ÉGYPTE

Égypte : très faible participation aux premiers jours des législatives

Une électrice égyptienne lundi 19 octobre dans un bureau de vote de la ville d'Alexandrie.
Une électrice égyptienne lundi 19 octobre dans un bureau de vote de la ville d'Alexandrie. Stringer, AFP

Au deuxième jour des élections législatives en Égypte - les premières organisées depuis la dissolution du Parlement en juin 2012 - les électeurs ne se pressent pas dans les isoloirs. Le scrutin doit s'achever le 2 décembre.

Publicité

Les images des bureaux de vote vides n’ont pas surpris les observateurs. Pour la première journée des élections législatives égyptiennes, les premières depuis la dissolution du Parlement en juin 2012, seulement 20 % des électeurs se sont rendus aux urnes selon les premières estimations officielles.

"On est loin de l’enthousiasme des précédents scrutins après la révolte populaire de 2011" analyse Assia Shihab, correspondante de France 24 au Caire.

Selon elle, l’apathie des électeurs s’explique principalement par l’absence d’opposition au président Abdel Fattah al-Sissi : "Les Frères musulmans ont été déclarés hors-la-loi [et ne participent pas pour la première fois depuis 30 ans à des élections, NDLR], la plupart des opposants sont en prison [15 000 selon les estimations d’organisation de défense des droits de l’Homme], les partis libéraux sont désorganisés et sous pression, et les autres candidats à ces élections sont plutôt des pro-Sissi" résume-t-elle.

it
Correspondance de Assia Shihab, correspondante de France 24 au Caire

 

Les élections législatives se déroulent de façon complexe. Comme l’explique le correspondant de RFI, Alexandre Buccianti, le scrutin a été organisé en deux temps. D’abord, entre le 18 et 19 octobre dans les 14 provinces de l’ouest et du sud du pays. Puis, dans un second temps, dans les 13 autres provinces à l’est entre les 21 et 22 novembre. Le second tour se tiendra ensuite jusqu'au 2 décembre.

L’Égypte ne dispose pas de suffisamment de magistrats pour superviser les 20 000 bureaux de vote du pays, ce qui contraint les autorités à organiser ces élections en plusieurs temps.

Certains observateurs affirment que si moins de 40 % des 55 millions d’électeurs votaient, ce serait un revers pour le régime al-Sissi.

Retour comme sous l’ère Moubarak ?

Pour les observateurs cependant, ce scrutin semble déjà joué d’avance et n’a pour objectif que de donner une façade démocratique au régime.

Selon eux, le Parlement de 596 députés qui en résultera ne sera qu'une chambre d'enregistrement des décisions d’Abdel Fattah al-Sissi, un président sans parti mais ouvertement soutenu par l'écrasante majorité des candidats.

>> À relire sur France 24 : "Les Égyptiens aux urnes pour élire un Parlement pro-Sissi"

"La popularité du président Sissi est toujours aussi forte, poursuit Assia Shihab, mais elle commence à s’effriter". "Il avait promis l’ordre et la croissance. L’ordre est bien revenu, mais les perspectives économiques sont très faibles, notamment pour les jeunes, car il n’y a toujours pas de croissance", ajoute la correspondante de France 24.

Citant l'éditorialiste égyptien Ibrahim Issa, du journal el-Maqal, Assia Shihab résume : "[L'Égypte] est de retour à l'ancienne configuration, celle d'avant janvier 2011, quand les gens ne voyaient pas l'intérêt des élections, d'un Parlement ou d'une démocratie. Cela va nous ramener là où a abouti l'ancien régime de Moubarak. Celui qui ne voit pas cela est, sans hésitation, aveugle".

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine