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La direction d'Air France veut porter plainte mais se dit prête à reprendre les négociations

Le directeur des ressources humaines d'Air France, Xavier Broseta, après avoir été molesté par une centaine de salariés, lundi 5 octobre est exfiltré du CCE et de l'enceinte de l'aéroport.
Le directeur des ressources humaines d'Air France, Xavier Broseta, après avoir été molesté par une centaine de salariés, lundi 5 octobre est exfiltré du CCE et de l'enceinte de l'aéroport. Kenzo Tribouillard, AFP

Lundi, la direction d'Air France a décidé de déposer plainte pour "violences aggravées" à la suite d'incidents qui ont eu lieu en marge du comité central d'entreprise durant lequel un plan social concernant 2 900 postes a été annoncé.

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Un homme torse nu qui essaie de s'enfuir en escaladant un grillage et 2 900 salariés qui risquent de perdre leur emploi. Le directeur des ressources humaines d'Air France, Xavier Broseta, a vivement été pris à partie, lundi 5 octobre, par les salariés de l'avionneur en marge du comité central d'entreprise, qui a annoncé la mise en route d'un plan social visant à supprimer 2 900 postes d'ici 2017.

Plan social à AIR France - Le DRH forcé de fuir torse nu par dessus un grillage

Cette réunion après l'échec des pourparlers entre les pilotes d'Air France et la direction a été interrompue par une centaine de salariés en colère. Deux membres de la direction, le directeur d'Air France à Orly, Pierre Plissonnier, et le DRH, ont été bouscoulés. Xavier Broseta a "manqué de se faire lyncher" et a dû quitter la salle de réunion en "escaladant les barrières pour se sauver", a assuré à l'AFP un délégué CGT présent sur place.

Le directeur d'Air France à Orly, Pierre Plissonnier, et le directeur des ressources humaines du groupe, Xavier Broseta, quittant les lieux après que des salariés lui ont pris à partie.
Le directeur d'Air France à Orly, Pierre Plissonnier, et le directeur des ressources humaines du groupe, Xavier Broseta, quittant les lieux après que des salariés lui ont pris à partie. Kenzo Tribouillard, AFP

"Mauvaise image de la France"

Les images de l'homme chargé de superviser le plan social tentant d'échapper aux manifestants qui lui ont arraché la chemise ont fait le tour des réseaux sociaux et des médias étrangers. Depuis le Japon, où il est en déplacement, le Premier ministre, Manuel Valls, s’est dit "scandalisé par les violences inacceptables auxquelles se sont livrés des manifestants en marge du CCE d'Air France. Avant d’ajouter : "La situation de l'entreprise est difficile, mais rien ne justifiera jamais de tels débordements".

Sur Twitter, le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, a lui aussi apporté son soutien aux personnes agressées. "Ceux qui ont mené ces violences sont irresponsables, rien ne remplace le dialogue social", écrit-il.

Certains responsables politiques de l'opposition ont également réagi. Sur son compte Twitter, Thierry Mariani, député de Les Républicains (LR), a fustigé l’attitude des responsables des violences à Air France qui, selon lui, "dégradent l'image d'une société qui se veut représenter la qualité française".

Même son de cloche chez Isabelle Balkany, première adjoint de Levallois-Perret et proche de Nicolas Sarkozy :

Ian Brossat, adjoint communiste à la Ville de Paris, s’indigne quant à lui que [les] "gens" aient "plus de compassion pour une chemise que pour 2 900 salariés qui vont se retrouver sur le carreau..."

Les représentants de la CFE-CGC et de la CFDT, deux des principaux syndicats d'Air France, ont condamné les violences et refusé de participer à l'intersyndicale entamée en milieu d'après-midi pour décider des suites à donner à la grève de lundi.

Air France a pour sa part "condamné fermement les violences physiques", et annoncé qu'une "plainte serait déposée pour violences aggravées". La direction a déploré "le fait d'individus isolés particulièrement violents, alors même que la manifestation des personnels grévistes se déroulait jusqu'alors dans le calme".

Le président-directeur général d’Air-France-KLM, Alexandre de Juniac, a déploré qu'"’aucun accord avec les syndicats de personnel navigant [pilotes, hôtesses et stewards] d’Air France n’ait été trouvé" et affirmé que la direction reste "disponible à tout moment pour reprendre les négociations".

Xavier Broseta s'est dit "choqué" et "déçu" après avoir été violemment pris à partie, mais a refusé que "l'opprobre soit jeté sur l'ensemble du personnel". "J'ai reçu des témoignages de sympathie par centaines de la part de représentants syndicaux et de collègues", a-t-il ajouté en estimant qu'il sera "possible de continuer le dialogue social".

Traque aux économies

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Plato Air France

Ces incidents font suite au "plan B" dévoilé par le groupe plus tôt dans la matinée de lundi. Air France prévoit de supprimer 2 900 postes et de retirer 14 avions de sa flotte long-courrier d'ici à 2017. La direction n'a pas encore rendu public le détail de son plan de restructuration. Elle a, cependant, fait état de sa volonté d'annuler une commande de Boeing 787 passée en 2011 pour réduire les dépenses.

Cette traque aux économies résulte de l'échec des négociations avec les pilotes français. Ces derniers ne veulent pas voler 100 heures de plus par an à salaire constant et renoncer à plusieurs jours de congés annuels pour augmenter la productivité de la compagnie aérienne française. 

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