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SNCF : pas de billets gratuits pour les migrants mais des consignes "d'humanité"

La SNCF s'est défendue d'offrir des billets de train aux migrants mais a revendiqué des consignes d'"humanité".
La SNCF s'est défendue d'offrir des billets de train aux migrants mais a revendiqué des consignes d'"humanité". Boris Horvat, AFP

Lors d'un vif échange à l'Assemblée, Le Premier ministre a démenti, mercredi, l'octroi de billets gratuits aux migrants par la SNCF. La diffusion d'une note interne de la compagnie à ce sujet avait provoqué une controverse sur les réseaux sociaux.

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La diffusion d'une note de service interne de la SNCF a déclenché, mercredi 14 octobre, une vive polémique. Le Premier ministre Manuel Valls a dû démentir lors de la séance des questions au gouvernement que la compagnie ferroviaire française offrait des billets de train aux migrants.

Le ministère de l'Intérieur "a mis en place et renforcé un dispositif dans tous les trains et les gares afin de lutter contre les flux migratoires utilisant les vecteurs ferroviaires", a déclaré le chef du gouvernement. Et d'avancer le nombre de "200 interpellations par jour" dans les trains et dans les gares, majoritairement "dans le Sud et dans la région Nord-Pas-de-Calais".

"Aucune instruction n'a été donnée à la SNCF de relâcher ce contrôle, bien au contraire. Tout voyageur doit être muni d'un titre de transport et tout le monde est soumis à la même procédure de contrôle à bord des trains, migrants inclus, bien évidemment", a insisté Manuel Valls en répondant au député Les Républicains Gérald Darmanin (Nord) qu’il a accusé de "courir après l'extrême droite".

La polémique a enflé sur les réseaux sociaux

Cette mise au point du Premier ministre fait suite à la large reprise sur les réseaux sociaux par les mouvements identitaires d’une note interne de la SNCF. Dans ce texte, il est écrit que des chefs d'escale peuvent effectuer des réservations gratuitement "pour mesures exceptionnelles afin de faciliter le placement d’un groupe à bord du train et préserver le confort des autres voyageurs" et cela pour répondre à la "sûreté de la population migratoire".

Ces mesures communiquées aux personnels de la SNCF ont aussi été relayées par de nombreuses personnalités politiques de droite et d’extrême droite. Xavier Bertrand, tête de liste Les Républicains pour les élections régionales en Nord-Pas-de-Calais/Picardie, s'est notamment élevé mercredi matin contre l'idée de billets gratuits pour les migrants. "Il n'est pas possible qu'aujourd'hui le train soit gratuit pour les migrants. C'est impossible, c'est intolérable. La SNCF doit apporter des solutions et l'État doit également s'expliquer sur cette situation", a-t-il affirmé aux micros de Radio Classique et LCI.

Dans une "lettre ouverte", la présidente du Front national, Marine Le Pen, a également demandé "solennellement" au président de la SNCF Guillaume Pepy de s'"expliquer devant les Français et les usagers du train sur les motifs d'une telle décision".

Un message publié sur le compte Twitter de la député FN Marion Maréchal-Le Pen au sujet de la note de la SNCF

À la suite de ces attaques, la compagnie ferroviaire s'est défendue d'offrir des billets de train aux migrants mais a revendiqué des consignes d'"humanité" données à son personnel. "Il n'y a pas de billets gratuits" pour les migrants, a ainsi expliqué Christophe Piednoël, directeur de l'information de l'entreprise publique.

En revanche, "ce qu'on a mis en place est une possible gratuité de la réservation, pour attribuer des places numérotées à ces populations afin qu'elles restent groupées et qu'on évite tout risque de conflit entre voyageurs si jamais elles allaient occuper des places réservées par d'autres", a précisé ce responsable.

"Ces personnes sont contrôlées comme les autres, doivent être munies d'un billet comme les autres, peuvent faire l'objet d'un PV comme les autres", a-t-il par ailleurs insisté, en reconnaissant toutefois que "nos équipes, soit en gare, soit à bord des trains, ont été appelées au discernement".

"Pour nous, ce ne sont pas des fraudeurs qui cherchent à profiter du système. Ce sont des gens qui sont dans une situation exceptionnelle très souvent de détresse et de fatigue, il est normal de les gérer avec humanité", a ajouté Christophe Piednoël.

Avec AFP

 

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