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Malgré des efforts d'apaisement, les tensions restent vives en Israël

Confrontation entre lanceurs de pierres et soldats de l'armée israéliennes à Beit El, près de Ramallah, en Cisjordanie, le 7 octobre 2015.
Confrontation entre lanceurs de pierres et soldats de l'armée israéliennes à Beit El, près de Ramallah, en Cisjordanie, le 7 octobre 2015. Abbas Momani, AFP

Plusieurs attaques au couteau de Palestiniens contre des Juifs ont été perpétrées en Israël, tandis que les confrontations entre lanceurs de pierre et soldats israéliens se multiplient. Des violences qui font craindre une nouvelle intifada.

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Les efforts d’apaisement sont mis à rudes épreuves en Israël. Les attaques au couteau de Palestiniens contre des Juifs se multiplient depuis cinq jours. Mercredi, un Palestinien originaire d’Hébron a attaqué un juif orthodoxe près de Tel Aviv, avant d'être maîtrisé. La victime âgée de 25 ans a été évacuée avec des blessures modérées. La police a parlé d'un acte "nationaliste", terme signifiant communément un geste idéologique.

Plus tôt dans la journée, c’est une Palestinienne de 18 ans, habitante de Jérusalem-est, partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée par Israël, qui a poignardé dans le dos un homme juif de 35 ans, à proximité de l'esplanade des Mosquées. Ce dernier a réussi à sortir son arme et à lui tirer dessus, la blessant grièvement, a rapporté la police israélienne.

Des policiers israéliens ont par ailleurs interpellé mercredi un adolescent de 15 ans qui tentait de les poignarder dans le quartier judéo-arabe d'Abou Tor à Jérusalem. Samedi dernier, un Palestinien de 19 ans avait mortellement poignardé un soldat juif et un rabbin à Jérusalem-est, avant d'être abattu. L'auteur d'une autre attaque – fait contesté par sa famille –, a également été tué dimanche.

"État d’alerte maximale"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou, qui devait se rendre en Allemagne jeudi, a annulé sa visite en raison des violences. Lui qui avait déjà donné carte blanche à son armée, a appelé mercredi les Israéliens à être en "état d'alerte maximale" et à faire preuve de sang-froid face aux violences qui secouent Jérusalem et la Cisjordanie et qui se sont étendues à Israël.

"Pour les autorités israéliennes, ily a deux raisons de s'inquiéter. D'abord le fait que ce soit toujours le même mode opératoire : ce sont des individus qui passent à l'action, rendant très difficile de contrer ces attaques, peu importe le nombre de policiers ou de soldats déployés. Et le fait que les attaques s'étendent sur le territoire", explique Pierrik Leurent, correspondant de France 24 à Jérusalem. 

Mardi soir, l'agitation a gagné Jaffa, près de Tel Aviv, où une manifestation d'Arabes israéliens en faveur de l'esplanade des Mosquées a dégénéré en heurts. Ces violences laissent entrevoir le spectre d'une nouvelle intifada. Quatre Israéliens et quatre palestiniens sont morts. Des centaines de Palestiniens ont été blessés alors que se multiplient les confrontations entre jeunes lanceurs de pierres et soldats israéliens, qui ripostent de plus en plus systématiquement à balles réelles.

>> À voir sur France 24 : LE DÉBAT : "Violences à Jérusalem : le risque d'une troisième intifada"

Un jeune Palestinien a par ailleurs été grièvement blessé mercredi par des tirs de colons israéliens en Cisjordanie près de Bethléem, a indiqué le Croissant-Rouge. Dans le même secteur, où les colonies israéliennes jouxtent les villages palestiniens, un groupe de Palestiniens a cherché à extraire une Israélienne de son véhicule et peut-être à l'enlever, a indiqué un porte-parole de l'armée israélienne, Arye Shalicar. Elle a été sauvée par les tirs d'autres colons.

Une grande partie des 400 000 colons, qui coexistent difficilement avec les 2,8 millions de Palestiniens de Cisjordanie, est en colère depuis l'assassinat d'un couple de colons attribué par Israël à une cellule du mouvement islamiste Hamas. De leurs côtés, les Palestiniens, les jeunes surtout, sont exaspérés après des décennies de vaine attente d'un État indépendant et d'épreuves permanentes avec l'État israélien. La querelle autour de l'esplanade des Mosquées, lieu saint pour les musulmans comme pour les juifs, catalyse les animosités.
 

La coopération sécuritaire en question

Benjamin Netanyahou et le président palestinien Mahmoud Abbas s'accusent mutuellement d'être responsables de l'escalade de la violence. La semaine dernière, Mahmoud Abbas avait annoncé à l’ONU ne plus être lié par les accords d’Oslo si Israël ne mettait pas fin à la colonisation. Des déclarations qui laissent planer le doute sur la poursuite de la coopération sécuritaire israélo-palestinienne.

>> À lire sur France 24 : «Trois questions à Rony Brauman : "On s’achemine vers une démission de l’Autorité palestinienne"»

Dans une rare interview au quotidien israélien "Haaretz", Mahmoud Abbas a maintenu ses accusations contre Israël, assurant cependant ne pas vouloir "un retour au cycle des violences". "Je suis prêt à agir contre la violence et je prends des mesures en ce sens, et l'appareil sécuritaire ne fera pas usage de la force ni des armes, mais nous maintiendrons l'ordre", annonce-t-il.

Au-delà des invectives des dirigeants, Israéliens et Palestiniens semblent par ailleurs s'employer à apaiser les esprits. Israël a levé les restrictions d'âge imposées aux fidèles musulmans pour accéder à l'esplanade des Mosquées. De hauts responsables de l'armée israélienne ont également rencontré mardi soir leurs collègues des forces de sécurité palestiniennes pour faire baisser la tension. "La coordination entre les forces de sécurité palestiniennes et l'armée continue", a souligné le porte-parole de l'armée, Arye Shalicar.

Avec AFP

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