SYRIE

Syrie : l'organisation de l'État islamique détruit un nouveau joyau de Palmyre

L'Arc de triomphe, vieux de 2 000 ans, "était une icône de Palmyre".
L'Arc de triomphe, vieux de 2 000 ans, "était une icône de Palmyre". STR, AFP

L'organisation de l'EI a détruit l'Arc de triomphe de Palmyre. Ce n'est pas le premier vestige de la célèbre ville antique auquel les jihadistes s'attaquent : les temples de Bêl et Baalshamin avaient été pulvérisés il y a quelques semaines.

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Nouvelles destructions à Palmyre en Syrie. Les jihadistes de l'organisation de l'État islamique ont détruit le célèbre Arc de triomphe de la cité antique, a affirmé, lundi 5 octobre, le chef des Antiquités en Syrie, Mamoun Abdelkarim. L'Arc de triomphe, vieux de 2 000 ans et situé à l'entrée de la célèbre rue à colonnades du site historique, "était une icône de Palmyre", a regretté le responsable.

SYRIE - L'organisation de l'État islamique détruit un nouveau joyau de Palmyre

Ce nouveau drame fait craindre la destruction totale de la ville antique, tombée aux mains de l'organisation jihadiste depuis le 21 mai, selon le chef des Antiquités en Syrie, Mamoun Abdelkarim.

"Une pure expression de haine et d'ignorance"

La directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, a "vivement condamné"  cette démolition. "Cette nouvelle destruction montre à quel point les extrémistes sont terrifiés par l'histoire et la culture [...] et les font apparaître pour ce qu'ils sont : une pure expression de haine et d'ignorance", a-t-elle fustigé dans un communiqué. "Il n'y aura pas d'impunité pour les criminels de guerre" et tout sera fait "pour que les auteurs de ces destructions soient jugés et punis en étroite coopération avec la Cour pénale internationale", a-t-elle assuré.

Et de continuer : "En dépit de leur acharnement criminel, les extrémistes ne parviendront jamais à effacer l'histoire, ni à passer sous silence la mémoire de ce site qui incarne l'unité et l'identité du peuple syrien [...]. Palmyre incarne dans sa pierre tout ce que les extrémistes ont en horreur : la diversité culturelle, le dialogue des cultures, la rencontre des peuples de toutes les origines dans cette cité caravanière entre l'Europe et l'Asie."

"Un choc après l'autre"

"Nous sommes en train de vivre une catastrophe. Depuis la capture de la cité, c'est un choc après l'autre", a pour sa part déploré Mamoun Abdelkarim, joint par téléphone par l'AFP.

Le 23 août, les jihadistes avaient déjà fait exploser le temple de Baalshamin à Palmyre. Quelques jours plus tôt, ils avaient mutilé le corps de l'ex-patron des Antiquités de la ville, Khaled al-Assaad, 82 ans, un des meilleurs experts mondiaux, après l'avoir exécuté. Par la suite, l'EI a rasé le temple de Bêl, souvent présenté comme le plus beau du Moyen-Orient avec celui de Baalbeck au Liban. Et début septembre, c'étaient les tours funéraires, caractéristiques de l'architecture de la ville, qui étaient détruites.

"C'est une destruction méthodique de la cité. Ils veulent la raser, la faire disparaître complètement. Nous risquons de la perdre en entier", a-t-il dénoncé. "On sait que l'EI a encore piégé d'autres monuments. Ils veulent détruire l'amphithéâtre, la colonnade... Nous avons désormais peur pour toute la cité antique", a encore ajouté Mamoun Abdelkarim. "Il faut que la communauté internationale trouve le moyen de sauver Palmyre", ville qui recèle les plus beaux trésors de Syrie, a-t-il imploré.

Les jihadistes considèrent les statues ou fresques représentant des hommes ou des animaux comme de "l'idolâtrie" et ont déjà détruit pour cette raison plusieurs trésors archéologiques en Irak et en Syrie. Mais pour le chef des Antiquités, "l'EI détruit désormais par vengeance, même pas pour des raisons idéologiques car l'Arc de triomphe n'était pas un monument religieux mais civil".

Le patrimoine syrien en danger

Outre son lourd bilan humain avec plus de 240 000 morts et des millions de personnes contraintes à l'exil, la guerre qui ravage la Syrie depuis quatre ans et demi a des conséquences dévastatrices sur un patrimoine d'une valeur inestimable.

Les craintes les plus sombres des archéologues et experts du monde entier se sont depuis concrétisées avec le début de la destruction de Palmyre, "la perle du désert" syrien. Les responsables du site ont pu heureusement évacuer le musée et mettre à l'abri plusieurs pièces inestimables.

D'après l'association de la protection de l'archéologie syrienne, plus de 900 monuments ou sites archéologiques ont été touchés, abîmés ou détruits en quatre ans et demi de guerre. En décembre 2014, l'ONU avait affirmé que près de 300 sites importants avaient été détruits, abîmés ou pillés depuis mars 2011, images satellitaires à l'appui.

La destruction intervient en outre au moment où le conflit en Syrie est de plus en plus complexe avec une intervention militaire de la Russie qui dit frapper l'EI, mais qui est soupçonnée par les Occidentaux d'apporter surtout son soutien aux troupes du régime de Bachar al-Assad, en difficulté face aux rebelles depuis plusieurs mois.

Avec AFP
 

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