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Obama met en garde Poutine après les frappes russes en Syrie

Le président américain a mis en garde Vladimir Poutine au sujet de sa politique de frappes en Syrie, le 2 octobre 2015.
Le président américain a mis en garde Vladimir Poutine au sujet de sa politique de frappes en Syrie, le 2 octobre 2015. AFP

Barack Obama a mis en garde le président russe Vladimir Poutine,vendredi, critiquant sa politique de frappes en Syrie. Il a accusé la Russie de ne pas faire la distinction entre l'EI et les groupes d'insurgés plus modérés.

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Barack Obama a critiqué vendredi 2 octobre la politique russe de frappes aériennes en Syrie en soutien au président syrien Bachar al-Assad. Il a mis en garde le président russe, Vladimir Poutine, contre une stratégie consistant à prendre pour cible à la fois l’organisation de l’État islamique et l'opposition modérée au régime syrien.

Le président américain a jugé que l'approche actuelle de Moscou, qui revient à considérer que les opposants au régime sont "tous des terroristes", était synonyme de "catastrophe assurée". Les frappes aériennes de Moscou contre l'opposition modérée "vont être contre-productives", a-t-il martelé au cours d'une conférence de presse, jugeant que Moscou soutenait un régime "rejeté par une écrasante majorité de la population". Depuis le début de l'insurrection en Syrie, brutalement réprimée par le régime, plus de 240 000 personnes sont mortes et quatre millions ont quitté le pays, occasionnant une crise migratoire majeure.

Pour Barack Obama, une coopération avec Vladimir Poutine sur le dossier syrien reste possible, à condition qu'il reconnaisse qu'un changement de régime est nécessaire et encourage une transition politique.

5 % des frappes russes ont visé EI

Déclenché en mars 2011, le conflit en Syrie, déjà très complexe, a pris un nouveau tournant avec l'implication des Russes qui effectuent depuis mercredi des raids sur la Syrie au nom de la lutte "contre le terrorisme". Mais l'Occident et les pays arabes soupçonnent Moscou de concentrer ses attaques sur les autres opposants au régime syrien, à un moment où Bachar al-Assad semble fragilisé sur le terrain.

D'après le ministre britannique de la Défense, Michael Fallon, les services de renseignement britanniques ont observé que seules 5 % des frappes russes avaient visé les combattants de l'EI, et que la majorité des raids avaient en fait "tué des civils" et s'en étaient pris à l'opposition modérée.

Une coalition d'une soixantaine de pays menée par les États-Unis - et à laquelle la Russie ne participe pas - mène, elle, depuis septembre 2014 des frappes contre l'EI en Syrie.

Hollande demande à Poutine de viser "Daech et uniquement Daech"

Quelques heures avant Barack Obama, en marge d'un sommet sur l'Ukraine à Paris, François Hollande avait assuré avoir insisté auprès de Vladimir Poutine sur la nécessité de viser "Daech et uniquement Daech" (autre nom de l'EI). "Nous avons tous les deux insisté sur le fait que l'EI est l'ennemi que nous devons vraiment combattre", avait également renchéri la chancelière allemande Angela Merkel.

Les Russes ne prétendent pas frapper exclusivement l'EI, mais assurent qu'un certain nombre de leurs bombardements ont touché les positions jihadistes. Vendredi soir, le ministère russe de la Défense a ainsi indiqué que six nouvelles frappes avait visé l'EI dans la journée, dans les provinces d'Idleb (nord-ouest) et de Hama (centre). Une source sécuritaire sur le terrain a également signalé des frappes dans ces provinces, où est surtout présent le Front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda qui se bat à la fois contre l'EI et contre le régime syrien.

Avec AFP

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