BIRMANIE

La Birmanie signe un cessez-le-feu controversé avec les rebelles

Un soldat rebelle dans l'État Kachin, dans le nord de la Birmanie, en 2012.
Un soldat rebelle dans l'État Kachin, dans le nord de la Birmanie, en 2012. Soe than Win, AFP

La Birmanie a signé jeudi un cessez-le-feu avec seulement huit des quinze groupes armés rebelles que compte le pays. Malgré cet accord de paix, les combats se poursuivent dans le nord avec plusieurs des principaux groupes de minorités ethniques.

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La Birmanie a signé, jeudi 15 octobre, un cessez-le-feu avec plusieurs groupes armés rebelles, soucieux d'afficher un succès avant les élections législatives du 8 novembre.

Seuls huit des 15 groupes rebelles ont signé cet accord, ce qui n'a pourtant pas empêché le journal officiel "Global New Light of Myanmar" de titrer en une "La paix commence maintenant". La télévision a de son côté retransmis la cérémonie organisée en grande pompe à Naypyidaw, la capitale administrative birmane, à laquelle le président Thein Sein, qui s'était fixé comme ambition d'arracher cette signature après deux ans de négociations en dents de scie, était présent.

Parmi les absents figuraient notamment les groupes armés actifs dans les États de Kachin et Shan. Ces rebelles continuent à y affronter les troupes gouvernementales, toujours aux prises avec plusieurs conflits, près de 70 ans après l'indépendance de la Birmanie vis-à-vis de l'Empire britannique, en 1948. L'opposante Aung San Suu Kyi, dont le parti est le favori des élections du 8 novembre, n'avait, elle non plus, pas donné suite à l'invitation.

"Le premier pas d'un long processus"

Bien que controversé, ce cessez-le-feu a été salué par la diplomatie américaine comme "le premier pas d'un long processus de construction de la paix en Birmanie".

Les violences dans plusieurs régions du nord du pays avec des groupes de minorités ethniques ont conduit la commission électorale à annoncer cette semaine l'annulation du scrutin dans plusieurs centaines de villages, pour des raisons de sécurité.

La question des droits des minorités ethniques, qui composent au total un tiers de la population, est un enjeu électoral de poids. Et les partis politiques, de l'USDP au pouvoir à la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Suu Kyi, courtisent ce réservoir de voix pouvant faire basculer le résultat des élections.

Les législatives du 8 novembre sont présentées par le gouvernement de transition, mis en place après l'autodissolution de la junte militaire en 2011, comme le premier scrutin démocratique depuis un quart de siècle en Birmanie.

Avec AFP

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