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Syrie : la polémique enfle autour des frappes russes, Poutine en visite à Paris

Le président russe Vladimir Poutine (à d.), reçu à l'Élysée par son homologue François Hollande, le 2 octobre.
Le président russe Vladimir Poutine (à d.), reçu à l'Élysée par son homologue François Hollande, le 2 octobre. Alain Jocard, AFP

Les Occidentaux accusent la Russie de viser des groupes d'opposants afin de défendre le régime syrien de Bachar al-Assad. Vladimir Poutine est à Paris pour en discuter avec François Hollande, avant un mini sommet sur l'Ukraine.

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La Russie a mené pour la troisième journée consécutive, vendredi 2 octobre, des frappes en Syrie, tandis que militaires russes et américains tentaient de se coordonner pour éviter un incident dans l'espace aérien de ce pays en guerre.

Le président russe Vladimir Poutine, qui a décidé de lancer ces raids aériens mercredi, a été reçu vendredi à Paris par son homologue français François Hollande, avant un mini sommet sur l'Ukraine (voir vidéo ci-dessous) au cours duquel seront inévitablement abordés le conflit syrien et l'entrée en scène militaire de Moscou.

Ukraine : qu'attendre du sommet de Paris ?

La polémique continue d'enfler sur les cibles de l'aviation russe en Syrie, Moscou affirmant viser le groupe jihadiste État islamique (EI), Washington et ses alliés soupçonnant la Russie de voler au secours de son allié Bachar al-Assad sous couvert de combattre le "terrorisme".

La campagne de frappes aériennes russes en Syrie devrait durer "trois à quatre mois" et s'intensifier, a déclaré vendredi le président de la Commission des Affaires étrangères de la Douma, Alexeï Pouchkov. "Il y a toujours un risque d'enlisement, mais à Moscou, on parle de trois à quatre mois d'opérations", a-t-il indiqué à la radio française Europe 1.

Ciel syrien encombré

Déclenché en mars 2011, le conflit syrien, déjà très complexe, a pris un tournant avec l'implication des Russes contre l'EI, qui contrôle la moitié de la Syrie. Une coalition d'une cinquantaine de pays pilotée par les États-Unis et à laquelle la Russie ne participe pas, a effectué depuis un an des milliers de frappes contre l'EI en Syrie et en Irak. Mais sans en venir à bout.

>> À lire sur France 24 : Pourquoi Moscou se moque du monde mais marque des points

De ce fait, le ciel syrien est encombré par les missions de la coalition, les raids de l'aviation syrienne et désormais les Russes, qui ont déployé plus de 50 avions et hélicoptères. Afin justement de se coordonner et d'éviter des incidents entre leurs aviations, Washington et Moscou ont eu jeudi, par vidéo-conférence, une première réunion entre militaires, a indiqué le Pentagone. Rien n'en a filtré jeudi soir et "aucun nouveau rendez-vous" n'a été fixé, selon le ministère américain de la Défense.

"Attaque médiatique"

Les cibles choisies par Moscou en Syrie continuent, en tout cas, de susciter la controverse. La Turquie et les pays participant à la coalition en guerre contre l’EI ont appelé vendredi la Russie à cesser immédiatement ses attaques contre l'opposition syrienne et à se consacrer à la lutte contre les jihadistes opérant en Syrie.

Dans un communiqué commun, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, la Turquie et les alliés arabes du Golfe estiment que l'intervention russe constitue "une nouvelle escalade" dans le conflit de nature à alimenter l'extrémisme. "Nous exprimons notre profonde préoccupation face au déploiement militaire russe en Syrie et en particulier face aux attaques depuis hier de l'armée de l'air russe sur Hama, Homs et Idlib qui ont fait des victimes civiles et n'ont pas visé Daech", affirme le texte.

Vladimir Poutine a estimé jeudi que les affirmations selon lesquelles des civils avaient été tués dans des frappes aériennes russes constituaient une "attaque médiatique". D'après la Défense russe, l'EI a été visé par trois séries de frappes dans la zone d'Idlib (nord-ouest), à Hama et à Homs (centre). Les objectifs : des dépôts d'armes, un camp d'entraînement et des postes de commandement. Mais selon les Américains, les Européens et des rebelles syriens, l'action russe se concentre sur des groupes d'opposants armés qui menacent le régime de Damas, et pas exclusivement sur l'EI.

>> À voir sur France 24 : Frappes aériennes et guerre médiatique

De fait, un groupe soutenu par Washington, Souqour al-Jabal, a affirmé avoir été visé par des missiles russes. D'après une source de sécurité syrienne, les avions russes ont ciblé à Idlib et Hama l'Armée de la conquête, une coalition regroupant le Front Al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda) et des groupes islamistes, et qui combat à la fois Damas et l'EI.

L'EI est absent à Idlib, sa présence est marginale à Hama, et à Homs, il ne se trouve que dans la région désertique et à Palmyre. Selon des analystes, Moscou tente de réduire la pression rebelle sur les territoires tenus par le régime syrien dans l'ouest et le centre du pays, alors qu'il a perdu le contrôle des deux tiers de son territoire.

Pour des experts, l'intervention militaire russe repousse encore l'espoir d'une sortie de crise en Syrie, qui sert de champ de bataille à de multiples belligérants. "Nous avons vu des conflits incroyablement compliqués dans le passé", note Shashank Joshi, chercheur au Royal United Services Institute, "mais les pays impliqués cette fois sont bien plus puissants et les enjeux bien plus importants".

Avec AFP

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