CINÉMA

Cinq films de Martin Scorsese qu’on ne connaît pas (ou peu)

Martins Scorsese le 12 octobre à Paris, lors d'une conférence de presse à la Cinématèque française qui lui consacre une expostion et une rétrospective.
Martins Scorsese le 12 octobre à Paris, lors d'une conférence de presse à la Cinématèque française qui lui consacre une expostion et une rétrospective. Patrick Kovarik, AFP

Alors que la Cinémathèque française, à Paris, et le Festival Lumière, à Lyon, rendent hommage à Martin Scorsese, France 24 dresse la liste subjective des cinq œuvres du cinéaste new-yorkais injustement méconnues ou sous-estimées.

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Le cinéma de Martin Scorsese, ce n’est pas que des mafieux mangeant des pâtes au fond d’un restaurant de Little Italy. Loin de l’univers très masculin des gangsters et des flics de son New York natal, l’auteur de "Taxi Driver" a exploré bien des territoires et des genres cinématographiques, allant de la romance historique à la satire grinçante, en passant par le vidéo-clip.

Alors que la Cinémathèque française, à Paris, lui consacre une exposition et une rétrospective et que le Festival Lumière, à Lyon, s’apprête à rendre hommage à son travail de cinéaste et de cinéphile, France 24 donne un coup de projecteur sur cinq de ses productions injustement restées dans l’ombre de ses chefs d’œuvres reconnus de tous.

-"Alice n’est plus ici" (1974)

On pourrait croire au titre d’un film de Woody Allen. Quatrième long métrage de Martin Scorsese, "Alice n’est plus ici" est un film de commande (c’est Francis Ford Coppola qui aurait soufflé le nom de son confrère italo-américain à la Warner) dont les thèmes semblent bien éloignés de l’univers que le jeune cinéaste a commencé à explorer notamment avec "Mean Streets", sorti un an plus tôt : les gangsters, la jungle urbaine, la violence…

De fait, ce road-trip aux accents féministes narre les illusions déçues d’une femme au foyer qui, après la mort accidentelle de son mari, quitte son Nouveau-Mexique natal pour tenter une carrière de chanteuse en Californie.

Film rarement cité comme une référence de l’œuvre scorsésienne, "Alice n’est plus ici" a tout de même valu à son interprète principale, Ellen Burstyn, l’Oscar en 1975 de la meilleure actrice. Il restera également dans l’histoire comme la première collaboration entre Martin Scorsese et Jodie Foster, avec qui il tournera l’année suivante le cultissime "Taxi Driver".

-"La Valse des Pantins" (1983)

C’est l’un des plus gros échecs commerciaux de Martin Scorsese. Au moment de sa sortie en 1983, "La Valse des Pantins" ("The King of Comedy", dans son titre original) fut pourtant bien accueilli par la presse. Malgré des dehors comiques, le huitième long métrage du cinéaste new-yorkais est une satire glaçante du show-business. C'est ce qui a peut-être refroidi le public qui s'attendait à voir une bonne vieille comédie.

Farce noire sur un apprenti humoriste (Robert De Niro, alors à contre-emploi) prêt à tout pour devenir célèbre - y compris enlever un célèbre présentateur en la personne de Jerry Lewis - , "La Valse des Pantins" fait partie de ses œuvres qui, bien des années après leur sortie, parviennent toujours à résonner avec l’actualité. Alors qu’on ne parlait pas encore de télé-réalité, le film de Martin Scorsese en disait déjà long sur cette société du spectacle obnubilée par la notoriété…

-"Michael Jackson : Bad" (1987)

Certes, le clip qui accompagna en 1987 la sortie de "Bad", tube planétaire signé Michael Jackson, est loin d’être une œuvre confidentielle. Peu savent, en revanche, que son réalisateur n’est autre que Martin Scorsese.

En cette année 1987, cette vidéo de 18 minutes, aux moyens dignes d’une petite production hollywoodienne, vient une fois de plus prouver la suprématie du "roi de la pop" sur l’industrie du disque. Elle témoigne également de l’appétence du cinéaste pour la musique populaire.

Car en plus d’être un cinéphile pointu, Martin Scorsese voue une passion pour le folk, le rock ou encore le rythm’n blues. Parallèlement à ses fictions, le réalisateur a consacré plusieurs documentaires à des icônes du genre : Bob Dylan, les Rolling Stones, George Harrison des Beatles... "La musique a toujours été en toile de fond dans ma vie et j'ai toujours associé certains moments avec certaines chansons et certains morceaux de musique au cours de ma vie", a-t-il d’ailleurs indiqué lors de l’inauguration de l’exposition qui lui est consacrée à la Cinémathèque française.

-"Le Temps de l’innocence" (1993)

Bon d’accord, "Le Temps de l’innocence" n’est pas un film méconnu. Mais peut-être est-ce l’œuvre la plus sous-estimée de Martin Scorsese. Loin du folklore de la pègre italo-américaine, l’auteur des "Affranchis" offre ici une plongée dans l’aristocratie new-yorkaise de la fin du XIXe siècle avec, au casting, la crème du cinéma des années 1990 (Daniel Day-Lewis, Michelle Pfeiffer, Winona Ryder…).

Énième hommage à la ville qui l’a vu naître, cette adaptation de chef d’œuvre éponyme d’Édith Wharton, porte un regard aiguisé sur une société sentant sa fin proche. "Le temps et l’espace s’y conjuguent avec une harmonie et une splendide mélancolie, une tristesse infinie, écrit à propos du film Serge Toubiana, directeur de la Cinémathèque française. Sans aucun doute, j’inscrirai ce film à tout jamais dans ma liste des dix meilleurs de l’histoire du cinéma." C’est pas mal.

-"Un voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain" (1995)

Entre le cours magistral et la confession, "Un voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain" est une invitation à s’immiscer dans le Panthéon personnel du réalisateur. Par ce documentaire aussi riche d’enseignements sur le cinéma de ses maîtres (John Ford, Howard Hawks, Fritz Lang, F. W. Murnau, etc.) que sur le sien, Martin Scorsese fait une véritable déclaration d'amour au septième art.

Son anthologie s’arrête en 1969, année de la sortie de son premier film "Who’s That Knocking at My Door". On attend le nouveau cinéaste-cinéphile qui saura reprendre le flambeau...

 

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