ALGÉRIE

Alger ordonne la fermeture de la chaîne privée El Watan TV

Madani Mezrag, chef de l'Armée islamique du salut (AIS), à Alger, le 29 octobre 2006.
Madani Mezrag, chef de l'Armée islamique du salut (AIS), à Alger, le 29 octobre 2006. Fayez Nureldine, AFP

Alger a ordonné lundi la fermeture de la chaîne de télévision privée El Watan TV. Cette décision fait suite à la diffusion d'une interview où l'ex-chef de l'Armée islamique du salut a attaqué le président Bouteflika.

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Le gouvernement algérien a décidé lundi 12 octobre de fermer la chaîne de télévision privée El Watan TV sur laquelle Madani Mezrag, chef de l'Armée islamique du salut (AIS), l'ancien bras armé du Front islamique du salut (FIS, dissous), avait récemment tenu des propos menaçants contre le président Abdelaziz Bouteflika.

Dans un communiqué, le ministère de la Communication, qui avait porté plainte contre la chaîne après cette interview, a expliqué qu'El Watan TV "exerce d'une manière illégale et diffuse, de surcroît, des contenus subversifs et portant atteinte aux symboles de l'État".

Une source au ministère de la Communication, citée par l’AFP, a par ailleurs affirmé que cette chaîne "n'est pas autorisée à travailler en Algérie, ses bureaux n'étaient pas accrédités". La chaîne El Watan TV, qui émet depuis Chypre et dont le siège est à Londres, va déposer un référé devant la justice pour obtenir l'annulation de la décision, a déclaré son patron Djafar Chelli. Les locaux de la chaîne El Watan TV, qui emploie 170 personnes, ont été fermés et ses équipements mis sous scellés, selon Djafar Chelli.

Pas de parti politique pour les anciens jihadistes

Lors d’un entretien diffusé le 3 octobre sur El Watan TV, Madani Mezrag s’en était pris directement au chef de l’État qui avait rappelé récemment qu'il était interdit aux anciens jihadistes ayant bénéficié de l'amnistie de revenir dans la vie politique, en vertu de la "Charte de la paix et de la réconciliation", adoptée en septembre 2005. "S'il (le président Bouteflika) ne revoit pas sa position, il va entendre de moi ce qu'il n'a jamais entendu auparavant", avait alors prévenu l’ancien chef de maquis islamique.

Madani Mezrag était dans les années 1990 le chef de l'Armée islamique du salut (AIS), branche armée du Front islamique du salut (FIS). Il avait conclu une trêve en 1997 avec l’armée et des milliers de membres de l’AIS avaient déposé les armes. Ils avaient ensuite été amnistiés.

Avec AFP et Reuters

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