FOOTBALL

Scandale de la Fifa : pour Michel Platini, cette suspension est une "farce"

Michel Platini estime que la suspension dont il a fait l'objet est une "farce".
Michel Platini estime que la suspension dont il a fait l'objet est une "farce". Fabrice Coffrini, AFP

Le président de l'UEFA et candidat à la tête de la Fifa Michel Platini, suspendu 90 jours par le comité d'éthique de l'instance, a qualifié jeudi cette sanction de "farce", mais assuré qu'il ne renoncerait pas.

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Triple Ballon d'or, patron incontesté de l'UEFA, Michel Platini avait tout pour devenir le numéro 1 du foot mondial. Mais le destin de ce petit-fils d'immigrés italiens est désormais contrarié par sa suspension de 90 jours prononcée par la commission d'éthique de la Fifa.

Une campagne relativement sereine se dessinait devant lui pour qu'il succède à Joseph Blatter, président démissionnaire de la Fédération internationale. Mais sa suspension change la perspective. Pendant cette sanction, le Français de 60 ans ne peut exercer aucune activité liée au foot au niveau national ou international.

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Dans un communiqué publié en soirée, Platini s'est dit déterminé à "poursuivre [son] travail au service de l'intérêt général du football". "Rien ne me fera renoncer à cet engagement", a-t-il asséné.

L'instance disciplinaire de la Fifa a réagi à son audition fin septembre par la justice suisse "en qualité de personne appelée à donner des renseignements" [c'est-à-dire témoin assisté, NDLR] au sujet des 2 millions de francs suisses (1,8 million d'euros) perçus en 2011 de la part de Blatter, entendu lui comme prévenu.

Voilà comment un nouvel épisode des relations entre Platini et Blatter, son ex-mentor devenu ennemi intime, a conduit à la suspension de ces deux boss du foot mondial pour la même durée, le même jour ce jeudi 8 octobre.

"Bien [que la suspension] puisse être qualifiée de farce, je refuse de croire qu'il puisse s'agir d'une décision politique [pour] anéantir ma candidature à la présidence la Fifa", a déclaré le triple Ballon d'or dans son communiqué.

"Je rejette dans leur intégralité les allégations qui me sont reprochées", a-t-il poursuivi, en indiquant sa volonté de faire appel de sa suspension : "C'est un profond sentiment de révolte farouche qui m'anime."

Platini touché mais pas enterré

Pour l'heure, la candidature de l'ancienne star de la Juventus n'est pas encore morte. Le stratège révélé à Nancy a d'ailleurs fait déposer jeudi matin ses parrainages nécessaires pour être candidat le 26 février, date de l'élection. Sa candidature "n'est pas automatiquement écartée, la commission électorale décidera", a en effet précisé la commission d'éthique, interrogée par l'AFP.

Le Français, qui peut contester sa suspension devant la commission de recours de la Fifa, puis devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), devra en tout état de cause surmonter un autre obstacle : celui de la commission électorale de la Fifa, qui a le pouvoir de déclarer inéligible un candidat en vertu de plusieurs critères, dont celui de l'intégrité.

Or quelle commission mène cette enquête d'intégrité ? La commission d'éthique, qui vient de le suspendre. "D'un point de vue légal, Platini peut encore se présenter, confirme une source proche de la Fifa. Mais il doit passer le test d'intégrité de la Commission d'éthique gérée par ceux qui viennent de le suspendre..."

Une "fuite délibérée" pour nuire à son image

À l'image du meneur de jeu qu'il était sur le terrain, Platini avait anticipé sa suspension jeudi, dévoilant sa ligne de défense dans un communiqué transmis quelques minutes avant l'annonce de la sanction.

L'ex-star des Verts accuse "une source officielle de la Fifa" d'être à l'origine d'une "fuite délibérée" dans la presse mercredi sur une recommandation de suspension à son encontre de 90 jours, pour nuire à son image.

En clair, si un membre du comité d'éthique a parlé à la presse, il a enfreint le code d'éthique qui interdit ce genre de publicité avant officialisation de la sanction. Platini, soulignant sa "disposition à collaborer dans le respect des règles de procédure les plus strictes", accuse ainsi : "La Fifa les a quant à elle clairement bafouées."

Cela suffira-t-il à sauver sa candidature ? Jusqu'ici son parcours était incroyable. Joueur, il a élevé le coup franc au rang d'art, avec à la clé un Euro-1984 gagné en France, auquel son nom reste indissolublement attaché.

Taxé de "romantique" par ses détracteurs quand il a pris la tête de l'UEFA en 2007, Platini s'était mué en homme d'action : élimination du G14, ce syndicat des clubs riches aux velléités de ligue fermée, ouverture de la Ligue des champions aux petites nations, instauration du fair-play financier, ce frein à l'endettement des formations européennes.

Et maintenant ? Platini va jouer sur un autre terrain : "Il reviendra à une justice sereine, indépendante et impartiale de faire la lumière sur les faits qui ont valu à la commission d'éthique de la Fifa d'ouvrir une procédure d'instruction."

Avec AFP

 

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