ÉGYPTE

Premières élections législatives en Égypte depuis la chute de Morsi

Un électeur égyptien vote pour élire un nouveau Parlement, samedi 17 octobre 2015, à l'ambassade d'Égypte à Londres.
Un électeur égyptien vote pour élire un nouveau Parlement, samedi 17 octobre 2015, à l'ambassade d'Égypte à Londres. Jack Taylor, AFP

Les Égyptiens doivent élire un nouveau Parlement, dimanche, qui devrait être une chambre d'enregistrement des décisions du président Abdel Fattah al-Sissi. Ce sont les premières élections législatives depuis la dissolution de juin 2012.

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Les Égyptiens  votent dimanche 19 octobre et lundi, pour un nouveau Parlement acquis au président Abdel Fattah al-Sissi, l'ex-chef de l'armée qui réprime toute opposition, deux ans après avoir destitué l'islamiste Mohamed Morsi.

Ce scrutin législatif se déroule en l'absence quasi-totale d'opposition, dans 14 des 27 provinces du pays, pour plus de 27 millions d'électeurs. Les bureaux de vote ouvrent à 09 h (07 h GMT) et fermeront à 21 h (19 h GMT).

Ces législatives, les premières en Égypte depuis la dissolution en juin 2012 du Parlement dominé par les islamistes, se dérouleront en deux étapes selon un mode de scrutin complexe, à la fois uninominal et de liste.

>> À voir sur France 24 : "Égypte : l'ombre du président Sissi plane sur les élections législatives"

Pour les observateurs, le Parlement de 596 députés qui en résultera ne sera qu'une chambre d'enregistrement des décisions d’Abdel Fattah al-Sissi, un président sans parti mais ouvertement soutenu par l'écrasante majorité des candidats.

"Si les députés le voulaient, ils pourraient instaurer un équilibre" des pouvoirs, estime Youssri Al-Azabawi, expert du Centre Al-Ahram pour les études politiques et stratégiques. "Mais vu la popularité de Sissi, cela n'arrivera pas. Le président va conserver des pouvoirs importants."

Peu d’enthousiasme chez les chefs de file de la révolte de 2011

Le maréchal à la retraite demeure très populaire auprès des Égyptiens, qui voient en lui l'homme fort capable de relancer une économie à genoux et de stabiliser le pays.

Même si la Constitution accorde à l'Assemblée des pouvoirs non négligeables, notamment ceux de retirer sa confiance au président et de voter une motion de censure contre le gouvernement, "ce Parlement ne sera ni révolutionnaire, ni réformiste", pronostique le politologue Hazem Hosni.

Car depuis l'éviction de Mohamed Morsi en juillet 2013, les autorités égyptiennes répriment toutes les voix dissidentes. La confrérie des Frères musulmans, dont est issu l’ancien président, a été interdite par le pouvoir, alors qu'elle avait remporté toutes les élections organisées après la révolte de 2011 qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir.

Les mouvements de la jeunesse laïque et de gauche, chefs de file de la révolte de 2011, réprimés et mal organisés, boycotteront ces élections ou seront faiblement représentés.

Le président Sissi a pourtant réclamé samedi "une forte participation", appelant "tous les Égyptiens à se rendre aux bureaux de vote" et à faire "le bon choix", disant attendre "de la jeunesse qu'elle soit le principal moteur de ces célébrations démocratiques".

Plus de 360 000 policiers et soldats déployés

Car même si les affiches des candidats sont placardées un peu partout dans les rues, la campagne électorale se déroule dans une quasi indifférence qui tranche avec l'effervescence sans précédent des législatives de 2011. "Les Égyptiens ont perdu tout intérêt pour le scrutin", estime ainsi Hazem Hosni, qui s'attend à un faible taux de participation.

Selon des experts, toutes les coalitions électorales comportent des anciens membres du Parti national démocrate (PND), la formation dissoute d’Hosni Moubarak, notamment "Pour l'Amour de l'Égypte", la principale alliance en lice. Cette coalition, qui regroupe des partis libéraux de centre droit, des hommes d'affaires et des ex-ministres, ambitionne de contrôler les deux-tiers du Parlement pour soutenir Abdel Fattah al-Sissi.

L'autre coalition qui pèse lourd est le Front égyptien, menée par le parti d'Ahmed Chafiq, dernier Premier ministre de Moubarak. Le parti salafiste Al-Nour, qui avait soutenu l'éviction de Mohamed Morsi, est le seul parti islamiste en lice. Mais il est ouvertement pro-Sissi.

Plus de 360 000 policiers et soldats seront déployés pour sécuriser les bureaux de vote, au moment où le pays est le théâtre d'attentats jihadistes meurtriers visant les forces de sécurité.

La seconde étape des élections, concernant plus de 28 millions d'électeurs dans les 13 provinces restantes, débutera les 22 et 23 novembre.

Avec AFP

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