, un responsable de Greenpeace en Inde, cité dans un communiqué.

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L'Inde prévoit de doubler sa production de charbon d'ici 2020 à plus d'un milliard de tonnes, afin de satisfaire son économie qui connaît une croissance de 7 %. L'Inde, qui abrite les cinquièmes plus importantes réserves de charbon dans le monde, produit 60 % de son électricité à partir du charbon.

Sandeep Chachra, directeur exécutif d'ActionAid India, a salué la contribution indienne : "L'accent ambitieux mis sur l'efficacité énergétique et la hausse spectaculaire du renouvelable mérite d'être reconnue, mais doit permettre un accès meilleur des pauvres à l'énergie".

L'adaptation de l'Inde au changement climatique va coûter 2 500 milliards de dollars, estime le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi dans ses engagements.

La communauté internationale s'est donné comme objectif de limiter la hausse moyenne du thermomètre mondial à 2 °C par rapport à l'ère pré-industrielle, seuil au-delà duquel les impacts seront graves et irréversibles pour de nombreuses populations.

En visite en janvier à New Delhi, le président américain Barack Obama a mis la pression sur l'Inde, estimant que la bataille contre le réchauffement climatique serait perdue sans les efforts des pays émergents pour réduire leur dépendance aux énergies fossiles.

Avec AFP

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