ISRAËL

Pour Netanyahou, Israël fait face à une "vague de terrorisme" non organisée

Un soldat israélien face à des lanceurs de pierres palestiniens à Beit El, près de Ramallah en Cisjordanie, le 8 octobre 2015.
Un soldat israélien face à des lanceurs de pierres palestiniens à Beit El, près de Ramallah en Cisjordanie, le 8 octobre 2015. Thomas Coex, AFP

De nouvelles attaques à l'arme blanche ont été perpétrées jeudi par des Palestiniens contre des Israéliens. Pour Benjamin Netanyahou, il s'agit d'une "vague de terrorisme" non organisée, mais favorisée par l'Autorité palestinienne et le Hamas.

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Les tensions montent en Israël tandis que les attaques à l’arme blanche se multiplient, toujours sur le même mode opératoire. Pour la seule journée de jeudi, au moins sept Israéliens, soldats ou civils, ont été blessés dans des attaques au couteau commises par des Palestiniens, que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou qualifie de "vague de terrorisme" non organisée. 

Dans la soirée, un soldat israélien a été poignardé et "modérément" blessé à Afoula, dans le nord d'Israël. Dans l’après-midi, un civil israélien a été grièvement blessé près de la colonie de Kiryat Arba, à l'est d'Hébron, en Cisjordanie occupée. Parallèlement, une soldate israélienne a été agressée au tournevis et trois autres personnes légèrement blessées à Tel-Aviv par un homme abattu par la police. L'agresseur a été décrit comme un "terroriste" arabe par la police, ce qui peut signifier qu'il s'agit d'un Palestinien ou d'un Arabe israélien.

Plus tôt dans la journée, un juif orthodoxe de 25 ans était poignardé à Jérusalem par un Palestinien de 19 ans, aussitôt arrêté par la police. L’agresseur vient du camp de réfugiés de Chouafat, à Jérusalem-Est occupée, a précisé la police israélienne qui s'est rendue dans le camp en fin d'après-midi pour perquisitionner la maison de l'auteur présumé de l'attaque.

Dans l'après-midi, des heurts très violents ont éclaté dans ce camp quand les forces israéliennes ont voulu se rendre dans la maison de l'agresseur présumé, Soubhi Abou Khalifa, peut-être pour la fouiller ou interroger des proches. Un jeune de 20 ans a été alors tué par les tirs israéliens.

"Une vague de terrorisme" non organisée

Depuis le 3 octobre, de jeunes Palestiniens isolés semblent agir sans coordination pour protester contre l'occupation. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a déclaré jeudi soir qu'Israël était confronté à une "vague de terrorisme", principalement non organisée mais selon lui favorisée par les incitations à la haine de la part de l'Autorité palestinienne, du mouvement islamiste Hamas ou de certains pays régionaux.

S'exprimant lors d'une conférence de presse, il a promis d'agir avec "détermination" face aux violences, mais reconnu qu'il n'y avait pas de "solution magique" pour les combattre. Benjamin Netanyahou avait déjà appelé, mercredi 7 octobre, les Israéliens à être en "état d'alerte maximale" face au risque d'attentats, tout en conservant leur "sang-froid". Mais il semble que tous n'ont pas entendu l'appel.

Des Israéliens d'une vingtaine d'années ont agressé mercredi soir à Petah Tikva (centre) trois immigrants de l'ancienne Union soviétique qu'ils ont pris pour des Arabes et sur lesquels ils voulaient se venger d'une agression au couteau commise par un Palestinien.

L'esplanade des mosquées cristallise la colère

De leur côté, les députés arabes du Parlement israélien, solidaires des Palestiniens, ont décidé de défier l'interdiction édictée par le Premier ministre aux parlementaires d'aller sur l'esplanade des Mosquées. Cette décision est "insensée et illégale", a jugé le député arabe Ahmad Tibi. "Demain (vendredi), nous serons tous à la mosquée al-Aqsa, parce que c'est notre mosquée", a-t-il annoncé.

Benjamin Netanyahou avait pris cette disposition exceptionnelle devant la propagation des violences qui secouent Jérusalem et la Cisjordanie occupée. Les confrontations entre lanceurs de pierres palestiniens et soldats ou policiers israéliens en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est se multiplient ainsi que les représailles mutuelles entre Palestiniens et colons en Cisjordanie. Ces heurts suscitent depuis une semaine des comparaisons avec les intifadas de 1987 et 2000.

Jeudi soir, à la suite d'une nouvelle journée de violences, Israël a interdit l'accès à l'esplanade des Mosquées aux hommes de moins de 50 ans qui n'auront donc pas le droit d'assister vendredi à la grande prière hebdomadaire musulmane, sur le troisième lieu saint de l'islam. 

L’esplanade des Mosquées cristallise des années de colère et sert de cri de ralliement. L'importante communauté arabe israélienne (17,5 % de la population), les descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d'Israël en 1948, commence à se mobiliser. Des heurts se sont produits lors de manifestations mardi soir à Jaffa, près de Tel Aviv, et de nouveau mercredi soir à Lod, dans le centre.

Avec AFP
 

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