CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN

"Le terrorisme au couteau ne nous vaincra pas" affirme Benjamin Netanyahou

Des gardes-frontières israéliens après une attaque au couteau dans la vieille ville de Jérusalem, le 10 octobre 2015.
Des gardes-frontières israéliens après une attaque au couteau dans la vieille ville de Jérusalem, le 10 octobre 2015. Gali Tibbon, AFP

Alors que quatre attaques au couteau ont eu lieu lundi à Jérusalem et qu'un homme a été abattu après avoir poignardé un policier près de la vieille ville, Benjamin Netanyahou a déclaré qu'Israël pourrait surmonter cette vague de violences.

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Les violences se poursuivent lundi 12 octobre à Jérusalem. Pour cette seule journée, quatre attaques à l’arme blanche ont eu lieu dans la ville.

Un homme a d’abord agressé au couteau un policier israélien dans la matinée, près de la vieille ville, avant d'être abattu par des collègues, a indiqué la police israélienne. Selon une porte-parole de la police, l'homme a attaqué un agent qui tentait de le fouiller. Il n'a pas été blessé, grâce à son gilet de protection. L'agression a eu lieu près de la porte des Lions, à Jérusalem-Est, partie palestinienne annexée et occupée par Israël.

Une autre attaque a été commise ensuite près du quartier général de la police. Cette dernière a indiqué que l’auteur, une femme, avait été "neutralisée".

Deux individus ont également blessé deux juifs dans l’après-midi, dans une colonie israélienne de Jérusalem-Est. Selon les forces de l’ordre, l’un d’entre eux a été tué. "Les victimes sont des juifs mineurs, l'un est grièvement blessé, l'autre sérieusement", a précisé la police.

Puis dans la soirée, un soldat israélien a été légèrement blessé après avoir été poignardé à bord d’un bus. Son agresseur a été abattu par les forces de sécurité.

Il s'agit de la 19e attaque contre des Israéliens ou des juifs depuis le 3 octobre. Ces violences, qui se sont multipliées depuis le début du mois, font craindre une troisième intifada. Le ministre palestinien des Affaires étrangères Ryad al-Malki doit donner une conférence de presse sur ce dossier, lundi, à Vienne.

En réponse, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a affirmé qu’Israël surmonterait la vague actuelle d’attaques comme il a surmonté par le passé les attentats à la bombe. "Le terrorisme au couteau ne nous vaincra pas", a-t-il insisté lors d'une nouvelle session du Parlement.

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Les explications de notre correspondant

Mahmoud Abbas opposé à une lutte armée

Un responsable de la sécurité en Israël a indiqué dimanche lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement que le président palestinien Mahmoud Abbas n'incitait pas à la violence, mais que des responsables de son mouvement Fatah et de l'Autorité palestinienne jetaient eux de l'huile sur le feu.

Le discours de Mahmoud Abbas, qui tente de calmer les violences, peine à être entendu dans la rue par la jeunesse, comme l’explique Pierrick Leurent, correspondant de France 24 à Jérusalem. "Ces jeunes palestiniens, que l'on voit lancer des pierres, ont entre 10 et 22 ans, ils n’ont pas connu la seconde intifada. Ils vivent depuis près de 10 ans sous l’autorité de Mahmoud Abbas, qui a obtenu très peu de résultats. Actuellement, on sent bien toute la frustration de cette jeunesse qui n’entend plus l’autorité palestinienne et l’incapacité de Mahmoud Abbas a lui transmettre un message", analyse-t-il.

Israël durcit ses mesures de sécurité

Une attaque à la voiture-bélier et au couteau avait fait quatre blessés, deux soldats et deux civils israéliens, dimanche soir dans le nord d'Israël, tandis qu’une femme enceinte et sa fille âgée de deux ans ont été tuées dimanche matin dans un raid aérien israélien, dans le nord de la bande de Gaza. L’armée israélienne dit avoir mené ce raid aérien en représailles au tir d'une roquette interceptée samedi soir par le système antimissiles "Dôme de fer". Elle a précisé qu'elle visait deux ateliers de fabrication d'armes du Hamas.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a annoncé dimanche le renfort de 16 compagnies de gardes-frontières réservistes à Jérusalem, soit environ 1 600 hommes selon la police. Son gouvernement a approuvé l'idée de peines plancher - fixées à quatre ans de prison dans un projet du ministère de la Justice - contre les lanceurs de pierres ou d'engins incendiaires.

Avec AFP et Reuters

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