REPORTAGE

Vidéo : réfugiés au Liban, 200 000 enfants syriens retrouvent le chemin de l'école

Une école pour filles dans la banlieue de Beyrouth.
Une école pour filles dans la banlieue de Beyrouth. Capture d'écran France 24

Le Liban accueille un demi-million d'enfants syriens en âge d'être scolarisés. Cette année, 200 000 d'entre eux retrouveront les bancs de l'école grâce à la mobilisation des autorités, de l'ONU et des pays occidentaux.

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À l'heure où l'Europe se divise sur la question de l'accueil des réfugiés syriens, plus de 90 % d'entre eux vivent toujours dans les pays voisins de la Syrie. Au Liban, ils constituent le quart de la population, soit la plus forte densité de réfugiés au monde, au point de constituer un défi immense pour les autorités libanaises, notamment dans le domaine de l'éducation.

Le pays du Cèdre abrite un demi-million d'enfants syriens en âge d'être scolarisés. Cette année 200 000 d'entre eux pourront retrouver le chemin de l'école grâce à la mobilisation du ministère de l'Éducation libanais, des agences de l'ONU comme l'Unicef et des pays occidentaux.

Le correspondant de France 24 à Beyrouth, Sélim El Meddeb, s’est rendu dans une école pour filles dans la banlieue de Beyrouth qui accueille trois fois plus d'élèves qu'il y a un an. Depuis janvier dernier, une session de cours réservée aux réfugiés est organisée chaque après-midi, avec le soutien financier de plusieurs ONG.

Un certain nombre de familles viennent inscrire gratuitement leurs enfants pour les cours qui débuteront à la fin du mois. L'année dernière 400 000 enfants syriens n'ont pas pu aller à l'école, faute de moyens. Ce chiffre devrait être divisé par deux cette année.

Prise en charge de 170 000 élèves libanais défavorisés

"Je me suis dépêché de venir pour avoir une place parce que beaucoup de gens veulent inscrire leurs enfants, explique Halima Rashid, une réfugiée syrienne. C'est un très bon projet qui fait du bien aux gens et surtout aux enfants, je suis contente pour eux, car les enfants ont besoin d'étudier : une personne qui ne sait ni lire ni écrire n'a aucune chance dans la vie".

Reste que beaucoup d'enfants ne sont pas scolarisés. Après deux ans d'interruption, ceux de Mohammed Ali, qui vivent dans un camp informel du sud du Liban avec d’autres réfugiés syriens, viennent de suivre un cours de remise à niveau afin d'intégrer l'école publique.

"Depuis qu'ils se sont remis à lire et à écrire, leur situation psychologique a changé, indique-t-il. À la maison, on sent qu'ils vont mieux, ils passent du temps à lire, à écrire et à étudier. Leurs petits frères et sœurs ont même commencé à étudier avec eux".

La campagne "Retour à l'école" prendra aussi en charge les frais scolaires de 170 000 Libanais défavorisés. "Leur offrir une éducation gratuite aussi bien qu'aux Syriens ne répond pas seulement à notre responsabilité d'aider les enfants vulnérables. Nous espérons que cela permettra aussi de faire baisser les tensions : on ne peut pas aider certains enfants et pas les autres", précise Tanya Chapuisat, représentante de l'Unicef au Liban.

Les principaux financeurs du projet sont l'Allemagne et l'Union européenne. Il manque encore 25 millions de dollars pour que les objectifs fixés puissent être atteints.
 

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