ENTRETIEN

Le mur à la frontière serbo-hongroise "indispensable", selon un ministre hongrois

Le ministre hongrois de la Justice Laszlo Trocsanyi sur le plateau de France 24.
Le ministre hongrois de la Justice Laszlo Trocsanyi sur le plateau de France 24. Elvis Barukcic, AFP

Fermeture des frontières, durcissement des lois... Le ministre hongrois de la Justice Laszlo Trocsanyi a justifié, lors d'un entretien exclusif accordé à France 24, l'inflexibilité de Budapest vis à vis des migrants.

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À partir de minuit, dans la nuit de vendredi à samedi, la frontière sera fermée entre la Croatie et la Hongrie. Budapest a pris cette décision, vendredi 16 octobre, au lendemain d'un sommet européen à Bruxelles qui n'a pas, selon le ministre des Affaires étrangères Peter Szijjarto, permis de dégager de solution immédiate pour juguler le flux de migrants.

"Dans la mesure où aucune décision n'a été prise au sommet européen jeudi concernant un déploiement de forces européennes aux frontières extérieures de l'UE (...), la Hongrie a décidé de mettre en œuvre sa fermeture de la frontière", a expliqué Peter Szijjarto.

En pratique, la Hongrie activera à la frontière avec la Croatie des "zones de transit", comme à sa frontière serbe, où les migrants pourront déposer une demande d'asile sans pénétrer formellement dans le pays, et d'où ils pourront être refoulés en quelques minutes. La quasi-totalité des demandes déposées jusqu'à présent à la frontière serbe ont été rejetées, Budapest jugeant que la Serbie, tout comme la Croatie, est un pays sûr où la vie des migrants n'est pas en danger.

"Pas d'autre solution"

Alors que l'UE voit d'un mauvais œil les murs qu'érige Budapest à ses frontières, le ministre de la Justice hongrois Laszlo Trocsanyi a défendu la ligne dure adoptée par son gouvernement, dans une interview exclusive accordée à France 24. "Nous avons fait ce qu'il fallait", insiste-t-il, invoquant les règles qui s'appliquent à l'espace Schengen.

Un mois après la fermeture des points de passage entre la Serbie et la Hongrie, le ministre a justifié la construction d'une clôture à ses frontières avec la Serbie et la Croatie. "C'était indispensable", a souligné Laszlo Trocsanyi, rappelant qu'au plus fort de la vague, 3 000 à 4 000 personnes passaient chaque jour de Serbie en Hongrie. "Nous avons fait ce qu'il fallait. Nous avons voulu enregistrer tout le monde, la Hongrie est le seul pays qui ait enregistré 200 000 personnes", avance-t-il encore.

Reconnaissant que la construction du mur "n'est pas une 'belle chose'", le ministre poursuit : "C'était presque impossible de trouver une autre solution".

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Interrogé sur le durcissement des lois hongroises envers les migrants et sur la validité juridique des actions de Budapest, qui font l'objet d'une procédure à Bruxelles, Laslzo Trocsanyi soutient que son gouvernement "respecte à 100 % les conventions internationales".

"Nous avons construit un mur. Les personnes qui entrent de façon irrégulière dans le pays, qui évitent le mur, qui détruisent le mur, sont passibles de sanctions", a insisté le ministre.

La Croatie et la Slovénie se préparent

Depuis la fermeture de la frontière serbo-hongroise, les migrants tentent de passer par la Croatie pour rejoindre la Hongrie, puis l'Autriche et enfin l'Allemagne. Avec la fermeture annoncée des points de passage en Croatie, la Slovénie voisine, membre de l'espace Schengen, pourrait à son tour connaître un afflux de migrants. Ljubljana a fait savoir tôt vendredi qu'elle se "préparait activement à cette option", par la voix de son Premier ministre Miro Cerar. La Croatie et la Slovénie se sont d'ailleurs accordées sur un plan de gestion des migrants, a annoncé vendredi un porte-parole du gouvernement croate.

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