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Propos sur la "race blanche" : Sarkozy somme Morano d'exprimer des regrets

Nadine Morano lors d'une réunion de l'association "Les amis de Nicolas Sarkozy" en février 2013.
Nadine Morano lors d'une réunion de l'association "Les amis de Nicolas Sarkozy" en février 2013. Patrick Kovarik, AFP

Nicolas Sarkozy, président des Républicains, a demandé à Nadine Morano d'exprimer des "regrets" pour avoir décrit la France comme "un pays de race blanche". La députée européenne risque de se voir retirer son investiture aux prochaines régionales.

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Nicolas Sarkozy, président du parti Les Républicains (LR), a donné jusqu'au mercredi 7 octobre à Nadine Morano pour exprimer des "regrets" sur ses propos décrivant la France comme un "pays de race blanche". Auquel cas la députée européenne pourrait conserver son investiture en Meurthe-et-Moselle, en vue des élections régionales des 6 et 13 décembre.

La Commission nationale d'investitures (CNI) des Républicains doit se réunir mercredi soir pour statuer sur l'investiture régionale de Nadine Morano [en Meurthe-et-Moselle]. "Si tu exprimes tes regrets, la situation sera reconsidérée par la CNI", lui a assuré, mardi 6 octobre, l’ancien chef de l’État lors du Bureau politique du parti.

>> À lire sur France 24 : "L’affaire Morano, prélude d’une possible fracture au sein des Républicains"

L'élue européenne, qui dénonce "une cabale politique et médiatique" pour "une évidence de bon sens", a refusé de présenter les excuses réclamées par le président LR lors de cette réunion houleuse, où Jean-François Copé, ex-président de l'UMP, a pris sa défense. "Je désapprouve totalement les propos de Nadine, a déclaré le député-maire de Meaux. Mais je pose la question du deux poids deux mesures. En lui retirant son investiture, on crée une jurisprudence."

Affaire embarrassante

"On ne peut pas, quand on est Républicain, laisser penser que la France est une race blanche, a répliqué Nicolas Sarkozy. Ça a blessé des millions de Français, notamment d'Outre-mer. Le mot ‘race’ ne s'emploie pas à la légère. À deux mois des régionales, on maintiendrait tête de listes des Républicains quelqu'un qui dit ça ?"C'est par l'intermédiaire d'une lettre que Nicolas Sarkozy a donné jusqu'à mercredi à l'élue pour retirer ses propos, a-t-on précisé.

"J'ai dit 'La France est un pays de race blanche', je n'ai pas dit 'Les Français sont de race blanche'. Je sais que la communauté nationale est composée de tous ses habitants, quelle que soit leur couleur de peau, leur origine, leur histoire, leur croyance ou leur non croyance d'ailleurs", a plaidé, mardi, Nadine Morano sur France 2, chaîne sur laquelle a lieu l'émission ["On n'est pas couché", de Laurent Ruquier], elle avait tenu ces propos controversés.

>> À voir sur France 24 : "Nadine Morano : la provocation de trop ?"

"L'affaire Morano", embarrassante pour Nicolas Sarkozy, qui se prévaut d'avoir ramené l'unité au sein du parti d'opposition, est loin d'être close  des élus dénoncent en privé un "acharnement" contre ce bon soldat de la Sarkozie et s'inquiètent des effets de sa mise à l'écart sur un électorat prompt à défendre "Nadine". L'ancienne ministre assure avoir reçu des "milliers" de messages de soutien, messages qui parviendraient également au siège des Républicains.

"Stupide, faux et gênant"

Lors de la réunion du groupe LR de l'Assemblée, mardi matin, Nicolas Sarkozy a de nouveau étrillé celle qui fut parmi les plus zélés de ses soutiens. "La France n'est pas une race. Le dire, ce n'est pas une opinion, c'est une bêtise, a-t-il dit aux députés, selon un participant. C'est stupide, faux et gênant."

Nadine Morano, qui juge avoir été traitée de façon "indigne" lors du retour en politique de Nicolas Sarkozy en septembre 2014, a réaffirmé mardi sa loyauté à l'ancien président, dont l'entourage convient qu'il "ne supporte plus" l'élue.

"Je fais partie de ceux qui ne lui ont jamais manqué, dans les moments les plus durs où il était cloué au pilori. Après, il fera ce qu'il voudra", a-t-elle dit sur France 2, à propos de sa possible éviction de la tête de liste en Meurthe-et-Moselle. Un cadre du parti souligne que Nicolas Sarkozy n'avait guère le choix, les centristes de l'UDI et du MoDem ayant menacé de faire exploser la liste de rassemblement dans le Grand Est.

Avec AFP et Reuters

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