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Canada : Justin Trudeau, Premier ministre dans les pas de son père

Justin Trudeau arrive sur scène à Montréal, le 20 octobre, après la victoire écrasante de son parti aux législatives.
Justin Trudeau arrive sur scène à Montréal, le 20 octobre, après la victoire écrasante de son parti aux législatives. Nicholas Kamm, AFP

Avec la victoire écrasante de son parti, le libéral Justin Trudeau a créé la surprise. Ce père de famille de 43 ans, fils d'un ancien Premier ministre, va devenir à son tour chef du gouvernement canadien.

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La victoire de Justin Trudeau est une surprise, notamment par son ampleur. La parti libéral est en effet assuré d'avoir une majorité absolue au Parlement d'Ottawa avec 184 élus sur les 338 de la Chambre (selon des résultats non définitifs).

Après neuf ans de pouvoir conservateur, le Canada vire libéral sous la houlette d'un jeune politicien sur lequel personne ne pariait au début d'une longue campagne de 78 jours face à deux adversaires plus aguerris, le conservateur Stephen Harper et le social-démocrate Thomas Mulcair.

Une campagne presque sans fautes

Sous-estimé, voire moqué par des adversaires parfois condescendants, ce fils de l'ancien Premier ministre Pierre Elliott Trudeau a réussi à laver l'affront d'une cuisante défaite des libéraux aux législatives de 2011, deux ans après avoir pris les rênes du parti.

Mais il préfère faire la sourde oreilles aux critiques. "J'ai appris très tôt dans la vie à ne pas me laisser affecter par des gens qui me détestent à cause de mon père", bête noire des nationalistes québécois et des compagnies pétrolières de l'Alberta, disait-il récemment au quotidien "Globe and Mail".

Bon boxeur amateur, il a mené une campagne presque sans fautes et a été plutôt bon dans les débats, se surpassant dans celui, musclé, sur la politique étrangère, censé être son point faible. Justin Trudeau a fait campagne sur la défense de la classe moyenne et sa volonté de redorer l'image du Canada à l'étranger en se posant en rassembleur dans un pays politiquement très polarisé.

Un admirateur de Barack Obama

S'il est sur la scène publique depuis sa naissance le 25 décembre 1971, faisant la Une des journaux au moment où son père est au pouvoir, Justin Trudeau n'a toutefois pas toujours voulu être politicien.

Il grandit au 24 Sussex Drive à Ottawa, la résidence officielle du Premier ministre que son père occupe presque sans discontinuer de 1968 à 1984, puis à Montréal où ce dernier vient s'installer avec ses trois fils après son divorce. Dans la vingtaine, diplômé en littérature anglaise et en sciences de l'éducation, Justin Trudeau se cherche.

Il se rapproche de sa mère sur la côte ouest du pays, travaille comme guide de rafting, moniteur de snowboard ou serveur dans un bar pour finalement bourlinguer autour du monde.

Il revient sur le devant de la scène en 2000 lorsqu'il prononce un vibrant hommage aux funérailles d'État de son père à Montréal, en présence de Fidel Castro et de Jimmy Carter. Mais il résiste aux appels du pied pour faire le saut en politique.

En 2005, il épouse une animatrice de télévision, Sophie Grégoire, avec qui il a trois jeunes enfants, deux garçons et une fille. Il se lance finalement en politique en 2007 en visant une circonscription à Montréal que la direction du parti lui refuse. Plébiscité par les militants d'une circonscription voisine, l'une des plus pauvres et des plus multi-ethniques du Canada, il est finalement élu député de Papineau en 2008, et réélu depuis. Il prend les rênes du parti libéral en 2013.

Avec son physique de jeune premier, souvent raillé par ses adversaires politiques, Justin Trudeau a suscité pendant la campagne électorale un engouement populaire qui n'est pas sans rappeler la "Trudeaumania" qui avait porté son père au pouvoir en 1968. Grand admirateur de Barack Obama, il a, comme le président américain, promis à ses compatriotes un "vrai changement". Reste à savoir s'il sera à la hauteur de ses promesses.

Avec AFP et REUTERS
 

 

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