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Violences à Jérusalem et en Cisjordanie : Netanyahou donne carte blanche à son armée

Interpellation d'un Palestinien durant des affrontements à Jérusalem-Est, le 5 octobre 2015.
Interpellation d'un Palestinien durant des affrontements à Jérusalem-Est, le 5 octobre 2015. Ahmad Gharabli, AFP

Le Premier ministre israélien a averti qu'il n'y avait "pas de limites" dans la lutte contre les activistes palestiniens, après l'éruption d'un nouveau cycle de violences en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est.

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Alors que Palestiniens et Israéliens s’enfoncent dans un énième cycle de violences en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est, et que le spectre d'une nouvelle intifada plane à nouveau, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a décidé de donner carte blanche à ses forces pour agir.

"Nous ne sommes pas prêts à donner l'immunité à quiconque, à tout émeutier [...] ou tout terroriste où qu'il soit et pour cela, il n'y a aucune limite dans les activités des forces de sécurité", a-t-il martelé dans une allocution télévisée. "Nous autorisons nos forces à prendre des mesures fermes contre ceux qui jettent des pierres et des cocktails Molotov", a ajouté le chef de gouvernement qui a récemment autorisé le recours à des snipers à Jérusalem, comme c'est déjà le cas en Cisjordanie. Et de conclure : "De même que nous avons vaincu les précédentes vagues de terrorisme, nous vaincrons celle-ci".

Dans son allocution, Benjamin Netanyahou a invoqué des incursions sans précédent des forces de sécurité dans les quartiers palestiniens de Jérusalem, les renforts annoncés de centaines de soldats en Cisjordanie et de milliers de policiers à Jérusalem, la démolition prochaine des maisons d'auteurs d'attentats ou de leurs familles, et des mesures de rétorsion contre le Mouvement islamique.

Le Mouvement islamique, qui a œuvré pour mobiliser les Palestiniens et les Arabes israéliens autour de l'ultra-sensible esplanade des Mosquées, est avec le Hamas et l'Autorité palestinienne "la principale source des incitations à la haine", a tonné Benjamin Netanyahou. L'annonce de ces nouvelles mesures de sécurité n'ont toutefois pas satisfait les milliers de manifestants, rassemblés près de sa résidence, et venus dénoncer "le manque de détermination" du gouvernement.

Sa déclaration est intervenue peu après l'annonce par l'armée et le Shin Beth de l'arrestation de membres du Hamas palestinien soupçonnés d’avoir criblé de balles un couple de colons dans leur voiture jeudi en Cisjordanie occupée. C'est l'assassinat de ce couple de colons qui a provoqué la nouvelle flambée de violences. Samedi à Jérusalem, deux Israéliens ont été tués et un troisième blessé dans deux attaques dont les auteurs palestiniens ont été abattus.

Un nouveau cycle de violence

Deux autres Palestiniens de 13 et 18 ans ont péri lors d’affrontements avec les soldats israéliens à Bethléem et à Tulkarem en Cisjordanie ces dernières 24 heures. Un autre jeune Palestinien était dans un état critique lundi soir après des accrochages à Jérusalem-Est.

Après la mort du Palestinien de 13 ans à Bethléem, environ 300 jeunes ont attaqué à coups de pierres les soldats israéliens qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogènes, de projectiles caoutchoutés et à balles réelles.

Des heurts ont en outre éclaté près de Ramallah, à Hébron et dans le camp de réfugiés de Jalazoun, en Cisjordanie. Une cinquantaine de jeunes ont défié les soldats à coups de pierres au check-point proche de la colonie de Bet-El. Au total, les affrontements entre forces de l'ordre israéliennes et lanceurs de pierres palestiniens ont fait 170 blessés dans les rangs des seconds, selon le Croissant-Rouge. Par ailleurs, les affrontements sont désormais réguliers à Bet-El, alors que les représailles de colons contre les Palestiniens se multiplient.

Côté palestinien, le président Mahmoud Abbas, qui a annoncé la semaine dernière à l'ONU qu'il ne se considérait plus comme lié par les accords passés avec Israël, s’est contenté de réunir lundi soir ses responsables de sécurité.

Enfin, mardi, à Jérusalem-Est, la maison d'un Palestinien auteur d'un attentat a été détruite conformément à la promesse du Premier ministre. Un journaliste de l'AFP a constaté la destruction de la maison de Ghassan Abou Jamal, auteur avec son cousin Oudaï d'un attentat qui avait fait cinq morts dans une synagogue de Jérusalem-Ouest en novembre 2014, avant d'être abattus.

Dans la nuit, des témoins ont rapporté que les forces de sécurité israéliennes encerclaient les maisons d'au moins trois auteurs d'attentats à Jérusalem. Dans le quartier d'al-Thori, la maison de la famille de Moataz Hijazi, abattu à son domicile après avoir tenté d’assassiner, il y a près d'un an, l’ultranationaliste Yehuda Glick, qui milite pour le droit des juifs à prier sur l'esplanade des Mosquées, était encerclée par des hommes casqués et armés, selon des vidéos amateurs.

Un journaliste de l'AFP a constaté que le quartier, survolé par un hélicoptère, était bouclé. À Jabal Moukkaber, dans un autre quartier de Jérusalem-Est, la partie orientale occupée et annexée par Israël, plusieurs maisons étaient également encerclées, selon des témoins.

Avec AFP

 

 

 

 

 

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