ÉTATS-UNIS

Fusillade dans l'Oregon : un tueur lourdement armé aux motifs flous

Une boutique d'armes à feu de la ville de Roseburg, où a eu lieu la fusillade qui a fait neuf morts le 1er octobre 2015.
Une boutique d'armes à feu de la ville de Roseburg, où a eu lieu la fusillade qui a fait neuf morts le 1er octobre 2015. Cengiz Yar, FR., AFP

La police a découvert de nombreuses armes sur le campus d'Umpqua et chez le tueur qui a abattu neuf personnes dans l'Oregon, à l'ouest des États-Unis jeudi. Les motifs du tireur, décrit comme taciturne, restent mystérieux.

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La police a découvert un véritable arsenal chez le tueur qui a abattu neuf personnes sur un campus de l'ouest des États-Unis jeudi 1er octobre. Un gilet pare-balles et 13 armes, ainsi que cinq chargeurs, ont été retrouvés à son domicile et sur ce campus de l'université d'Umpqua à Roseburg (Oregon). Toutes ces armes avaient été achetées légalement, relançant une nouvelle fois le débat sur leur contrôle.

Chris Harper Mercer, 26 ans, s'est donné la mort après avoir commis ses forfaits, a avancé la police, démentant la première version selon laquelle le meurtrier serait mort lors d'un échange de coups de feu avec les forces de l'ordre sur les lieux du crime.

Les motifs du tireur restent encore mystérieux. Des bribes biographiques font apparaître un homme taciturne, amateur d'armes. "Il est trop tôt pour dire quel était le motif" du tueur, a déclaré vendredi le shérif du comté local, John Hanlin. Selon CNN, il suivait des cours à l'université.

Crâne rasé, bottes militaires, pantalon de treillis

Dans la nuit de vendredi à samedi, la petite ville de Roseburg, où se trouve l'université d'Umpqua, tentait encore de comprendre. Une centaine d'habitants et des proches de certaines victimes s'étaient réunis pour une veillée à la bougie devant l'hypermarché Walmart, où travaillaient deux des victimes.

"Il semble s'agir d'un jeune homme en colère, plein de haine", a confié un policier au "New York Times". La police refusait encore vendredi de donner le nom du tueur, affirmant vouloir ainsi éviter de le "glorifier" et d'inspirer d'autres massacres. Elle a cependant divulgué les noms des victimes et lu des déclarations de familles éplorées. Le shérif John Hanlin n'a pas confirmé si, comme le rapportent plusieurs médias, le tueur avait demandé aux étudiants de dire s'ils étaient chrétiens avant d'abattre ceux qui répondaient oui, un à un, dans leur salle de classe.

Le Southern Poverty Law Center (SPLC), une organisation qui suit aux États-Unis les groupes incitant à la haine, a estimé que la tuerie "avait toutes les caractéristiques d'un crime classique motivé par la haine" et que le tireur avait "choisi ses victimes en fonction de leur religion".

Une passion pour les armes, l'IRA et les fims d'horreur

Né au Royaume-Uni, il déménage très jeune avec sa mère aux États-Unis et y développe une relation fusionnelle avec elle. Crâne rasé, bottes militaires, pantalon de treillis et T-shirt blanc : il s'habillait toujours de la même façon, ont assuré des voisins au "New York Times", le décrivant comme étant un jeune homme anxieux et taciturne. Sur un forum de discussion sur Internet, il se décrivait lui-même comme introverti et timide.

Vendredi pourtant, sa demi-sœur Carmen Nesnick, peignait une toute autre image sur CBS : "Il plaçait toujours les autres avant lui. Il voulait que tout le monde soit heureux", a-t-elle témoigné, assurant que son demi-frère par alliance n'était pas antireligieux et que sa famille était chrétienne.

>> À lire sur France 24 : Barack Obama empêtré dans la routine des fusillades

Chris Harper Mercer vouait tout de même un véritable culte aux armes à feu, au point de se prendre en selfie avec ses fusils pour les partager sur son compte MySpace. Passionné par les films d’horreur et l’IRA (l’Armée républicaine irlandaise), le jeune homme publiait très régulièrement des photographies de ses héros, des miliciens armés qui luttaient contre la présence militaire britannique en Irlande du Nord.

Après les révélations sur le nombre d'armes en possession tueur de la fusillade, Barack Obama s'est exprimé à nouveau sur ce drame vendredi pour dénoncer l'"inaction" des élus à réguler davantage l'accès aux armes à feu. "Je vais parler de cela de manière régulière (...) et politiser cela car notre inaction est une décision politique", a fustigé le président lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche.

Avec AFP

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