IRAN

L'ONU dénonce les exécutions en Iran de criminels mineurs au moment des faits

L'Iran a exécuté plus de 700 personnes depuis le début de l'année 2015.
L'Iran a exécuté plus de 700 personnes depuis le début de l'année 2015. AFP (archives)

L'Iran a récemment exécuté deux personnes pour des meurtres commis alors qu'ils étaient mineurs. Des experts des droits de l'Homme des Nations unies ont exprimé vendredi leur "indignation" et leur "profonde tristesse".

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Fatemeh Salbehi a été exécutée mardi 13 octobre en Iran, pour avoir tué son mari à 17 ans, auquel elle avait été mariée de force. Samad Zahabi a lui été pendu une semaine plus tôt, pour avoir tué un berger, à 17 ans lui aussi. Deux exécutions qui ont fait réagir les Nations unies : des experts des droits de l'Homme de l'ONU ont dénoncé vendredi 16 octobre ces exécutions, évoquant leur "indignation" et leur "profonde tristesse".

"Les autorités iraniennes doivent se conformer aux obligations du droit international et mettre fin une fois pour toutes aux exécutions de criminels mineurs", a asséné dans un communiqué le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'homme en Iran, Ahmed Shaheed, qui a dénoncé la hausse des taux d'exécution dans le pays et le manque de conditions requises pour des procès équitables.

Les experts de l'ONU ont enjoint Téhéran à mettre en œuvre un moratoire sur les exécutions et à abolir la peine de mort de manière générale.

Vices de procédure

Fatemeh Salbehi, 23 ans, est la 11e femme à avoir été exécutée cette année en Iran, un sort qu'ont déjà connu quelque 700 hommes cette année dans la République islamique. Elle avait été reconnue coupable de meurtre sur son mari, qu'elle avait été forcée d'épouser quand elle avait 16 ans. Les experts de l'ONU ont souligné que des vices de procédure existaient dans ses procès en première instance et en appel.

Ils ont également critiqué l'exécution de Samad Zahabi, condamné à mort en mars 2013 pour le meurtre d'un berger. "Aucune information n'a été fournie à la famille de M. Zahabi, son avocat n'avait pas non plus été informé 48 heures en avance comme il est requis", relèvent-ils.

Christof Heyns, expert des Nations Unies pour les exécutions sommaires ou arbitraires, voit dans ces deux cas des "tueries illégales commises par l'État, l'équivalent de meurtres commis par des individus".

Avec AFP

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