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Le président Alexandre Loukachenko décroche sans grande surprise un cinquième mandat

Le président sortant Alexandre Loukachenko a été réélu pour un cinquième mandat à la tête de la Biélorussie, le 11 octobre 2015.
Le président sortant Alexandre Loukachenko a été réélu pour un cinquième mandat à la tête de la Biélorussie, le 11 octobre 2015. Maxim Malinovsky, AFP

Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 21 ans en Biélorussie, a remporté dimanche un cinquième mandat. Selon la commission électorale centrale, le président biélorusse a recueilli 83,5 % des voix, son score le plus élevé.

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Le président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 21 ans en Biélorussie, a obtenu un cinquième mandat à l'issue d'une élection où les principaux responsables de l'opposition étaient absents. Dans la nuit de dimanche 11 octobre à lundi 12 octobre, la commission électorale centrale a annoncé sa victoire avec 83,49 % des voix.

La présidente de la commission électorale centrale, Lidia Iermochina, a annoncé au cours d'une conférence de presse télévisée les résultats du scrutin, qui ont aussi été publiés sur le site Internet de la commission. Il s'agit formellement de résultats préliminaires qui doivent encore être confirmés. Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, obtient ainsi un cinquième mandat avec le score le plus élevé qu'il ait jamais eu.

"Le score de 83 % n'est pas certainement réaliste", explique Gulliver Cragg, envoyé spécial de France 24 à Minsk. "Mais on peut dire sans hésitation qu'Alexandre Loukachenko reste l'homme politique le plus populaire en Biélorussie. Même si, comme il n'a pas permis l'émergence d'une alternative, il est difficile de cerner exactement ce niveau de popularité. Selon certains sondages indépendants, elle se situerait entre un tiers et deux tiers de la population", ajoute le journaliste.

Des critiques de l'OSCE

Les autorités biélorusses avaient fait un important effort pour garantir un taux de participation élevé, en organisant un vote anticipé qui avait commencé mardi. Plus d'un tiers du corps électoral de la Biélorussie, qui compte un peu plus de 7 millions d'électeurs, avait voté avant la journée de dimanche. La commission électorale a indiqué que le taux de participation avait été de 86,75 %.

Alexandre Loukachenko avait remporté la présidentielle de 2010 avec 79,6 % des voix, un résultat contesté qui avait déclenché des manifestations massives de protestation. En 2006, il avait obtenu 83 % des suffrages.

Le vote de dimanche a été surveillé par des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Dans un rapport publié lundi, ces derniers critiquent l’élection présidentielle estimant qu’elle n’a pas respecté les normes démocratiques. "Il est évident que la Biélorussie a encore un long chemin à parcourir pour remplir ses engagements démocratiques", a ainsi déclaré le chef de la mission d'observation, Kent Hasted, dans un communiqué.

"La libération récente de prisonniers politiques et l'approche positive réservée aux observateurs ont constitué des développements positifs. Néanmoins, l'espoir de progrès électoraux plus amples que cela avait fait naître en nous a été largement non tenu", a-t-il ajouté. L’OSCE fait notamment mention de manquements dans les opérations de dépouillement ainsi que dans la comptabilisation des bulletins de vote.

Dirigeants de l'opposition empêchés de participer à l'élection

Cette année, il était en concurrence avec trois candidats peu connus. Le candidat arrivé en deuxième position est Tatiana Korotkevitch, 38 ans, qui a obtenu 4,42 % des voix, a indiqué la commission électorale. Les principaux dirigeants de l'opposition, empêchés de participer à l'élection, avaient appelé les électeurs à boycotter le scrutin. Des appels à manifester avaient bien été lancés avant le scrutin, mais seules quelques centaines de personnes s’étaient déplacées samedi à Minsk.

Le niveau élevé de la participation annoncé dimanche par la commission électorale répond au souhait d'Alexandre Loukachenko de voir le scrutin reconnu par les Occidentaux. Régulièrement accusé depuis des années de graves atteintes aux droits de l'Homme, de réprimer l'opposition et de museler la presse, le dirigeant biélorusse a multiplié ces derniers mois les gestes de bonne volonté. L'Union européenne envisage en conséquence de lever les sanctions qui le frappent depuis 2011 malgré les appels de l'opposition au maintien de ces mesures.

Depuis le début de la crise ukrainienne, Alexandre Loukachenko s’est rapproché de l’Union européenne, manœuvrant habilement en s'imposant comme médiateur entre la Russie et les Européens, ou encore en accueillant à Minsk des pourparlers de paix entre Kiev et séparatistes pro-russes.

Avec AFP et Reuters

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