Accéder au contenu principal

Les frappes aériennes sur un hôpital de MSF à Kunduz sont "inexcusables", selon l'ONU

Une partie de l'équipe de Médecins sans frontières, choquée après le bombardement de leur hôpital à Kunduz, en Afghanistan, le 3 octobre 2015.
Une partie de l'équipe de Médecins sans frontières, choquée après le bombardement de leur hôpital à Kunduz, en Afghanistan, le 3 octobre 2015. MSF Kunduz staff, Twitter

Une frappe aérienne américaine "pourrait avoir" touché le centre de soins de MSF à Kunduz, en Afghanistan, dans la nuit de vendredi à samedi. Ce bombardement a tué 12 employés de MSF et 7 patients dont trois enfants, selon un bilan provisoire.

Publicité

Le centre de soins de Médecins sans Frontières (MSF) à Kunduz, ville afghane reprise aux Taliban par l'armée, a été "fortement endommagé" dans la nuit du vendredi 2 octobre au samedi 3 octobre par un bombardement qui a tué 12 employés de MSF et 7 patients dont trois enfants et fait 37 blessés. Le bombardement qui pourrait être dû à un raid américain selon l'Otan, a été qualifié par l'ONU d'"inexcusable" et de "potentiellement criminel".

L'armée américaine a, de son côté, reconnu samedi avoir mené des frappes aériennes "à proximité" de l'hôpital de MSF en question. Dans un communiqué, l'US Army précise que les avions américains visaient des insurgés islamistes qui avaient ouvert
le feu sur des soldats américains déployés en appui de l'armée afghane pour reconquérir la ville brièvement prise en début de semaine par les Taliban.

Selon les forces internationales, des Taliban se trouvaient autour et peut-être dans l'hôpital de MSF

Cet incident constitue "une violation grave du droit humanitaire international", a précisé Meinie Nicolai, présidente de MSF. "Nous demandons une totale transparence aux forces de la coalition", poursuit-elle. "Nous ne pouvons pas accepter que cette horrible perte de vies puisse simplement être résumée à un 'dommage collatéral'".

Cette frappe aérienne pourrait relever du "crime de guerre" si elle était jugée "délibérée par la justice", a déclaré pour sa part le Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme Zeid Ra'ad al-Hussein, qui a appelé à une enquête approfondie et transparente.

La fureur des Nations unies est alimentée par le récit de MSF. Dans une interview à l'AFP, le directeur des opérations Bart Janssens a affirmé que des bombardements se sont poursuivis "pendant plus 45 minutes" après que l'ONG a averti les armées afghane et américaine que son établissement de Kunduz avait été touché par de premiers tirs.

L'opération visait sans doute "des terroristes armés qui ont attaqué l'hôpital de MSF et l'ont utilisé en tant que base pour attaquer les forces afghanes et les civils", a indiqué de son côté le ministère afghan de la Défense.

Au moment du bombardement, 105 patients et 80 membres du personnel, des Afghans et des étrangers, étaient présents dans le centre de soins.

L'ONG d'origine française a également déclaré que l'équipe médicale présente sur place faisait "tout son possible pour assurer la sécurité des patients et du personnel de l'hôpital". "Notre équipe médicale donne les premiers secours, soigne les patients et les personnels MSF blessés, et fait le décompte des morts. Nous pressons toutes les parties au conflit à respecter la sécurité des structures de santé et du personnel médical", a demandé le Dr Bart Janssens, directeur des opérations de l'ONG.

Le seul hôpital du nord de l'Afghanistan

Le centre de soins de MSF a apporté une aide cruciale à la population civile depuis lundi et la prise de Kunduz par les Taliban, puis la contre-offensive des forces de sécurité afghanes. C'est le seul hôpital dans cette région du nord de l'Afghanistan capable de traiter des grands blessés. "MSF a traité 394 blessés depuis lundi", a expliqué le Dr Bart Janssens. "Nous sommes profondément choqués par cette attaque", a-t-il ajouté.

La France a appelé à ce qu'"une enquête soit conduite" et le commissaire européen aux Affaires humanitaires Christos Stylianides s'est dit "profondément choqué". La Croix-Rouge a, elle, parlé d'une "effroyable tragédie", la mission de l'ONU en Afghanistan (Unama) a condamné cette frappe "dans les termes les plus forts"

Selon Zabihullah Mujahid, porte-parole des Taliban qui s'est exprimé après la frappe, aucun combattant taliban n'était soigné dans cet hôpital.

Kunduz, verrou stratégique du nord de l'Afghanistan, a été cette semaine le théâtre d'intenses combats entre les Taliban et les forces de sécurité afghanes, qui ont repris le contrôle de la ville jeudi.

Avec AFP et Reuters

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.