CANADA

Les Canadiens appelés aux urnes pour des législatives qui s'annoncent serrées

Le Premier ministre sortant Stephen Harper lors d'un meeting le 13 octobre 2015.
Le Premier ministre sortant Stephen Harper lors d'un meeting le 13 octobre 2015. GEOFF ROBINS / AFP

Les Canadiens votent pour des législatives qui s'annoncent serrées, à l'issue desquelles on connaîtra le nom du nouveau Premier ministre. Les derniers sondages donnent le Parti libéral de Justin Trudeau en tête des intentions de vote.

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Au Canada, quelques 26,4 millions d'électeurs sont appelés aux urnes lundi 19 octobre pour élire 338 députés, et choisir qui des conservateurs, des libéraux ou des sociaux démocrates, formera le prochain gouvernement.

Un dernier sondage dimanche soir a confirmé la tendance dessinée depuis quelques jours avec les libéraux de Justin Trudeau en tête, crédités de 38,2 % des intentions de vote sur la moyenne des sondés de vendredi à dimanche. Les conservateurs du Premier ministre sortant, Stephen Harper, sont crédités de 30,1 %, le Nouveau parti démocratique (NPD, gauche) de Thomas Mulcair de 21,2 %, le Bloc québécois (indépendantiste) de 4,9 % et les Verts de 4,7 %.

Un scrutin qui s'annonce serré

Mais à croire certains candidats, rien n'est joué d'avance. "C'est une élection qui est très très très serrée. Les gens ont un choix et on essaye d'offrir le meilleur choix. Et c'est vrai qu'on regarde les sondages, tout le monde regarde les sondages, mais la réalité est bien différente sur le terrain. Il faut vraiment qu'on continue à faire notre travail ", a réagi Marc Miller, candidat libéral à Montréal au micro de France 24.

Car à quelques heures du scrutin, près d'un électeur sur trois serait encore indécis, a constaté le correspondant de France 24 sur place. Interrogé, un conservateur convaincu pense qu'après neuf ans au pouvoir, Stephen Harper, qui brigue un quatrième mandat, doit céder sa place, mais il ne sait toujours pas à qui ira son vote. "Je suis vraiment indécis. Je n'aime pas trop le programme que les libéraux proposent et je ne sais pas si je crois au plan ou au succès potentiel du plan de relance des libéraux", confie-t-il.

Tout au long des 78 jours de la campagne électorale, les intentions de vote se sont inversées entre les libéraux et les sociaux démocrates tandis que les conservateurs ont pratiquement gardé le seuil des 30 %.

Avec une économie en récession sur la première moitié de l'année faute, selon Stephen Harper, à la chute des prix du pétrole et au ralentissement en Chine, le gouvernement en place affirme être le garant d'une économie saine et prospère.

"Chaque vote pour un candidat conservateur est un vote pour protéger notre économie contre les déficits", promis par les libéraux de Justin Trudeau, a lancé Stephen Harper dimanche soir avant de rejoindre Calgary pour aller voter dans son fief albertain.

Créer la surprise

À 43 ans, Justin Trudeau, fils de l'ancien Premier ministre Pierre Elliott Trudeau, pourrait créer la surprise par des promesses visant clairement la classe moyenne au portefeuille.

Son programme prévoit d'imposer les plus riches pour réduire la fiscalité de la grande masse des Canadiens et d'engager des travaux d'infrastructures qui se traduiront par trois années de déficits budgétaires.

Longtemps en tête dans les sondages, Thomas Mulcair a pour sa part profité d'une bévue libérale pour tenter de reprendre des couleurs. Le codirecteur de la campagne de Trudeau a été contraint de démissionner il y a 5 jours après la révélation de ses conseils dispensés au constructeur d'oléoducs TransCanada pour que celui-ci puisse construire un pipeline décrié par les écologistes et une bonne partie des Québécois.

"Ils peuvent essayer de vous berner en donnant un coup de peinture sur une vieille voiture, mais le parti libéral est toujours aussi rouillé en-dessous que quand les Canadiens les ont virés du gouvernement pour corruption la dernière dois" en 2006, a déclaré Thomas Mulcair dimanche soir.

Outre ces trois grands partis, les Verts d'Elizabeth May, seule élue de son parti en 2011, et le Bloc québécois (4 sièges) peuvent espérer être représentés à la Chambre.

Avec AFP
 

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