LIBYE

Le gouvernement d'union libyen annoncé par l'ONU ne fait pas l'unanimité

L'envoyé spécial des Nations Unies pour la Libye, Bernardino Leon, lors d'une conférence de presse à Genève le 4 septembre 2015.
L'envoyé spécial des Nations Unies pour la Libye, Bernardino Leon, lors d'une conférence de presse à Genève le 4 septembre 2015. Fabrice Coffrini, AFP

La Libye se dotera-t-elle d'un gouvernement d'union nationale ? L'ONU a formulé une proposition avec plusieurs noms dans la nuit de jeudi à vendredi mais le Parlement non reconnu de Tripoli a déjà émis des réserves.

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L'émissaire des Nations Unies pour la Libye, Bernardino Leon, a proposé dans la nuit de jeudi 8 à vendredi 9 octobre la formation d'un gouvernement d'union nationale, avec à sa tête Fayez el-Sarraj, assisté de trois vice-Premiers ministres : Ahmad Meitig, Fathi el-Mejbri et Moussa el-Koni. Mais cette proposition ne fait pas l'unanimité.

Près de quatre ans après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est en proie à un conflit opposant deux Parlements rivaux : le Congrès général national (CGN), basé à Tripoli, sous la coupe de la coalition des milices Fajr Libya, et un autre siégeant à Tobrouk, reconnu par la communauté internationale.

Or, les délégués du CGN n'ont pas souhaité proposer de noms pour le gouvernement d'union car ils réclament des modifications à la proposition onusienne.

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"Après une année d'efforts déployés dans ce processus avec plus de 150 personnalités libyennes représentant toutes les régions, le moment est enfin venu pour que nous puissions proposer la formation d'un gouvernement d'unité nationale", a déclaré Bernardino Leon à Skhirat, au Maroc, où des négociations avaient repris lundi entre les deux camps rivaux libyens.

Reconnaissant les réserves du CGN, l’émissaire n’en a pas moins jugé indispensable la constitution de ce gouvernement. "Beaucoup trop de Libyens ont perdu la vie et autant de mères en ont souffert. Aujourd'hui, près de 2,4 millions de Libyens ont besoin d'aide humanitaire", a-t-il souligné.

Appui de la communauté internationale

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est félicité de la proposition et a appelé dans un communiqué "les dirigeants libyens à ne pas laisser passer l'occasion de remettre le pays sur la voie de la construction d'un État qui reflète l'esprit et les ambitions de la révolution de 2011".

Pour sa part, Federica Mogherini, chef de la diplomatie de l'Union européenne, a salué l'aboutissement de ce processus, rendant hommage aux négociateurs libyens qui ont fait preuve d’un "esprit de consensus à un moment crucial de l'histoire de leur pays".

"Nous attendons des parties libyennes qu'elles entérinent cet accord, qui répond aux aspirations de paix et de prospérité du peuple libyen. Pour sa part, l'Union européenne est prête à offrir son appui politique et financier - à hauteur de 100 millions d'euros - au nouveau gouvernement", indique un communiqué publié dans la nuit sur le site de l'action extérieure de l'UE.

La proposition des Nations unies intervient après des mois de négociations entre les deux principales factions en lutte, qui subissent les pressions de leurs éléments les plus radicaux et pâtissent de la poursuite des combats sur le terrain.

Avec AFP et Reuters

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